Après avoir reconnu que j’aimais les bagnoles, ce qui jurait avec mes orientations de bobo parisien, et que je scrutais mes statistiques, je vais confesser un autre vice (celui qui a eu l’idée de cette série des « plaisirs honteux » est un vrai curé) que certains ont déjà pu toucher du doigt ici ; oui, je tiens un blog de droite.

Certes, c’est une caricature, grossière qui plus est, et rien ne me réjouis plus que de recevoir des commentaires enflammés qui corrigent mes supposées déviances réactionnaires – sauf quand certains m’écrivent des encouragement, me prenant innocemment pour l’un des leurs ; dans les deux cas, la supercherie fonctionne. Pourtant cette blague de potache n’avait qu’une vocation éphémère, et je pensais que le tenancier de la plate-forme « UMP Blogmilitant » serait plus sévère ; à ce moment, je voulais simplement répondre avec ironie de l’emprunt non sollicité de mon logiciel favori à des fins militantes.

Par contre, ce qui est embêtant, c’est que la dénonciation ironique ne marche pas à tous les coups, puisque certains prennent pour argent comptant mes diatribes, sans voir qu’elles sont censées refléter l’esprit mesquin de la droite ; mais après tout ce n’est pas grave, car je l’avoue, je prends plaisir à écrire ces horreurs de droite... Je prends plaisir à imposer des solutions simples pour corriger tous ces flemmards qui vivent des allocs plutôt que de se lever le matin pour bosser, à me sentir rigoureux et responsable, droit dans mes bottes, le dernier rempart de la gabegie qui emporte la France, mon pays, ma patrie même, ou ce qu’il en reste.

Ce n’est donc pas que le plaisir de la satire, et c’est un peu schizophrénique, j’en conviens. Il faut dire que j’ai un côté réac, qui ressort malgré moi, et que c’est là-dedans que je puise l’inspiration pour écrire mes pamphlets UMP. Les choix politiques étant avant tout affectifs, il n'est pas complètemet insensé d'y trouver quelques clivages secrets. Enfin, ma seconde inspiration est de me confronter a contrario à tous les tics énervants de la pensée de gauche, celle qui se drape dans une morale naïve (les gentils exploités face aux méchants patrons) ou qui fait du service public le dernier sanctuaire de la justice sociale. Mon Dieu (comme dirait Brice T.), ça ne s’arrange pas.