Spécial pauvres
Par Guillermo, le jeudi 29 juillet 2010 :: Media

Ahh, quel soulagement. Sur le fond, je ne change rien à ce vieux billet de 2007. Pour retrouver les quatre exemplaires originaux de cette saga pathétique, allez voir chez Marianne.
Par Guillermo, le jeudi 29 juillet 2010 :: Media

Ahh, quel soulagement. Sur le fond, je ne change rien à ce vieux billet de 2007. Pour retrouver les quatre exemplaires originaux de cette saga pathétique, allez voir chez Marianne.
Par Guillermo, le mercredi 7 juillet 2010 :: Politique
Premier constat : en pleine rigueur, Baroin rogne sur les aides au logement étudiant, les emplois à domicile (y compris pour aider les handicapés), se dit prêt à remonter la TVA des restaurateurs à 10% (même si c'est pour après 2012), évoque les crédits d'impôts concernant les intérêts d'emprunts immobiliers... mais pas un mot sur le bouclier fiscal à 50%, ni sur d'autres niches moins connues comme la déduction de 75% de l'ISF à condition d'investir dans une PME. Quel que soit l'état des finances publiques, s'il y en a qui doivent payer, ce seront les classes moyennes. Sans même parler des retraites...
Deuxième constat : aujourd'hui la justice dispose d'une série d'enregistrement du gestionnaire de fortune de l'Oréal déclarant avoir embauché la femme de Woerth à sa demande, et d'un témoignage à charge, déposé sous serment, disant que Maistre a remis 150 000 euros en liquide à Woerth pour financer la campagne de 2007. Nous savons également que l'héritière de l'Oréal n'a jamais eu à subir un contrôle fiscal depuis 15 ans.
Troisième constat : s'il n'y a pas de preuve tangible, si la droite crie au loup, si l'on dément catégoriquement, si des personnalités autrefois respectables comme Rocard sont embauchées à la cause du pouvoir, au nom de je ne sais quel refus de "procédés indigne de notre démocratie", et si toute la droite parle des années 30, Woerth n'est pas allé jusqu'à porter plainte (comme le rappelle Schneidermann) et l'enquête est toujours menée par un proc copain de Sarkozy. D'ailleurs Sarkozy a toujours refusé de couper le cordon entre le parquet et le garde de sceaux, et souhaite supprimer le juge d'instruction.
Conclusion : ce pouvoir semble entièrement corrompu ; en pratique, puisqu'il a été financé par des milliardaires qui en retour bénéficient d'un crédit d'impôt record, et sont les derniers à échapper au tournant de la rigueur ; en esprit, puisqu'il fraye tant avec la classe des banquiers et des industriels qu'il en a perdu la notion même de conflit d'intérêt. Alors quand on entend Sarkozy se lamenter que cette affaire détourne l'attention des vrais problèmes des petites gens, j'ai envie de rigoler, car le premier problème des petites gens, c'est lui et sa caste de profiteurs qu'il défendra jusqu'à la mort.
Par Guillermo, le lundi 21 juin 2010 :: Politique
Donc le ministre Woerth, l'homme de la réforme des retraites qui va particulièrement fourrer les travailleurs les moins aisés et les chômeurs âgés, était dans le même temps "un ami" de la famille Bettencourt. Où l'on apprend que "l'ami" "s'occupe (des) impôts" de la famille (à l'époque il était au budget) et aurait "demandé" qu'on embauche sa femme. Et le ministre aujourd'hui en charge de baiser les salariés explique que circulez-y-a-rien-à-voir, sa femme n'est - justement - que "salariée". Et son copain Guaino d'ailleurs "n'imagine pas" qu'il ait pu faire quelque chose de mal.
Pour moi ce n'est pas du tout une "tentative de déstabilisation", mais un éclairage supplémentaire sur cette réforme. Au delà du grossier conflit d'intérêt, qui voit la femme de ministre du budget travailler plus ou moins aux plans d'évasion fiscale de la première fortune de France, comme le dit Montebourg - allez planquez moi cette ile des Seychelles que je ne saurais voir, se révèle le décalage entre la France qui nous gouverne et la France réelle. En bas, des électeurs qui ont fait confiance, grosso modo, au "travaillez plus pour gagner plus", et qui après avoir vu s'envoler ces belles promesses, vont surtout travailler plus longtemps pour toucher moins de retraite. En haut, des types qui fréquentent l'aristocratie du capital, et qui sont effectivement à son service, y compris en tant que "salariés".
Ce n'est pas un procès de principe ; quand on baigne dans ce milieu d'affaire, on finit par en épouser le point de vue, puis naturellement les intérêts. Après tout, une bonne parti du patrimoine du ménage Woerth se constituait grâce à la famille Bettencourt. Ce n'est que la dernière manifestation du lien organique de ce gouvernement d'avocats et de banquiers d'affaire avec les intérêts des grands patrons, qui ne se limitent donc pas aux affinités sarkoziennes révélées à la teuf au Fouquet's. Si les socialos des années 80, le fameux "gouvernement des R25", étaient déjà une caste d'énarques éloignés du peuple, on est carrément revenu aux années d'avant le Front populaire, au gouvernement des deux cents familles.
