Manger de la merde, ou de la merde hallal ?
Par Guillermo, le lundi 22 février 2010 :: La vie moderne
Tiens, je ne savais pas que les restaurants Quick étaient devenus des services publics ! Il faut vraiment en arriver là pour être d'accord avec Fadela Amara ! Avec Quick, on s'éloigne de l'ordinaire du fast food qui, à l'instar des nombreux "Hallal Chicken" de l'avenue de Clichy, peuvent vendre ce qu'ils veulent à qui veut bien le manger. Non, chez Quick un client devrait pouvoir trouver de la nourriture laïque, avec ou sans porc, avec ou sans abattage rituel. L'accès à la série limitée Strong Bacon c'est un droit, c'est promis par la pub, et l'absence de bacon vaut discrimination.
Où l'ont voit que les habituels pourfendeurs de la malbouffe, les rois de la gastronomie ont tout à coup annexé l'assez infâme Quick à la saine culture occidentale qu'il s'agit de préserver contre l'envahisseur sarrasin. Et si cela continue comme cela, nous dit-on, bientôt tous les Quicks seront hallal, sauf celui de Neuilly ! Mon dieu ! Quelle angoisse.
Il manque juste un élément de contexte, dans cette affaire : le Quick, c'est dégueulasse. Le MacDo aussi (putain, c'est le lundi des dures vérités sur Radical Chic.) Comme tout le monde, j'en ai parfois envie, de ces pulsions qui vous prennent d'on ne sait où et qu'on accepte un peu honteusement, en se disant que peut-être on échappera au même sentiment de trop plein un peu écœurant après ; et inévitablement, les premières bouchées passées, on se dit qu'on n'aurait pas dû. Rien de grave, certes, sauf ce goût saumâtre dans la bouche qu'on garde pour le reste de la journée. Tient ce week-end encore dans le métro je me suis retrouvé à humer la trace odorante laissée par un bouffeur de mac do. Faites l'expérience, cette odeur vaguement appétissante dans le restaurant lui-même devient nauséabonde dès qu'on ne s'y est pas préparé.
En conséquence, si l'hallalisation des Quicks pouvait accélérer leur disparition, je ne les regretterais pas. En attendant, je les évite autant que possible.
Note en passant : l'histoire du fameux Franprix Hallal d'Evry est différente. Celui là refusait de vendre du sauciflard, soit, mais aussi du vin ; et étant le seul supermarché à la ronde, on pouvait considérer qu'il avait, de facto, une sorte de mission de service public de distribution de briques de villageoise. Cela ne tient pas une seconde juridiquement, mais cela se défend.