Cette fois-ci c'est le dessin imbécile - et comme souvent, pathétiquement littéral, aussi subtil qu'un morceau de viande - de Plantu qui ne passe pas. Tant mieux. Il faut voir l'absurdité. D'un coté on se lamente en permanence de la coupure entre le peuple et les élus. Ah si le bon peuple s'intéressait un peu à la politique ! Ah, s'il allait voter au lieu d'aller à la pêche le dimanche ! De l'autre, dès que quelqu'un fait l'effort de parler au "peuple", l'élite qui se croit centriste (et qui penche lourdement du côté de la rente contre le travail, du côté du 4x4 contre la megane d'occasion) le fustige immédiatement de l'affreux mot de populisme.

Le populiste serait celui qui flatte l'électeur, lui raconte ce qu'il veut entendre, et le prend pour un con. D'une c'est assez amusant de voir les supporters du pouvoir actuel, qui se vautrent dans la fange la plus abjecte de la démagogie, l'oeil rivé sur la courbe des sondage, utiliser ce mot ; de l'autre la frange pédagogique est encore plus insupportable. Combien d'imbéciles énarquisants sont au fond persuadés que si les gens se coupent de la politique qu'on leur propose, s'ils rejettent la mondialisation et l'évidence écono-centrique du marché libre, c'est parce qu'ils ne comprennent pas ? L'ouvrier qui voit son usine fermer et qui sait parfaitement qu'il ne trouvera plus jamais de boulot s'il a un certain âge, ne comprend pas l'intérêt, en plus, de l'éloigner encore un peu de la retraite ? Personnellement je pense qu'il comprend très bien qu'il se fait baiser, et il se tourne vers lesdits "populistes".

Enfin chose curieuse, c'est qu'il suffit de lire le long et souvent fastidieux blog de Mélenchon pour voir qu'on est très loin du simplisme. Un édito d'Apathie, un papier cul du JDD, sans parler de l'hideuse presse gratuire, en voila de la merde simpliste. Mais là ? Je pense que Melenchon se trompe sur pas mal de choses, et que comme le NPA il est surtout le porte étendard de petits fonctionnaires désaffiliés à force de s'être fait chier dessus par tous les gouvernements - gauche compris, dans une moindre mesure, mais je dois lui reconnaitre deux choses ; d'abord qu'il l'ouvre avec raison contre une caste d'éditorialistes qui pensent comme ils mangent du foin, avec des oeillères, méprisant les petits candidats tout en se couchant devant les hiérarques de l'UMP, ensuite qu'il fait justement l'effort d'expliquer ses choix sans prendre les gens pour des singes, à coup de raccourcis et de gros clins d'oeil au bon sens.


PS : blog toujours en travaux, mais ça me prend un temps fou et je suis nul. Donc réouverture temporaire, mais chialez pas si un jour les commentaires disparaissent.