De la bien-pensance
Par Guillermo, le vendredi 17 septembre 2010 :: Politique
Hortefeux à une journaliste télé : "vous verrez, quand vous les aurez (les Roms) dans votre jardin, vous serez bien content de nous appeler" (citation apocryphe, si quelqu'un à la source...)
Sarkozy aux godillots UMP : "''je suggère à Reding d'accueillir des Roms au Luxembourg'.'"
La journaliste (forcément) bobo comme la riche nation luxembourgeoise ont droit à la même accusation, la "bien pensance", et la même sanction, ce retour au réel qui les mettraient face à leurs contradictions. Les bourgeois de gauche défendent des voyous/immigrés/roms etc. qu'ils ne fréquentent pas au quotidien. Les bourgeois de droite ne les fréquentent pas plus, mais comme ils les ignorent superbement, souhaitent que l'État ne gaspillent pas leurs impôts à la aider et, en bref, ne sont pas dupes, on devrait les féliciter de leur égoïsme assumé.
Et la politique qui était censée s'élever, pour le bien commun, au dessus des intérêts particuliers, entretien désormais le syndrome Nimby (pas dans mon jardin !) Au plus près des égoïsmes, au raz des peurs savamment entretenues, et s'offusquant toujours des leçons de morale, qu'elles viennent du Pape ou du monde entier.
A croire que le sarkozysme cherche sans relâche ce qui est dégueulasse et pulsionnel en chacun de nous. Cela a commencé par l'argent, mais comme les largesses promises tardent à se matérialiser, on se paye symboliquement sur le dos des plus faibles. En faisant de ces populations un "problème à régler", chacun en son for intérieur hésite entre sa mauvaise conscience à s'en prendre à ces pauvres gens, et l'envie d'être débarrassé de ces mendiants encombrants et si parfaitement "étrangers".
Dans cette économie des pulsions, la gauche est tétanisée, condamnée à articuler dans un espace hostile à la réflexion une "autre" politique sur un sujet qui n'a qu'une importance relative, pour éviter de "consentir", ou de s'opposer au noms des principes qu'on lui renverra à la gueule. A droite, par contre, on jouit du blasphème (comme le dit si bien Boltanski), on prend plaisir a écraser la morale, cette peine-à-jouir, du gros cul de son 4x4. Comme on se sent mieux maintenant que le bar du bistrot est à l'Élysée, quel bonheur de prendre ses aises !