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5ème arrondissement : nous méritons mieux que les Tibéri 6

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J'ai grandi dans le 5ème arrondissement - qui n'était à l'époque pas le ghetto bourgeois qu'il est aujourd'hui. J'ai grandi dans le 5ème et toujours j'ai vu ce quartier identifié à la famille Tibéri - le maire, sa femme, et maintenant son dauphin. J'ai connu les deux périodes de Tibéri, la période faste et la période honteuse.

Dans la période faste, Paris votait à l'unisson pour Chirac, ça s'appelait le grand chelem et c'était comme une évidence. Le 5ème s'embourgeoisait et tout le monde trouvait ça normal. Les voisins de mes parents, de vieux profs, étaient remplacés par des cadres sup, on voyait fleurir agences bancaires et d'immobilier, la moderne rue Poliveau se construisait (enfin elle me paraissait toute neuve), les places se recouvraient de fontaines toutes identiques, en pierre blanche façon cogédim, et je me souviens d'un camarade de classe dont les parents habitaient les HLM de la rue Clovis et roulaient dans une bagnole américaine. C'était le temps de l'évidence, les scrutins à 60% au premier tour, les années 80 dans toute leur splendeur. Les gens de la mairie nous passaient des coups de fil pour savoir "si on pouvait compter sur notre soutien pour Jean", on n'osait pas trop dire non, et en même temps on se demandait pourquoi ils avaient besoin d'un tel racolage puisque tout semblait évident, le 5ème à droite, Chirac puis Tibéri, éternellement.

Puis vint la période honteuse, quand le système de faux électeurs - dont beaucoup se doutaient - fut mis à jour. On était prêt à brûler un cierge pour le Canard Enchaîné, tant ces révélations nous dessillaient les yeux. Alors on commençait à remarquer ces petites vieilles qui venaient en taxi voter, mais seulement pour les municipales, alors qu'elles pouvaient à peine marcher. On commençait à se dire que ce n'était peut-être pas normal qu'on nous conseille, tous, d'aller à la mairie demander le moindre truc, un coup de main pour un logement, une place en crèche ("écrivez à Dominique Tibéri", expliquait-on encore l'an dernier à une connaissance vivant la-bas, pour régler un problème de place en crèche, qui fut réglé en deux jours).

Et on avait honte d'être là-bas, d'être parti prenante de ce système, par notre impuissance et par la complaisance des autres. Car la honte était là - quand les gens nous expliquaient que peut importe la fraude (!) Tibéri était un bon maire, que maintenant il tenait la ville et chérissait son fief, alors... De voir des habitants - de toute obédience politique d'ailleurs - non seulement oublier le bourrage des urnes dont personne ne doutait mais carrément crier bien haut leur soutient à ce brave maire trop attaqué ! Changeons de sujet, nous disaient-ils, qu'on parle d'autre chose, qu'on ne nous mette pas face à nos responsabilités de complices, de clients. D'ailleurs la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, qui soustrayait les faux électeurs prouvés du total des voix et validait l’élection, laissant le sujet de la fraude au juge pénal, leur rendait bien service - et cela dure depuis plus de 15 ans, toute honte bue.

On a un peu repris espoir de voir une alternance, les candidatures étaient plus sérieuses, on allait se compter dans des meetings de quartier, on y croyait enfin, mais rien à faire. On voyait avec nous des centristes et même quelques personnes de droite qui n'en pouvaient plus de cette tricherie flagrante, assumée au pas tranquille du parrain corse visitant le marché Mouffetard. Mais c'était en vain.

Aujourd'hui on arrive à cette curiosité d'un arrondissement hyper bourgeois, de gauche lors des élections nationales, mais encore tibériste. Tibériste à 19,4%, car le fils n'a pas le talent du père et était jugé insuffisamment compétent pour prendre une sinécure à Bercy, mais suffisamment tibériste pour voter pour cette nouvelle liste d'union, qui si elle gagne se finira forcément en élection de Tibéri fils, dans une magouille de vote de conseillers d'arrondissement.

On peut ironiser sur l'accord de la candidate NKM et de Tibéri, déplorer l'enterrement opportuniste de promesses pourtant récentes, on peut rappeler toutes les saloperies qu'ils se sont envoyés à la figure avant que la nécessité d'obtenir une place au chaud ne soit la plus forte ; on peut aussi accuser le contexte national ; mais je pense que le problème n'est pas là.

La question est de savoir si on peut libérer l'arrondissement de cette espèce de dynastie comique et malhonnête, si on peut laver cette honte collective à laquelle beaucoup ont pris part, au nom de l'efficacité locale, d'un clientélisme qui peut toujours rapporter, bref si on donne une nouvelle chance au quartier latin ou si l'on se complaît dans cette formule nécrosée héritée des années 80, sans plus personne d'ailleurs pour arroser l'arrondissement de subventions depuis que le père Tibéri n'a plus la mairie de Paris.

Le 5ème arrondissement n'appartient pas aux Tibéri. Le choix est simple, changer d'ère, ou subir cette ultime salissure d'être tous assimilés à des électeurs corrompus. Je n'habite plus là bas, je ne pourrais pas me le payer si je le souhaitais, mais je suis avec vous en esprit, comme dirait l'autre. Courage !

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Dernière MAJ: 27 avril 2014

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