Dans les commentaires du billet précédent nous parlions du métier d'enseignant : la réalité de la pratique, la difficulté au quotidien, et les salaires pas forcément mirobolants... ce qui n'empêchait pas certains de trouver que c'était quand même pas mal et que les profs pas contents pouvaient démissionner.

En attendant, on se disait d'aller voir "des blogs de profs". Ce ne sera pas aussi simple, car si la bureaucratie ne sait pas défendre ses ouailles, si les profs sont constamment en première ligne et rarement soutenus par une administration soit débordée soit incompétente, cela ne l'empêche pas de soigner son image. On se souvient de l'affaire Garfieldd, grossièrement disproportionnée. On se souvient du pseudo-rapport d'académie qui expliquait que le lycée professionnel de banlieue où une prof avait été poignardée n'était "pas particulièrement violent", on connaît mille exemples du genre où la structure essaye de se maintenir en faisant le black out sur toutes les formes de critiques.

Et au moment même où je tapais ce commentaire, j'apprends que le blogueur qui écrivait "la vie palpitante d'un prof en ZEP" que l'on croisait parfois ici et que j'ai souvent lu, et qui décrivait la réalité des établissements "ambition réussite" au quotidien, doit fermer suite à une procédure administrative. Je n'ignore pas le devoir de réserve, je comprends qu'on ne puisse pas tout dire, mais le collège n'était nulle part cité, pas plus que le nom des intervenants, et la ligne jaune n'a pas été franchie à mon sens. Par contre l'administration, infoutue de protéger les élèves ou les profs, ne veut voir aucune tête bouger. Là où elle a encore du pouvoir, elle l'exerce.

Cela rappelle la procédure contre le blog d'un inspecteur du travail, compte rendu passionnant et militant - comme le sont la plupart des inspecteurs - de la réalité de l'entreprise, loin de l'image bisounours que le Médef veut imposer, mais ce ne sont pas les boîtes qui l'ont fait fermer. Et ce n'est pas la peine d'y voir la défense corporatiste d'un blogueur : autant je me fous des micros débats de merde qui agitent la blogosphère, et dont je ne parle jamais, autant l'on s'attaque ici à ce que le blog apporte de mieux, un témoignage direct d'une réalité qui nous échappe autrement. Bref, continuons comme ça, fermons la gueule des whistelblowers et tout ira mieux dans les ZEP.


Tiens, Torreton accuse Sarkozy de foutre une grosse pression sur les journalistes de TFN. Ah bon ils sont comme ça à l'UMP ? Et Claire C. ne doit-elle pas démissionner si son mec est social-traître ?