A propos
radical chic

Michael Jackson était mort depuis longtemps

Il y avait de quoi être surpris par la mort de Michael Jackson : c'est qu'il était encore vivant ! "Vivant" devrait-on dire plutôt, car il semble qu'il ait progressivement rejoint les zombies du clio de Thriller. Car qu'est ce qu'un artiste sans production musicale, ou sans production valable, réduit à sa propre caricature de barjo ambigu, à cheval sur les couleurs de peau et les sexualités, et plus menacé par le scandale que l'insuccès, sinon un artiste mort, exactement ?

Ainsi l'oeuvre, si l'on peut dire, s'était-elle déjà séparée du corps de l'artiste, et tandis que ce dernier sombrait dans la maladie, ses succès se sont progressivement détachés de leurs condition historique. Flottant dans un non-genre à force de reprises et de remixage, leur son eighties lui-même banalisé par le recyclage permanent, des pistes de danse au bandes FM, où ils naviguaient entre Sardou et une soupe R'n'B, les tubes de Jackson ont atteint à cette intemporalité douteuse qui ressemble à la consécration.

Que l'être Michael Jackson ait pu perdurer dans son existence après cette extinction artistique importe finalement assez peu - pas plus que la vie de Michel qui "reprend des pates" dans cette pub hallucinante de mépris qui voudrait célébrer la vie dans son ordinaire brut (on y reviendra). Jackson l'artiste avait disparu depuis longtemps, mais Jackson le zombie était encore là : c'etait bien le sens de la surprise.

De l'Oréal à l'Education nationale

Voila un parcours exemplaire, non ? Voila l'expression même de la mobilité tellement à la mode. Tiens, qu'est ce qui dans la bio de Chatel, qui s'occupait, en gros, des consommateurs et des grandes surfaces, le destine à superviser l'enseignement de millions de gamins ? Quelle connaissance a-t-il des débats compliqués entre les pédagos et les tradis de l'éduc nat ? Où se place-t-il ? Qu'est ce qu'il annonce, sinon encore un peu plus de "professionnalisation" et ses talents d'ex-DRH pour accompagner les mutations de carrières ?

Malgré tout le mal qu'on peut penser des réformes de Darcos, il était à sa place, il connaissait son boulot. Certes, il ne s'agit pas d'enfermer les uns et les autres dans leurs corporations, ni de réclamer que les profs soient encadrés par des profs, les flics chapeauté par d'autres policiers et les agriculteurs par des cultivateurs. Il ne s'agit pas non plus d'une question de diplômes - après tout, Jospin l'énarque a marqué chez les profs. Il s'agit tout simplement de vérifier des compétences, et un certain respect pour les questions de connaissance.

A force d'accepter benoîtement le fait du prince, la récompense des uns et la disgrâce des autres, de se concentrer sur les effets de comm façon Mitterrand à la culture, on oublie presque que ce remaniement consiste, dans beaucoup de cas, à cumuler les erreurs de casting, a remplir des cases en fonction des hasards que des véritables besoins. Par exemple, Rama Yade au sports, c'est plus du bizutage et de la caution féministo-diverse qu'une expression politique. Voila qui promet.

L'Iran, Twitter et moi

C'est quand même un peu délirant ce barouf sur l'Iran et Twitter, non ? Certes ce n'est pas inintéressant, mais enfin merde c'est pas Twitter qui fout des centaines de milliers d'iraniens dans la rue quand même ! Les comptes les plus suivis ont quelques milliers de "followers", pas plus. Et si par solidarité factice, j'ai modifié mon compte pour dire que j'habitais à Téhéran, un réseau aussi public, aussi facile à fliquer ne peut pas être un outil de mobilisation fiable dans un état si répressif.

Notez qu'à chaque nouvel évènement on nous fait le coup de Twitter : les attentats de Bombay, le coup des moldaves en colère, l'airbus dans la flotte à New York, au point que je cherche encore le dernier twitt de l'équipage du vol AF447. La où ça devient délirant, c'est quand le niveau d'excitation sur le média Twitter remplace l'analyse du phénomène lui-même. Personne ne sait si la fraude est avérée ou non (ce qui est normal), personne ne comprend rien à l'Iran et à son système politique ultra complexe, mais tout le monde se regarde le nombril et s'émerveille sur le pouvoir des nouvelles technologies.

