L'obsession anti-opposition
Par Guillermo, le jeudi 27 mai 2010 :: Politique
L'opposition est dans les choux, sauf aux élections locales s'entend, mais j'ai l'impression que la majorité fait tout pour la soutenir à bout de bras. Cette construction de l'ennemi devient un peu fatigante : Sarlozy qui reproche à Mitterrand d'avoir abaissé l'âge de la retraite à 60 ans, Fillon une autre fois qui rappelle que la gauche a instauré un bouclier fiscal à 70% - mais un bouclier quand même, comme si c'était la même chose, d'autres qui reparlent des stock options défiscalisées par Fabius, et bien sûr, encore et toujours et probablement pour l'éternité, la charge anti-35 heures qui a tellement bien marché qu'elle est systématiquement reprise dans tous les commentaires possibles par des umpistes lobotomisés.
Vous remarquerez que la gauche à toujours tort : soit elle a été trop à gauche (la vilaine ! quelle idée !) avec la retraite, les 35 heures, la police de proximité et demain, j'en prends le pari, le RMI ; soit elle a fait comme nous la droite (ou presque, mais ne nous embarrassons pas de nuances), donc qu'elle ferme sa gueule, hein.
Ce qui est frappant, c'est qu'on est en pleine politique négative. Quand l'ennemi n'est pas l'islamiste tapie derrière son niqab, le chômeur, le parent démissionnaire qui se gave d'allocs tandis que son môme sèche l'école, c'est la faute de la gauche, avant, vous savez celle qui a gouverné il y a 9 ans, ou encore celle de mai 68.
Il n'y a pas d'alternative : refrain connu. Qui légitime tout pour l'instant, la surenchère sécuritaire (mais des mots, là encore, pas des résultats), la gestion calamiteuse des dépenses et surtout des recettes publiques, a coup de présupposés idéologiques qui ont le mérite d'être martelés en chœur. Pour combien de temps encore ?