"Je suis blonde, mais je comprends, hein"
Par Guillermo, le vendredi 13 mars 2009 :: Grouik
J'en peux plus d'entendre ce genre de conneries ; la prochaine fois qu'une femme plus ou moins blonde me sort cette bouffonnerie je vais éviter le petit sourire de circonstance que l'on réserve aux amateurs de vannes pourries, celui qui accuse réception de l'intention humoristique tout en évacuant immédiatement tout prolongement sur le même terrain (laissant chacun se demander si c'est la blague, ou la personne qui l'entend, qui n'est pas drôle) et dire quelque chose de cassant. Non pas une leçon sur le sens de la perpétuation du (faux) stigmate, mais plutôt sur la culture pathétique de la vanne de merde et du stéréotype sexiste.
D'ailleurs je me fous du stéréotype sexiste. Il est certes attristant de voir des filles reproduire les carcans débiles sous le prétexte bien pratique du second degré, sacrifiant leur identité au profit du collectif ; comme si l'on acceptait de voir un type basané dire "je suis arabe, mais je peux me retenir de voler, hein" (merde d'ailleurs ça doit arriver). Mais le plus grave, c'est ce comique de répétition qui espère que la conversation sera plus légère parce que ponctuée de ces références bas de gamme que tout le monde comprend immédiatement.
Pour la petite histoire, je n'ai rien contre les blagues de blonde, pas plus que les blagues ou c'est un Arabe, un Français et un Belge qui... Ce ne sont que des structures qui peuvent donner le pire comme le meilleur humour. De même, le problème dépasse la culture totalitaire du second degré ; l'ensemble devient insupportable quand le second degré se combine avec une absence totale d'humour et d'originalité. Pire, cette tentative de complicité instantanée suppose un agrément de la part du locuteur, agrément du cadre de l'échange, agrément à la blague sexiste et au fait qu'on la reconnaisse et qu'on accepte qu'une relation puisse se constituer sur une bêtise aussi crasse. Au fond, c'est une insulte.