2 millions de personnes se déplacent un dimanche pour dire leur attachement à la Poste telle qu'elle est, et tout ce à quoi elles ont droit, ce sont des tombereaux d'injure en provenance de l'UMP. Bien sûr que la question posée appelait à l'expression d'un mécontentement, bien sûr que ce n'est pas un "vote" mais - comme le rappelle crânement Mélenchon - une "votation" (connard), bien sûr que ce n'est pas un scrutin fiable avec listes et tout, mais il n'empêche : ils ont fait l'effort d'exprimer leur opinion, et on leur répond que c'est une "pantalonnade".

Au lieu d'explication, des insultes. Au lieu de rassurer les ruraux qui flippent pour leur dernier service a peu près public, on ressort la peur des rouges et les manipulations de l'extrême gauche - pas le genre de l'UMP de truquer les élections, voyez chez Tibéri ou hier encore à Corbeille-Essonnes. Au lieu de discuter du changement de statut, un empilement de sermons : non bien sûr, si on fait cette loi, c'est pour que la Poste reste à 100% publique, c'est juste pour changer un peu et faire moderne, quoi.

Au fond, quand l'UMP pond une proposition de loi parce que TF1 parle d'un fait divers horrible, c'est normal. Quand l'UMP s'appuie sur des sondages foireux pour légiférer, c'est normal. Quand la droite et Sarkozy prennent la parole et font la loi au nom des "victimes", c'est normal. Tout cela s'appelle "être à l'écoute des français". S'appuyer sur des rumeurs, manipuler l'opinion avec Bouygues et Lagardère, c'est du bon gouvernement ; mais écouter la voix de 2 millions de types qui se traînent, en milieu rural, un dimanche pour aller protester contre la privatisation rampante de la Poste, ce n'est pas acceptable.

Bref, c'est un crachat à la face d'un certain peuple, mais parmi lequel se trouvent aussi quelques électeurs de l'UMP. Espérons que ça leur ouvre les yeux.