Pire, la question de fond, à savoir que Mahmoud A. l'ennemi de l'occident est malgré tout soutenu, outre l'appareil d'Etat, par la majorité des classes populaires, est entièrement occultée. Je suis persuadé qu'il a grugé car les incohérences sont nombreuses, mais pourquoi ne s'intéresse-t-on pas plus au soutien réél que reçoit ce pouvoir ? Que fait-on de la piétaille du régime, ces gardiens de la révolution qui viennent des provinces pauvres et qui croutent grâce à la répression, ces petites gens qui aiment le style austère et populo ("il vit comme nous") du chef et apprécient ses subventions (merci les cours du pétrole) ? Pourquoi ne peuvent-il pas faire en toute conscience le choix d'un régime conservateur, comme nos petits vieux votent Sarkozy ?

Bouvard et Pécuchet se penchent sur l'aéronautique

Enfin merde cette affaire Air France / Airbus, quand même, quel bon révélateur de "l'info" d'aujourd'hui ! Résumons nous. Non seulement nous n'en savons toujours que peu sur les motifs du crash, mais force est de constater que nous avons été baladés d'hypothèses en hypothèses par les médias, au gré des rumeurs ou de ce qu'ils ont pu comprendre, assurant un équilibre précaire et parfois spectaculaire entre la spéculation à page ouverte et la quasi-omerta des sources "officielles".

Au fond, le seul domaine sur lequel l'info grand public est incontestable, c'est le traitement de l'émotion : les proches qui pleurent, celui qui voulait prendre l'avion mais qui l'a raté, et (le top !) celle qui a raté l'avion mais qu'est morte quand même une semaine après dans un accident de voiture ! Ca c'est de l'info ! Ca permet même d'éditorialiser sur la force du destin qui ne rate jamais sa cible (mais qui doit s'y prendre à deux fois, faible destin quand même).

Heureusement, il nous reste cette avalanche de commentaires, où parmi les réactions compassées et les polémiques stériles, on trouve de plus en plus d'interventions délirantes. La propension à parler de choses que l'on ne connait pas est normale, voire parfois souhaitable, mais il faut quand même sauver les apparence ! Or là, l'anonymat aidant, on se lance ! C'est presque touchant de voir nos internautes spéculer comme des ingénieurs aéro, en s'aidant avec les moyens du bord type gros bon sens, liens wikipédia et démonstrations par l'absurde.

Ainsi au début, quand les médias nous servaient la foudre, on se battait pour savoir si les avions modernes faisaient cage de Faraday ou non, et on s'élevait contre les matériaux composites ! Ensuite il a bien fallu constater que la recherche des boites noires serait ardue, sinon impossible, permettant à un commentateur de proposer des "boites noires éjectables et insubmersibles" (sic). Enfin maintenant que la mesure de vitesse est sur la sellette, on s'emporte contre un dispositif inventé au XVIIIeme siècle, et pourquoi pas par GPS comme pour ma bagnole (ah, ça existe déjà), et qu'est c'qu'ils foutent les ingénieurs ? Enfin sur le sujet inépuisable du contrôle informatique du vol, on oppose prestement l'homme et la machine, ah que ne peut-on faire confiance à nos fiers pilotes tandis que les ordinateurs plantent toujours, d'ailleurs avec Windows on voit que..

Comme Bouvard et Pécuchet, l'ambiguité règne : la plus merveilleuse des curiosité, le plus sain besoin de comprendre, se combine avec la plus étroite des conneries. Mais quel spectacle, vraiment.

Les trois journalismes

De mon point de vue il existe trois formes de journalisme qui déterminent 3 "produits" d'information dominants, au moins pour la presse et sur le web.

1 - Un journalisme de "faits" et de "gros titres", fondé à coup de dépêches AFP "batonnées", donnant une grande importance au "timing" de l'info, aux "exclu" (quand par miracle ce n'est pas une source AFP / AP / Reuters), à son renouvellement dans la journée sur les supports "d'info continue", et aux "titres" pour le JT et les gratos du lendemain matin. Dans ce cas, l'info "brute" qui n'apprend au fond rien du tout est d'autant plus valorisée qu'elle est considérée, à tort, comme objective - alors que la sélection des faits et la façon de les rapporter construisent évidemment une vision qui pour être consensuelle n'en est pas moins bien orientée. Témoin la mode des comptes-rendu de violence scolaire, qui s'enchaînent tout à coup, ou encore l'affreuse séquence autour du crash du vol AF, aujourd'hui spécial "que deviennent les cadavres repêchés ?".