Et on comprend mieux les moulinets populistes, qui eux aussi viennent du fond du cœur - à défaut d'aider le peuple, on singe son expression pour mieux le tromper, jusqu'à célébrer le 18 juin à coup de fautes de grammaire. Ils ne servent qu'à faire oublier combien nous avons un gouvernement de classe. Même si certains défendent ces choix au nom de "la compétitivité" et trouvent qu'il est juste (ou qu'on n'a pas le choix, ce qui est la même chose) de faire payer aux salariés l'essentiel de la réforme - y compris la risible hausse de 1% de la tranche la plus haute de l'impôt sur le revenu, qui concernera surtout des salariés mieux lotis, pas les vrais riches - force est de constater que tout ce que fait ce pouvoir est entaché du soupçon d'un conflit d'intérêt fondamental, qui dépasse largement l'affaire Woerth, et qui devrait se régler dans les urnes en 2012.
Par Guillermo, le jeudi 27 mai 2010 :: Politique
L'opposition est dans les choux, sauf aux élections locales s'entend, mais j'ai l'impression que la majorité fait tout pour la soutenir à bout de bras. Cette construction de l'ennemi devient un peu fatigante : Sarlozy qui reproche à Mitterrand d'avoir abaissé l'âge de la retraite à 60 ans, Fillon une autre fois qui rappelle que la gauche a instauré un bouclier fiscal à 70% - mais un bouclier quand même, comme si c'était la même chose, d'autres qui reparlent des stock options défiscalisées par Fabius, et bien sûr, encore et toujours et probablement pour l'éternité, la charge anti-35 heures qui a tellement bien marché qu'elle est systématiquement reprise dans tous les commentaires possibles par des umpistes lobotomisés.
Vous remarquerez que la gauche à toujours tort : soit elle a été trop à gauche (la vilaine ! quelle idée !) avec la retraite, les 35 heures, la police de proximité et demain, j'en prends le pari, le RMI ; soit elle a fait comme nous la droite (ou presque, mais ne nous embarrassons pas de nuances), donc qu'elle ferme sa gueule, hein.
Ce qui est frappant, c'est qu'on est en pleine politique négative. Quand l'ennemi n'est pas l'islamiste tapie derrière son niqab, le chômeur, le parent démissionnaire qui se gave d'allocs tandis que son môme sèche l'école, c'est la faute de la gauche, avant, vous savez celle qui a gouverné il y a 9 ans, ou encore celle de mai 68.
Il n'y a pas d'alternative : refrain connu. Qui légitime tout pour l'instant, la surenchère sécuritaire (mais des mots, là encore, pas des résultats), la gestion calamiteuse des dépenses et surtout des recettes publiques, a coup de présupposés idéologiques qui ont le mérite d'être martelés en chœur. Pour combien de temps encore ?
Par Guillermo, le mardi 6 avril 2010 :: La vie moderne
Oh, la vérité, ce diamant fragile ! Ira-t-on jusqu'à citer Gandhi pour défendre Zemmour ? Dont acte, entrent Zemmour et sa vérité, "dure comme le diamant et fragile comme la fleur de pêcher". C'est pas beau ? C'est pas émouvant ? Merci le patron du CFJ ! Pas du genre à envoyer ses étudiants asticoter Meluch, l'a mieux à faire, lui, avec sa vérité.
Où l'ont voit d'abord que les journalistes français sont bien pervertis. Les journalistes, ce sont les types qui proclament la religion du fait (le fait, ami de la vérité, diamant fragile) mais qui dans la pratique devraient plutôt confesser les péchés que sont, primo, la diarrhée éditoriale et le pensum balancé d'en haut (maladie bien connue aussi des blogueurs, n'est ce pas), et deuzio, l'obsession du scoop de merde. C'est sans doute parce que la vérité est un diamant fragile qu'il ne fait pas trop s'en approcher ? Ou alors c'est dans le balancement ambigu entre "fait" et "scoop de merde" qu'on construit son éthique, comme Libé tout fiérot de ne pas parler des rumeurs de chiottes sur le couple Sarkozy ?
Le fait, objectif, antichambre de la vérité, ensuite. Mais justement, en quoi le "fait" de Zemmour nous intéresse ? En quoi est-il un gage d'une meilleure compréhension de notre société ? Mieux, qui l'ignore seulement ? Tout le monde sait à quoi ressemble un petit délinquant en France aujourd'hui ; ne pas lourdement rappeler ses "origines" ne vise pas à la dissimulation d'une causalité (laquelle ? celle de la race du crime, ou celle de la pauvreté ?) mais juste à éviter d'étendre le stigmate à ceux qui ont les mêmes origines et viennent des mêmes quartiers, mais qui ne prennent pas cette voie là. Ce n'est peut-être pas très utile, mais je me demande en quoi une presse qui dirait enfin non au supposé "politiquement correct", comme le souhaitent ardemment les fans de Zemmour, changerait quelque chose. Ca soulagerait, peut être ? On pourrait enfin arrêter avec la prévention et l'angélisme et envoyer les hélicos en banlieue ?
