C'est quand même un peu délirant ce barouf sur l'Iran et Twitter, non ? Certes ce n'est pas inintéressant, mais enfin merde c'est pas Twitter qui fout des centaines de milliers d'iraniens dans la rue quand même ! Les comptes les plus suivis ont quelques milliers de "followers", pas plus. Et si par solidarité factice, j'ai modifié mon compte pour dire que j'habitais à Téhéran, un réseau aussi public, aussi facile à fliquer ne peut pas être un outil de mobilisation fiable dans un état si répressif.

Notez qu'à chaque nouvel évènement on nous fait le coup de Twitter : les attentats de Bombay, le coup des moldaves en colère, l'airbus dans la flotte à New York, au point que je cherche encore le dernier twitt de l'équipage du vol AF447. La où ça devient délirant, c'est quand le niveau d'excitation sur le média Twitter remplace l'analyse du phénomène lui-même. Personne ne sait si la fraude est avérée ou non (ce qui est normal), personne ne comprend rien à l'Iran et à son système politique ultra complexe, mais tout le monde se regarde le nombril et s'émerveille sur le pouvoir des nouvelles technologies.

Pire, la question de fond, à savoir que Mahmoud A. l'ennemi de l'occident est malgré tout soutenu, outre l'appareil d'Etat, par la majorité des classes populaires, est entièrement occultée. Je suis persuadé qu'il a grugé car les incohérences sont nombreuses, mais pourquoi ne s'intéresse-t-on pas plus au soutien réél que reçoit ce pouvoir ? Que fait-on de la piétaille du régime, ces gardiens de la révolution qui viennent des provinces pauvres et qui croutent grâce à la répression, ces petites gens qui aiment le style austère et populo ("il vit comme nous") du chef et apprécient ses subventions (merci les cours du pétrole) ? Pourquoi ne peuvent-il pas faire en toute conscience le choix d'un régime conservateur, comme nos petits vieux votent Sarkozy ?