Est ce qu'une "distribution d'argent" pouvait bien tourner ? Est ce que dans l'obscenité de ce moyen publicitaire et dans l'avidité du public rassemblé, notamment sa composante voyou, il y avait une chance que les choses se passent bien ?

Le porc qui a eu cette bonne idée, tout fiérot de sa logique tordue (quitte à dépenser de l'argent en pub, autant filer le blé aux gens, hein kesten pense coco ?), tente maintenant de mettre son échec sur le dos de la préfecture qui doit, parait-il, assurer la sécurité des rassemblements qu'elle n'interdit pas. Mieux, il pond le couplet du risque inhérent aux entreprises nouvelles : "On essaie d'aller plus loin, de faire de grandes choses, ça implique des responsabilités, ça implique des risques". Qui n'épouve pas d'envie de meurtre en lisant cela ?

Grande chose, en effet, que ce mouvement circulaire dans lequel la pornographie des francs-tireurs du marketing induit et réveille dans tout un peuple de consommateurs obsédés par la bonne affaire la promesse du coup "malin", pour peu qu'on offre son temps et qu'on fasse masse pour servir les intérêts de la pub, le tout encouragé par une presse tellement pauvre qu'elle ne saurait vivre sans faire la promo de ce genre de bouffonneries. A la crasse d'une certaine élite et de son rapport décomplexé à l'argent répond la crasse de crevards partagés entre l'ennui et l'avidité.

Heureusement, il n'y avait pas de précédent, et il n'y aura pas de suite : voila au moins une consolation.