2 - Un journalisme "d'analyse et de synthèse" que l'on retrouve aussi bien dans les - souvent catastrophiques - éditos de libé, où il faut absolument pontifier sur le fait du jour, que dans les papiers signalés comme tels dans les quotidiens ou encore dans les marronniers des hebdos. A chaque fois on propose un résumé orienté des faits, suivi d'une tentative de généralisation hative en "tendance de fond", reflet d'une société sarkozyste à gauche ou d'un individualisme débridé post-68 à droite, tendance dont on s'inquiète avant de pointer quelques signes contraires (les "résistances" à gauche ou les "chefs d'entreprises qui innovent quand même" à droite) afin de conclure sur une note plus légère.

3 - Un journalisme engagé et subjectif, que l'on trouve bien rarement en France. Ce sont les articles de XXI qui sur dix pages creusent un sujet, les papiers du New York Times Magazine qui perpetuent la tradition du gonzo, certains très rares reportages radiophoniques, et encore quelques blogs qui prennent le temps de fouiller une thématique ou de laisser les spécialistes s'exprimer aussi longuement qu'ils le souhaitent. Dans tous les cas ce journalisme nous apprend quelque chose de l'époque en partant non de "faits" ou "d'analyses" creuses mais d'une expérience subjective et présentée comme telle, d'un point de vue sans promontoire bidon, et de rencontres patientes.

Pas besoin de vous dire ce qui m'intéresse, vous l'aurez compris, ni de préciser que je sombre souvent corps et bien dans la tentation de "l'analyse et de la synthèse" (on dirait une offre de stage). Reste que le récent foutoir de "l'information" autour du crash de l'airbus A330, entièrement réduite à l'enchaînement hystériques de "faits" le plus souvent absents et comblée par une "analyse" obsessionnelle, montre bien quelles sont les attentes d'un public qui préfère se divertir plutôt que de comprendre ce qu'il se passe vraiment ou de faire sienne une vision sensible du monde. Que le public ait été façonné par l'offre, ou que l'offre dicte au public sa façon de "s'informer" ou de se distraire par l'information importe peu, mais je crois qu'il reste une grande place à prendre pour l'info du troisième type, comme le montre d'ailleurs le succès de XXI dont je dois encore me procurer le dernier numéro (yeah).

En passant après les européennes

Pour gagner une élection, il faut trois éléments : une base historique, un message clair et séduisant, et un leader naturel (vous me direz que la base est le produit du message et du leader, mais bon). L'UMP s'en tire très bien en gagnant sur tous ces tableaux (même si l'on peut chipoter sur son "message" européen, pas bien défini à part "non à la Turquie"), le PS n'a plus que la fidélité de sa base étriquée pour ne pas sombrer tout à fait, et Europe Ecologie cartonne en alliant un projet clair et un leader charismatique. Notez que le leader du Modem s'est ridiculisé durant cette campagne, et que son parti perd donc sur tous les tableaux. Notez aussi que Besancenot perd devant le "Front de gauche" car il lui manque le dernier carré de fidèles qui maintiennent le PCF en respiration artificielle, et que son leader s'est fait un peu reprendre sur son militantisme trop médiatique.

Cette analyse à l'emporte pièce posée, on se doute que les résultats ne m'étonnent guère. Passons sur la victoire de l'UMP, il est encore trop tôt pour savoir si les caractéristiques de l'abstention l'ont favorisé, ou si - comme je le pense plutôt - Sarkozy rassemble sur sa personne un gros quart d'inconditionnels, qui approuvent les réformes et en voudraient encore plus, et qui pourraient éventuellement être galvanisés par l'antisarkozysme. Un antisarkozysme qui paradoxalement ne mobilise pas les masses, surtout pour un scrutin hors du cadre national.

Et pour le PS, alors ? Rassurez-vous, on ne va pas manquer d'excuses pour la défaite. C'est Aubry. C'est le congrès et l'image de la division. C'est les classes populaires qu'en veulent plus. C'est l'absence de propositions concrètes. Etc. Prenez n'importe quelle défaite, et vous trouverez les mêmes analyses, et les mêmes injonctions. Les élus ou plutôt non-élus qui répètent en boucle qu'ils ont "compris le message" des électeurs, qui font des prêches à l'unité, et ainsi de suite, jusqu'à la prochaine défaite.