Le "fait" de Zemmour, ce diamant fragile, n'a de sens que dans sa logique argumentaire. Le fait de Zemmour n'est pas une invite à voir la vérité en face, c'est une invite à fermer sa gueule devant la force de l'évidence, et ergo à avaliser le fait que les contrôles au faciès, qui sont théoriquement illégaux, sont une pratique bien naturelle et tellement normale. Le "fait" ne sert qu'à cacher, par la force de la couleur de la peau, l'autre évidence sociologique de la pauvreté, et la réalité de parcours individuels quelques peu heurtés (mais suffit, pas de "culture de l'excuse"). Le "fait" sert enfin à clore le débat et à défendre la ligne du pouvoir en place. Ainsi Zemmour, gentil trublion, victime peut-être des raccourcis que la forme télévisuelle impose à sa pensée si complexe, n'est au fond qu'un auxiliaire du pouvoir, qui prépare nolens volens sa stratégie 2012. Je vois toujours pas ce que fout Gandhi là dedans.
Par Guillermo, le lundi 22 mars 2010 :: Politique
Tout le monde a entendu le message des urnes, et surtout de urnes à moitié vides. Les mots creux résonnent encore à nos oreilles, comme après chaque élection depuis l'invention des soirées électorales. "Pas de triomphalisme", "se mettre au travail", "les résultats qui nous engagent" d'un côté, et "assumer la défaite" mais "continuer les réformes difficiles que ces temps de crise nécessitent de l'autre". Remaniement attendu, quelques ministres vont sauter, d'autres vont grimper, on va parler de la fin ou de la relance de l'ouverture, de la volonté de proximité, bref de n'importe quoi. Au delà d'avoir confirmé la volonté d'une politique locale axée au centre-gauche et de plus en plus teintée d'écologie, ces élections n'auront servi à rien.
Je ne pense pas le sarkozysme fini, je ne crois pas à une décomposition accélérée qui produirait en 3 ans ce qui a pris 10 ans chez Mitterrand et 7 ou 8 chez Chirac. Malgré les revers électoraux, les bases sont bien en place et personne ne les remet en cause. Ne parlons pas du délire sécuritaire et de la xénophobie latente, deux valeurs toujours sûres dans une élection sans triangulaires. L'essentiel est ailleurs, dans le mensonge de la valeur travail, dans le culte de la réussite individuelle, la haine du plus bas que soi – le tricheur des assedics ou l’arabe de service - et le regard dégoulinant d’envie (et aussi de haine) devant les attributs du pouvoir et de l’argent.
La chance de la gauche, c'est qu'elle fait face à une droite qui s'est elle-même coupée de ses propres valeurs, et qui refuse de s'en rendre compte. Hormis l'autoritarisme, elle s'assoit sur le patrimoine, elle se perd dans le consumérisme à outrance et signe un chèque un blanc aux marchands de tapis et aux petits rentiers qui crèvent de peur. Exit les libéraux éclairés, exit les porteurs des traditions, ne reste qu'un peu de populisme exprimé par la haine de la grammaire du président.
Il y a un boulevard, pour peu que la gauche propose autre chose qu'un bout de sécu, que la défense sans explication du service public, ou que des recettes techniques en X points. Elle doit dire enfin que la France n'est pas une collection rassie d'intérêts mesquins, et que nous voulons une autre société. Pourquoi travailler comme des crevards, gavés de stress avant d’être foutu à la porte à 50 ans ? Pour acheter des télés de merde ? Pour bouffer de la merde ? Pour élever des enfants débiles qui passent plus de temps devant leur écran de portable qu'à l'école, et qui sont déjà dégoutés de tout à 16 ans ? Sur ces points d'ordre culturel, il y a un consensus possible, qui ferait une base de départ pour une politique enfin soucieuse de l'essentiel.
Par Guillermo, le vendredi 19 mars 2010 :: Politique
Et vas y François, dit leur qu'il est mort le flic, putain on va leur donner ça à ronger à nos militants, y vont adorer ! Ils savent bien qu'on ne lâchera jamais l'affaire, qu'on sera toujours plus répressifs, toujours plus sévères ! Même si le bilan ne s'améliore pas, on ne nous reprochera pas d'avoir baissé les bras face à la racaille et à l'ensauvagement de la France. Qu'ils osent venir nous chercher noise les gauchisses, on s'en branle, ça fait 8 ans qu'on les maraboute et qu'on construit le débat, qu'on fait l'opposition et le pouvoir à la fois, comme les duos de flics dans les films américains.
