Quand on cherche à attaquer Iznogoud sur ses propos ("Si certains se sentent gênés d'être en France (...), qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas"), plutôt que de démontrer, avec effort, combien ils sont tendancieux, on se contente de les dénoncer par amalgame : c'est quasiment le slogan de Villiers, et on sait que Villiers, c'est quasiment Le Pen. En sorte qu'il ne faudra pas s'étonner si, à force de s'indigner bêtement, en agitant le chiffon rouge du fascisme, dès que l'UMP lâche un pet à droite, cette insulte même finisse par ne plus effrayer grand monde. Ca me rappelle cette secte lycéo-trotskyste qui racole aux sorties de métro contre le gouvernement "raciste, fasciste et colonialiste" : est ce que les mots ont encore un sens ?

Les propos de Sarko méritent pourtant mieux qu'une bête dénonciation ; et, comme ils ne reflètent, après tout, qu'un "sentiment", laissons le commenter comme il l'entend et gesticuler devant ses jeunes adhérents de l'UMP, qui ont payé 15 euros pour ce petit pincement d'excitation : comme il dit vrai ! Comme il n'a pas sa langue dans sa poche ! Parce que ça suffit de se faire emmerder, alors avec Nicolas, tous ensemble, "nous en avons plus qu'assez de devoir en permanence avoir le sentiment de s'excuser d'être Français."

D'ailleurs il n'a pas tort. Comme Sarkozy, j'en ai marre de m'excuser tout le temps de vivre en France. J'ai ai marre de lire des éditorialistes qui, dès que la moindre bagnole brûle, se précipitent pour traduire la presse étrangère, et s'en font un promontoire pour mieux nous montrer que nous sommes une bande de crétins rétrogrades. J'ai ai marre, également, de devoir entendre des puceaux diplômés d'école de commerce, et qui n'ont connu que des stages harassants en contrôle de gestion ou en cabinet d'audit, me faire la leçon sur le retard de la France, sur notre manque de modernité, sur notre modèle social qui prend l'eau, alors qu'à les écouter, tout serait tellement plus simple si...

Manque de pot, on ne doit pas être complètement d'accord, Sarlozy et moi ; parce que quand les crétins du Medef enclenchent encore une fois le chantage à l'ISF, et brandissent l'exemple poignant de rentiers préfèrant quitter la France plutôt que de payer un pour cent de leur patrimoine endormi sous le soleil de l'Ile de Ré, Sarkozy ne leur dit pas de se casser. Et quand un député s'insurge devant les provocations d'un rappeur à casquette, et tolère, comme le disait Charb, un Villepin et son désormais célèbre "La France a l'air à la ramasse. Mais observez-la de près. Elle a les jambes écartées. Elle attend qu'on la baise", je me demande pourquoi ce n'est pas Villepin qu'on prétend foutre à la porte, puisque cette grosse salope de France n'a pas voulu de lui.