On aurait presque envie de les croire, nos amis socialos, quand ils se flagellent collectivement à propos de la défaite de mai :

"Nous n'avons pas défini l'économie sociale de marché qui nous sert de référence. Cette ambiguïté majeure nous empêche de prendre en compte le réel et les problèmes des Français, notamment des milieux populaires." (Rebsamen)
"Nous n'avons pas suffisamment analysé les impacts de la mondialisation avec ses effets positifs, mais aussi ses effets dévastateurs qui, notamment, brisent l'Etat-providence sur lequel la gauche s'est construite depuis un siècle." (Valls)
"Il faut prendre au sérieux le travail de rénovation et de reconstruction." (Weber)
'L'autre catastrophe (...) c'est l'absence de la gauche aujourd'hui et le fait qu'elle soit inaudible. La gauche n'arrive plus globalement à parler aux jeunes." (Julliard)

On sent que la critique est sérieuse, que des réflexions sont en cours. Même la grande perdante, qui ne renonce pas au "premier rang" n'accuse pas seulement le parti ("manque de discipline" et "synthèses un peu artificielles") mais "ne disconvient pas" (joli formule, elle reste en forme Royal) qu'elle n'avait "pas toutes les réponses". Décidemment tout cela sent la grande rénovation idéologique et un rapprochement d'avec les classes pops un rien délaissées par les bureaucrates.

Evidemment, je n'en crois pas un mot. Quand je vois cette prétendue "nouvelle génération" style Rebsamen et Valls parler de rénovation, je me dis que la droite va encore gagner les élections. La première des rénovations consisterait à ne pas parachuter des apparatchiks comme Julliard directement de l'Unef (après avoir contribué à légitimer Ma'me Pécresse par souci de "réalisme", bravo) à la tête du parti ; la première des rénovations consisterait à virer cette direction incompétente, profitant du fait que la moitié s'est plus ou moins ralliée à Sarkozy et que l'autre se perd en manœuvres minables à but de survie personnelle. Ensuite on pourra sereinement se demander ce qui ne va pas.

Quand je découvre dans Libé ce que dit Larrouturou de la machine programmatique du PS :

Je pensais que le choc du 21 avril serait suffisant pour déclencher des débats de fond. François Hollande m’avait demandé de rejoindre la commission économie du PS, où j’espérais que nous allions vraiment travailler. Hélas, cette commission ne s’est pas réunie une seule fois pendant deux ans. Ne soyez pas étonnés si le PS n’a pas grand-chose à dire sur la fiscalité, les retraites ou encore le chômage.

je me dis que la vraie solution se trouve une fois encore du côté de l'extrême gauche : une bonne purge.