Putain c'qu'on leur a mis dans la gueule à la gauche ! Même quand le bilan est mauvais ils savent plus quoi dire ! Même quand ils récitent leur stats sur les 10 000 policiers qu'on a supprimé et qu'ils promettent de la police de proximité, il n'y croient plus eux même ! Ils ne se font même plus confiance, leur voix tremble, et suffit de les accuser d'angélisme pour qu'ils se mettent à branlouiller comme les couilles molles qu'ils sont ! Le mieux, c'est le mot prévention, il leur fout les glandes même à eux, ils le disent plus !
Et comment on a bien rebondi grâce à la mort de l'autre flic ! 30 ans incompressibles, automatiquement, sans jugement ! C'est pas beau ça ! Toujours plus fouettards ! Et ces cons de magistrats qui marchent dans la combine et qui nous parlent de constitutionnalité ! Le bon peuple veut du sang, et ils nous parlent de la constitution ! Encore ! Comme c'est bon !
Bon le seul problème, fais moi penser à faire une circulaire, c'est qu'on fasse gaffe à pas trop emmerder les gaulois, ils aiment pas se faire traiter comme les minorités visibles, les centaines de milliers de gardes à vues ça commence à se voir. Mais bon, le type qui va au commissariat, c'est qu'il a bien quelque part un truc à se reprocher, et au pire on trouve toujours quelque chose dans le STIC, même comme victime, ça passera.
Par Guillermo, le jeudi 18 mars 2010 :: Politique
Rassure-toi, électeur abstentionniste, on t'as compris, on ne te fait aucun reproche ! Maintenant que tu es majoritaire, on te choie, on te cajole, on essaye par tous les moyens de te comprendre. Et tu as toutes les raisons de faire la gueule ! Ces élections n'ont pas vraiment d'enjeux, la région c'est un truc vraiment lointain c'est sûr, et puis avec l'Europe toussa on se doute bien que c'est toujours les mêmes pourris qui croquent et les mêmes qui se font baiser. Et puis ces propositions complètement centristes, factuelles, cette insistance sur l'écologie ! Enfin mais comment veux tu avoir envie d'aller voter, toi le déçu de la politique ?
Non vraiment ami abstentionniste, on respecte ton choix. On voudrait surtout pas te culpabiliser, avec nos stratèges en comm' on a bien capté le risque, le devoir civique, les droits chèrement acquis tu t'en branles, on va pas te prendre la tête ; on s'est renseigné, il parait que tu gagnes pas grand chose (on sait pas comment on ferait à ta place, d'ailleurs, on se fait des petits frissons rien qu'en y pensant), que tu as peur du chômage, on a bien essayé de te raconter que la mondialisation c'était une chance au fond mais vu ta réaction on n'a pas insisté. On se le répète tous les jours, tu mérites mieux que ces programmes qui ne règlent pas tes problèmes, sans parler de cette campagne de bas étage qui ne nous fait pas honneur, on en a conscience.
Et puis au fond, tu ne veux pas te faire avoir ; tu te méfies de tout, tu te dis qu'un geste gratuit comme ça cache forcément quelque chose... Et qu'est ce qu'on va faire de voix d'ailleurs ? A quoi bon se faire chier à perdre 20 minutes de ton précieux dimanche si c'est pour encourager des politicards triomphalistes mais qui s'en défendent, et qui vont se désintéresser de toi une fois la soirée électorale passée. Pourtant on te jure que c'est fois ci on a bien entendu ton message ! C'est pas acceptable cette abstention, c'est vraiment un cri qui résonne à nos oreilles.
Cela dit et sans vouloir te pousser, hein, ça serait pas mal que tu ailles faire un tour dimanche là, sinon on va vraiment laisser la France aux socialos, c'est pas avec ça que tes problèmes seront réglés. Et après franchement j'te jure, ça sera plus pareil, on va vraiment s'occuper de toi, c'était le dernier avertissement.
Par Guillermo, le jeudi 11 mars 2010 :: Politique
Je ne suis pas sûr que Longuet cherchait effectivement à foutre la merde en délirant, hors de contrôle, sur le degré de francitude nécessaire pour diriger la Halde. J'y vois plutôt une façon de penser à haute voix, un peu comme les vieux qui finissent par parler tout seul - l'occasion rêvée de voir comment se forge les idées (?) tortueuses d'un sénateur... Quelle mécanique étrange pour aboutir à ces mots incongrus de "corps français traditionnel" ! Ou l'hommage décalé à Schweitzer, "un vieux protestant, parfait" ! Il a voulu éviter "Français de souche", ou "Gaulois" comme chez nos amis les flics, mais voila bien une étrange définition d'un "raccourci de langage" ! Quant à sa justification de ce matin, si vous y comprenez quelque chose, vous m'impressionnez :
"je dis simplement que la lutte conte la discrimination, elle doit être intégrée par ceux qui n'ont pas spontanément ce réflexe. (...) Dans la symbolique, ce serait bien que la lutte contre la discrimination soit appropriée par tous ceux qui ne se sentent pas concernés, qui se sentent protégés et qui au contraire doivent faire cet effort d'ouverture"
CQFD. Qu'importe : c'est n'importe quoi, odieusement déplacé, et d'un ridicule fini. Reste que la gauche ne devrait pas trop l'enfoncer, car c'est inutile et contre productif. On s'enferme dans une polémique malsaine, tandis que la droite continue de facto à flatter l'électorat FN qu'elle se vante si souvent d'avoir rapatrié dans le camp républicain. Quel besoin de dégainer Maurras là dessus ?
