Ca va refonder dur
Par Guillermo, le mardi 13 mai 2008 :: Politique :: #789 :: rss
On lit Libé, on se prend d'espoir et puis voila, tout recommence. Une nouvelle fondation ? Fort bien. Réconcilier le PS et les intellectuels, passer des diagnostics aux propositions concrètes ? Parfait. Et puis on regarde les noms - toujours les mêmes, à l'exception du frère de PPDA (?) - on voit qui va faire tourner la structure ("Six permanents (profil Sciences-po, écoles de commerce)") évidemment installée dans le 7ème, et on comprend rapidement que l'UMP peut dormir tranquille.
Aujourd'hui le PS crève parce qu'il ne sait plus parler aux classes populaires, convaincues que leur sort ne changerait pas des masses si elles revenaient voter à gauche ; dans ce désordre idéologique où mêmes les intérêts de classe semblent être ceux des autres, où les mesures destinées aux plus fragiles suscitent les envies et la haine entre pauvres, une majorité préfère l'UMP et ses promesses de purge. Et comme le PS l'a bien compris, ses courants s'activent autour de questions fondamentales pour le bon peuple : "un constat lucide s’impose à la gauche : la France prend du retard, sa compétitivité s’est dégradée, ses finances publiques sont désastreuses..." (sur le site des jospino-delanoistes, via versac) Voila qui va mobiliser de l'électeur, la compétitivité.
A vue de nez, la fondation terra machin n'y changera rien, a part produire des propositions comme celle qui consiste à faire financer l'investissement dans l'enseignement supérieur par les étudiants, le genre de machine blairiste qui ne sert pas forcément à grand chose, à part faire perdre les élections ou relancer un mai 68. C'est terrible, car à partir d'un diagnostic juste (les impôts de tous payent les classes prépas des riches) on arrive à des propositions politiques intenables car elle menacent le sentiment de gratuité ou l'idée de service public, sans apporter les outils de cohérence idéologique qui permettraient de faire changer le regard sur ce service public.
Encore une fois, le PS et ses fondations satellites ne produisent qu'une seule image, celle d'un parti de technocrates obsédé par un fantasme de fine tuning de la politique sociale, sans jamais comprendre combien les représentations symboliques qu'ils bousculent sans ménagement - le choix de la compétitivité, la "modernisation" du service public - sont des machines à perdre. Sans la capacité d'intégrer les expériences d'angoisse et de déclassement d'une grande partie du pays (pourtant bien comprises par Morin), mais aussi les critiques qui montent contre le règne de la marchandise, ces réflexions sont stériles.
Commentaires
1. Le mardi 13 mai 2008, par dagrouik
2. Le mardi 13 mai 2008, par Corto
3. Le mardi 13 mai 2008, par Guillermo
4. Le mardi 13 mai 2008, par jani-rah
5. Le mardi 13 mai 2008, par arbobo
6. Le mardi 13 mai 2008, par chouka
7. Le mardi 13 mai 2008, par MamboJoel
8. Le mardi 13 mai 2008, par doinel
9. Le mardi 13 mai 2008, par Zo2o
10. Le mardi 13 mai 2008, par Pepito
11. Le mardi 13 mai 2008, par Tom Roud
12. Le mardi 13 mai 2008, par Bic
13. Le mardi 13 mai 2008, par Bartazar
14. Le mardi 13 mai 2008, par Bartazar
15. Le mardi 13 mai 2008, par Matthieu
16. Le mercredi 14 mai 2008, par Zo2o
17. Le mercredi 14 mai 2008, par pas perdus
18. Le mercredi 14 mai 2008, par joséphine
19. Le samedi 17 mai 2008, par damien
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.