La Tunisie, pays démocratique ? Sûrement, si j'en crois l'article de Wikipedia intitulé Politique de la Tunisie, qui se contente de mentionner, de façon extrêmement succinte, les institutions politiques et passe rapidement sur la dernière réforme de Ben Ali permettant notamment "la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, l'allongement de l'âge limite pour déposer une candidature à la présidence". Rien de surprenant, en sorte, ni de très éloigné de la version officielle de Ben Ali ("le pluralisme politique, la libéralisation économique, la défense des droits de l'Homme et l'instauration d'une société équilibrée et solidaire sont à la base de son programme.")

Il faut donc chercher un peu plus loin pour trouver les sites critiques (certains fermés sans explication), ou simplement lire les journaux. Mais pourquoi donc n'est-il pas possible d'avoir une page d'information, et non un texte lourd de mensonge par omission, sur Wikipedia ? Pourtant, les versions historiques, encore archivées, étaient plus précises, aussi bien sur le système politique que sur la réalité du pouvoir de Ben Ali ("Pour beaucoup, le remplacement de Bourguiba pour des raisons de santé était en fait un coup d'à‰tat dissimulé sous des prétextes médicaux.").

Et tout l'historique se résume à la réduction progressive du champ de la page, notamment sous l'égide d'un certain Moumou82, qui contrairement aux apparences ne travaille pas pour le ministère de la propagande de Ben Ali mais vit en Suisse. Ainsi le lien vers l'opposition politique disparait de la page principale, comme les mentions de coup d'Etat. C'est d'autant plus étrange que le même utilisateur avait laissé en place des versions plus critiques.

Bref, je ne comprends pas pourquoi l'internet libre et participatif machin se retrouve au niveau de la plaquette touristique, surtout concernant un pays en pointe sur la cyber-répression. Bon, je ne vais pas modifier sauvagement cette page, qui parle d'un pays que je ne connais pas, pour écrire en gros "dictature effective (autorisée par Chirac)", mais ça m'ennuie pour Wikipedia, qui prête déjà pas mal le flan à la critique, et plus encore pour la génération Google, qui risque de foirer ses copier-coller à cause d'articles trompeurs comme celui-ci.