Vous allez me dire, mais il ne faut pas laisser passer ça ! Mais non. Dans ce cas, il faut en rire. Franchement. Les propos de Longuet, comme le note son "ami" Lefebvre, ne sont "pas très compréhensibles", alors pourquoi ne pas tenter l'explication de texte ? J'aurais voulu en savoir plus sur le "vieux corps français" ou sur "les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d’ailleurs en général Italiens ou Marocains" ! Qui rentre dedans ? Quelles sous-ethnies sont compatibles ? A quel moment un Italien devient un vieux Lorrain ? Quels sont les Marocains qui au contraire de Boutih font partie des vieux Bretons ? Au bout de combien de génération peut-on être à la fois un Marocain et un vieux Lorrain ?
Il n'y a que ça à faire, souligner la débilité, les laisser s'enfoncer dans leur bêtise, et tout aussi rapidement revenir à l'essentiel, la politique, les régionales, les projets. Il faut arrêter de se faire confisquer l'agenda par les chiffons rouges agités pour piéger (ou pas) la gauche. Rebondir, réagir, nourrir la fosse aux lions du débat politique merdique, il le faut bien, mais en rigolant.
Par Guillermo, le lundi 22 février 2010 :: La vie moderne
Tiens, je ne savais pas que les restaurants Quick étaient devenus des services publics ! Il faut vraiment en arriver là pour être d'accord avec Fadela Amara ! Avec Quick, on s'éloigne de l'ordinaire du fast food qui, à l'instar des nombreux "Hallal Chicken" de l'avenue de Clichy, peuvent vendre ce qu'ils veulent à qui veut bien le manger. Non, chez Quick un client devrait pouvoir trouver de la nourriture laïque, avec ou sans porc, avec ou sans abattage rituel. L'accès à la série limitée Strong Bacon c'est un droit, c'est promis par la pub, et l'absence de bacon vaut discrimination.
Où l'ont voit que les habituels pourfendeurs de la malbouffe, les rois de la gastronomie ont tout à coup annexé l'assez infâme Quick à la saine culture occidentale qu'il s'agit de préserver contre l'envahisseur sarrasin. Et si cela continue comme cela, nous dit-on, bientôt tous les Quicks seront hallal, sauf celui de Neuilly ! Mon dieu ! Quelle angoisse.
Il manque juste un élément de contexte, dans cette affaire : le Quick, c'est dégueulasse. Le MacDo aussi (putain, c'est le lundi des dures vérités sur Radical Chic.) Comme tout le monde, j'en ai parfois envie, de ces pulsions qui vous prennent d'on ne sait où et qu'on accepte un peu honteusement, en se disant que peut-être on échappera au même sentiment de trop plein un peu écœurant après ; et inévitablement, les premières bouchées passées, on se dit qu'on n'aurait pas dû. Rien de grave, certes, sauf ce goût saumâtre dans la bouche qu'on garde pour le reste de la journée. Tient ce week-end encore dans le métro je me suis retrouvé à humer la trace odorante laissée par un bouffeur de mac do. Faites l'expérience, cette odeur vaguement appétissante dans le restaurant lui-même devient nauséabonde dès qu'on ne s'y est pas préparé.
En conséquence, si l'hallalisation des Quicks pouvait accélérer leur disparition, je ne les regretterais pas. En attendant, je les évite autant que possible.
Note en passant : l'histoire du fameux Franprix Hallal d'Evry est différente. Celui là refusait de vendre du sauciflard, soit, mais aussi du vin ; et étant le seul supermarché à la ronde, on pouvait considérer qu'il avait, de facto, une sorte de mission de service public de distribution de briques de villageoise. Cela ne tient pas une seconde juridiquement, mais cela se défend.
Par Guillermo, le vendredi 19 février 2010 :: La vie moderne
Il y a quelque chose de gênant, au fond, à s'arrêter au constat que le "niveau baisse" comme je viens de le faire. Il ne s'agit pas seulement de dire, comme Montaigne, que les nouvelles générations sont toujours regardées d'un mauvais œil, depuis l'Antiquité ; il s'agit plutôt de se demander en quoi on fait du niveau de français, de la capacité à écrire correctement, non pas un savoir mais une "compétence". Car c'est la réduction de la connaissance à des outils, utiles pour s'exprimer mais surtout pour se faire accepter dans le monde du travail, qui stérilise cette connaissance. En transformant le rapport à la langue (seul vecteur tangible de notre supposée "identité nationale" soit dit en passant - et c'est pour cela que de nombreux africains sont plus français que nous), d'un plaisir partagé à un "condition", on fait de la langue et de l'écrit une corvée nécessaire.
