Voila un parcours exemplaire, non ? Voila l'expression même de la mobilité tellement à la mode. Tiens, qu'est ce qui dans la bio de Chatel, qui s'occupait, en gros, des consommateurs et des grandes surfaces, le destine à superviser l'enseignement de millions de gamins ? Quelle connaissance a-t-il des débats compliqués entre les pédagos et les tradis de l'éduc nat ? Où se place-t-il ? Qu'est ce qu'il annonce, sinon encore un peu plus de "professionnalisation" et ses talents d'ex-DRH pour accompagner les mutations de carrières ?

Malgré tout le mal qu'on peut penser des réformes de Darcos, il était à sa place, il connaissait son boulot. Certes, il ne s'agit pas d'enfermer les uns et les autres dans leurs corporations, ni de réclamer que les profs soient encadrés par des profs, les flics chapeauté par d'autres policiers et les agriculteurs par des cultivateurs. Il ne s'agit pas non plus d'une question de diplômes - après tout, Jospin l'énarque a marqué chez les profs. Il s'agit tout simplement de vérifier des compétences, et un certain respect pour les questions de connaissance.

A force d'accepter benoîtement le fait du prince, la récompense des uns et la disgrâce des autres, de se concentrer sur les effets de comm façon Mitterrand à la culture, on oublie presque que ce remaniement consiste, dans beaucoup de cas, à cumuler les erreurs de casting, a remplir des cases en fonction des hasards que des véritables besoins. Par exemple, Rama Yade au sports, c'est plus du bizutage et de la caution féministo-diverse qu'une expression politique. Voila qui promet.