Devenue "condition", que reste-t-il de l'apprentissage du français ? Il n'est plus que le support d'une compétition ou d'un rejet ; compétition pour la meilleure maîtrise dans les familles à fort capital culturel, afin de réussir les concours, et rejet d'un obstacle dont elles voient bien qu'il est destiné à les piéger dans les familles les plus démunies. Dans les deux cas, le savoir est instrumentalisé. Et si certains élèves parviennent à y trouver un plaisir, malgré la purge des heures de grammaires et le laminoir du Bescherelle (quelle horreur quand j'y pense), ils passent légitimement pour des bouffons, traitres pour les enfants de prolos et gros naïfs pour les fistons.
La volonté exprimée partout d'un renforcement du régime disciplinaire de l'école, d'un retour à l'apprentissage par l'effort sans jamais imaginer qu'on puisse et qu'on doive apprendre autrement est une fuite en avant qui ne va, effectivement, que reproduire les inégalités de niveau, et reproduire surtout la conception des titres scolaires comme sanction (au double sens du terme) d'un apprentissage voulu comme fastidieux. Bref, c'est le pire rôle de l'école, une machine à fabriquer une disposition au travail salarié. Sauf bien sûr pour les plus privilégiés, qui auront appris que l'école ne récompense au fond non pas l'effort mais le "don" (c'est à dire le capital culturel accumulé), et qui pourront reproduire cette heureuse disposition dans leur travail ; ceux là sont heureux à l'école comme au travail, puisqu'ils peuvent effectivement exprimer quelque chose d'eux-même.
Enfin l'école redevant sanctuaire est une vaste blague ; arrimée à un savoir qu'elle ne sait plus défendre sauf par la sanction de la "compétence", comment l'école pourrait-elle lutter contre la société qui valorise évidemment le plaisir - mais un plaisir stérile, conditionné à la consommation et surtout au "mérite", au fait qu'il ait été obtenu par l'assiduité au travail, ce qui explique que la plupart des salariés ne semblent vivre qu'en se projetant dans leur week-end ou leurs vacances. L'absence de gratuité du rapport à la langue à l'école, du rapport au savoir qui n'est qu'une compétence sanctionnée fait d'ailleurs miroir à l'absence de gratuité des loisirs vus comme temps juste bon à faire accepter la soumission à l'ordre du travail.
Par Guillermo, le mercredi 17 février 2010 :: La vie moderne
Au fil du temps, l’école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d’ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé.
Dans les 254 collèges ambition-réussite (soit les plus difficiles), remplis aux trois quarts par des enfants d’ouvriers ou d’inactifs, un quart n’y maîtrise pas les compétences de base en français à l’arrivée et un sur deux à la sortie, selon les données de la dernière livraison de l’état de l’école.
A propos du dernier livre de Dubet, dans le Monde
Que s'est il passé à l'école, en si peu de temps ? Je pensais jusqu'ici qui si le niveau moyen des programmes n'avait cessé de baisser, suivant la démocratisation (hum) de l'enseignement, on pouvait au moins espérer que le niveau moyen d'une classe d'âge augmentait. Même pas. On le sait bien, l'école a changé. Sur le modèle des casernes, elle pouvait extraire quelques gamins méritants, élevés à coup de trique, pendant que la majorité retournait aux champs, mais avec un bon niveau de français. Aujourd'hui, c'est une autre affaire.
J'ai du mal à accuser la méthode globale, le "pédagogisme", le fait d'avoir mis l'élève au centre, etc. J'y vois plutôt le produit d'un désinvestissement des questions éducatives - un choix rationnel, pour ceux qui n'ont pas grand chose à y gagner - et des questions de langage.
Qui sont ces enfants d'ouvriers dont parle Dubet ? Des enfants d'un prolétariat privé de l'aufklärung marxiste, coupés de tout projet d'éducation populaire, pâtissant probablement à l'école de vagues origines étrangères. Des mômes lâchés devant TF1 ou W9, et qui investissent leur intelligence ailleurs, dans une culture de la survie, du détournement et de la réaction rapide. Vifs, mais vites lassés, pas tant incultes que totalement décomplexés par rapport à leur absence de culture : pour quoi faire ?
Quant à la langue : l'écrit n'est plus au centre de notre vie, sauf sur internet - et plus pour longtemps. Je suis désolé de passer pour un vieux con, mais traverser un TGV entier et voir les trois quart du train vautré devant un divX me fout les boules. Le temps du voyage comme retour sur soi, l'évasion avec un bon roman, que dalle - plutôt le moment où l'on peut, enfin tranquille, rattraper la télé du soir. Quel besoin de parler français correctement, alors ? Pour écrire des critiques pathétiques sur Allociné ? La belle affaire.
Curieusement, la gravité du problème n'en fait pas pour autant un véritable sujet politique. Le ministère sabre les programmes et essaye de supprimer le plus de profs possibles chaque année, économie oblige, mais sans aucune remise en cause autre que la mantra des "apprentissages fondamentaux" - avec moins d'heures de cours. Le seul truc qui intéresse le pouvoir, au fond, c'est de préparer les enfants au travail, et il se satisfait sans l'avouer de voir se constituer une armée de réserve de "non méritants" qui n'aura pas d'excuse pour refuser des jobs de merde. En face, le corps enseignant, livré à lui même, prisonnier d'un syndicalisme passablement conservateur, réclame des moyens (certes), et hésite entre pédagogisme ou retour au bon vieux temps. Enfin les parents en sont réduits à compter sur eux, pour ceux qui savent comment faire, ou à baisser les bras.
Par Guillermo, le jeudi 11 février 2010 :: La vie moderne
Vous remarquerez qu'à chaque fois qu'on aborde ce putain de sujet du "voile" ou du foulard, sans parler de la burqa, pour peu qu'on veille exprimer une position qui sort de la confortable condamnation au nom du féminisme et de l'occident éclairé, il faut proclamer qu'on fait bien partie de la communauté. Donc, si cela va mieux en le disant, je n'ai aucune sympathie pour les religions en général et je réprouve le voile en tant que symbole qui distingue la femme de bonne mœurs de la pute en puissance (et qui réduit les hommes à des porcs lubriques).
Maintenant, si je n'aime pas le voile en tant que symbole, je n'éprouve plus tellement de gêne à l'égard des femmes voilées, tant qu'on voit leur visage (quand même). Est ce la force de l'habitude, ou du simple bon sens, mais ce n'est plus un truc qui me "saute à la gueule" comme au début, plutôt un indicateur parmi d'autres de la personne assise en face de moi dans le métro, comme pourraient l'être un chewing-gum mâché la bouche ouverte ou, au contraire, la lecture d'un bon livre. Les femmes voilées, d'odieux symbole de l'oppression islamo-machiste, sont redevenues... des femmes.
Cela suffit à vous laisser deviner ce que je pense de cette hystérie déchaînée contre cette jeune candidate du NPA. Ce que fait le NPA ? Il va chercher des militants de "quartier", et pas seulement des fils de profs passés à la moulinette trotskyste. Et curieusement, dans les "quartiers", beaucoup de gens sont musulmans, et finissent par l'affirmer. Je ne sais pas ce qui, de l'influence d'un retour à la tradition que l'on observe dans tous les pays musulmans ou d'une résurgence identitaire suite à une trop forte stigmatisation, conditionne le développement du port du voile, mais c'est ainsi, le voile est là. Et donc la jeune fille qu'on accueillerait les bras ouvert au prétexte de la "diversité" et autres conneries de "minorités visibles" devient une paria, parce qu'elle porte le voile ? Et comme elles des milliers de femmes seraient condamnées à se cacher dans la sphère privée ou à se dévoiler pour avoir le droit d'exister en politique ? Mais qu'est ce que c'est que ces conneries ?
La laïcité n'a jamais consisté en la suppression des religions, mais en la séparation de l'église (des églises, devrait on dire aujourd'hui) et de l'Etat. Si, une fois élue à la région, ce qui est semble-t-il impossible d'ailleurs, mademoiselle Moussaïd devenait la voix du culte musulman, cela serait intolérable ; mais si elle représente ses administrés, et les citoyens de la région, si elle suit la ligne du parti qui l'a faite élire (d'où le paradoxe d'une incompatibilité entre le féminisme et l'islam, ce qui serait intéressant à creuser), en quoi son voile nous dérange-t-il ? Et si elle recrache la vulgate pro-palestinienne qui a le don de m'énerver, elle ne s'éloigne pas là dessus de l'habituel "antisionisme" réflexe de nos amis du NPA.
Il y a dans le rejet non pas du voile, mais des femmes voilées, une logique de bouc émissaire qui me fait gerber. Pendant qu'on se refait une bonne petite identité de progressiste bon teint, pendant qu'on se fait la voix des femmes opprimées (mais pas des femmes tuées par les coups de leurs conjoints, qui ne sont pas toujours voilées pourtant ?), pendant qu'on se gargarise contre la barbarie arabo-musulmane (rien à voir avec les lumières de notre belle Europe, qui n'auraient jamais engendré un truc comme le nazisme), que cherche-t-on, sinon à s'éprouver, tous bons français ensemble, et contre les hordes bougnoules, comme une saine communauté ? Qu'est ce qui nous soude, au delà des clivages politiques, sinon cette injonction "assimilationiste" qui veut bien des arabes mais sans voile ni casquette, bref comme nous mais plus polis encore car ils ne sont pas chez eux ? Comment s'étonner ensuite de replis identitaires grossiers chez la troisième ou quatrième génération d'enfants d'immigrés ?
De la même manière le "débat" sur la burqa, qui ne règle absolument rien, et qui ne laisse le choix que de hurler avec les loups sous fond d'injonction identitaire, ou d'être considéré comme la cinquième colonne de la "barbarie" salafiste, obéit aux mêmes fonctions "religieuses" au sens de Durkheim : nous faire sentir ensemble, beaufs tfistes ou bobos connardos, contre les "autres".
Enfin, pendant ce temps, notre cher gouvernement s'occupe des choses sérieuses : un coup de cadeaux fiscaux pour les riches et les grosses boites (20 milliards d'exonération de plus-values, elle a bon dos l'attractivité du territoire), un coup de lois liberticides fourre-tout pour contrôler les foules, à chacun selon son mérite !
Par Guillermo, le vendredi 8 janvier 2010 :: La vie moderne
Que retenir de cette polémique pitoyable ? Pas grand chose. Voir Descoings parader en héraut de la justice sociale ou entendre minc & pinault brocarder le "conservatisme" des grandes écoles me fait autant gerber que les hurlements épidermiques des anciens diplômés qui, 30 ans après, se pignolent toujours sur leurs diplômes.
Et qu'on se place du côté des "anti-quotas" et leurs arguments de merde (le plus bourrin tenant à la comparaison football / grande école où "30% de boursiers" deviennent "30% de footballers issus de la division d'honneur", entérinant élégamment le lien entre origine sociale et médiocrité scolaire ou sportive) ou des "pro-quotas" (toutes catégories aussi grossières que la polémique) qui font disparaître entièrement la question du niveau ou de la sélection au nom de la justice sociale, on voit surtout que personne n'a envie de dépasser le débat de cour de récrée.
Déjà, notons l'hypocrisie d'ensemble ; les mêmes qui voudraient avoir autant de boursiers à HEC ou à l'ENA que dans le reste de la population étudiante sont probablement ceux qui se battront bec et ongles pour assurer à leurs rejetons ces places d'excellence scolaire qu'ils ont souvent occupées. Tout comme ceux qui proposent, comme Descoings, de régler le problème en prenant 30 ou 50 gamins méritants dans 50 lycées choisis on ne sait comment, en choisissant à la main, dossier sous les yeux et de façon encore plus arbitraire que les concours habituels.
Par contre, si on s'écharpe sur l'accès aux filières, on n'entend rien sur ces filières elles-mêmes. Seul ce filou de Minc note qu'elles ont intérêt à changer leur recrutement pour ne pas se faire balayer par ces nouvelles exigences démocratiques.
D'abord, pourquoi le système économique continue à distinguer les diplômes des dizaines d'années après leur remise ? Pourquoi les carnetistes du Point, quand ils présentent l'état major d'une boite, soulignent-ils toujours les diplômes des vieux qui la dirigent ? Sans doute parce qu'outre le niveau scolaire - qui n'est en rien une garantie d'efficacité au travail d'ailleurs, l'avantage de départ n'est jamais vraiment rattrapable par ceux qui n'ont pas les mêmes titres, car ils commencent toujours plus bas - le diplôme vaut comme statut de prestige. De même, au départ, pourquoi les boites payent-elles plus cher des étudiants de toute façon difficiles à recruter et à fidéliser ? Parce qu'au delà du niveau, on ne reprochera jamais aux recruteurs d'avoir choisi un diplômé AOC.
Ensuite, pourquoi s'acharner à effacer les origines sociales inacceptables des boursiers ? Comment ne pas voir le lien entre Morano et ses leçons de bonne tenue à usage des jeunes musulmans, et le louable programme de "mise à niveau culturelle" du fameux "une grande école pourquoi pas moi" de l'X ou d'autres ? Résultant d'une sociologie qui fait du manque de capital culturel hérité la raison de la moindre performance scolaire, ils ne visent pas à changer le système mais à mettre sur le dos des dominés la faute de leur échec via le manque d'intégration - c'est d'ailleurs la même histoire entre acceptation par la bonne France et accès aux grandes écoles.
Enfin, un point annexe : quel est le sens de choisir à 18 ans une filière quasi-professionnalisée qui engage pour le restant de sa vie ? Pourquoi faut-il absolument que les gens apprennent à 20 ans la théorie fumeuse du marketing, après s'être cogné plein de matières creuses en prépa histoire d'être sûr qu'ils n'en retiendront rien passé les concours ? Comment expliquer que partout ailleurs la valeur de la sélection porte également sur l'établissement, mais jamais sur les filières, et qu'on peut être diplômé d'anthropologie à Cambridge et bosser à la City ?
Par Guillermo, le vendredi 27 novembre 2009 :: La vie moderne

No comment. Marrant comme on n'arrive pas à s'habituer à certains clichés.
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