Ce n'est pas que le PS soit mort ; pas encore. C'est plutôt que la social démocratie, coincée entre le néo-radicalisme de gauche, l'exigence écologique et la droite décomplexée, n'a plus le moindre espace. On s'était habitué à gagner les élections et à être gouverné au centre, il va falloir changer de modèle. Et changer de parti n'aurait pas de sens, puisque le stock d'élus locaux et d'apparatchiks qui constituent le PS se déversera immanquablement dans une nouvelle coquille. Enfin, compter sur l'opposition et l'anti-sarkozysme pour réveiller la base ne sert à rien, on vient de le voir, tandis que la position contradictoire du parti devient chaque jour plus insupportable : consulté à chaque fait d'arme UMP, se voyant ainsi imposer l'agenda, il ne peut que protester (comme toujours !) ou s'écraser (ce qui est pire encore), mais jamais construire sa propre vision du monde.

Oh et puis allons-y ; malgré les beaux exercices théoriques pré-congrès de Reims, il n'y a plus de vision socialiste. Il y a une vision radicale de gauche et une vision écologique, il n'y a rien "entre" ni "au-delà". Plus de vision, une base qui s'étiole, et aucun leader en vue (et pitié, pas la nouvelle génération de bureaucrates qui grenouillent dans le bureau national et autres instances), l'avenir est sombre. Que cela ne nous empêche pas de fêter la percée écologique (que j'ai soutenue, comme à chaque européennes), sur laquelle se construira probablement la future gauche plurielle.

La machine à culpabliser

Ouh qu'elle est jolie la Terre vu d'hélico, ouh qu'ils sont méchants les hommes qui polluent, surtout le monde occidental qui s'approprie les ressources. Heureusement Luc Besson, ce grand humaniste, bosse gratuitement pour diffuser la bonne parole, PPR offre des séances de ciné pour sensibiliser les petits nenfants au désastre écolo à venir, et peut-être que grâce à cette prise de conscience globale - même en Chine ! - les méchants humains respecteront plus la gentille Terre.

Mon cul, oui. Quels que soient les mérites esthétiques du film, qui valent sans doute la consommation délirante des milliers d'heures de vol d'hélico (ça commence bien), je ne vois pas comment cette "prise de conscience" va donner autre chose que le mauvaise conscience, et encore un peu de grain à moudre pour les "anti" qui préparent un gros backlash anti écolo, et expliquent que le réchauffement climatique est un délire... Préparons nous aux discours type "ça suffit de faire chier là, j'ai envie d'une grosse voiture, d'une grande maison chauffée et de produits bien emballés et fabriqués ailleurs, et que pour ce que ça changera vu que les autres polluent encore plus", etc. Ou la version alternative spécial lutte des classes "le bio c'est pour les riches". Que de bonnes excuses.

La mauvaise conscience et la culpabilité ont leurs limites. La seule solution passe par des règles plus contraignantes, à coup de fiscalité écologique, de taxation du C02 ou des emballages non recyclables, d'interdiction de certains pesticides, etc. (désolé pour les copains de Tarnac, c'est aussi une extension du contrôle). Les jésuites façon "une peu de prise de conscience en plus ne peut pas faire de mal" se trompent probablement et nourrissent le backlash ; les leaders n'ont pas besoin de ce film pour savoir ce qu'ils doivent faire - et refusent de faire au nom de la croissance, et l'opinion publique n'aura quant à elle droit qu'à un peu plus de greenwashing pour apaiser sa culpabilité (cette boite de pop corn XXL était elle bien nécessaire ?)

La spirale capitaliste selon Jean Pierre Coffe

Je trouve que Jean-Pierre Coffe est une image séduisante de notre nouveau capitalisme. Il suffit de le voir s'afficher ainsi, avec ses lunettes ridicules, pour faire la pub de la bouffe industrielle de Leader Price sur le thème "c'est bon et c'est moins cher" pour comprendre que quelque chose ne va pas, qu'un cran supplémentaire a été passé.

Ce n'est pas un problème de "cohérence" entre le Coffe d'avant et le Coffe publicitaire. Il n'est pas non plus question de la qualité Leader Price, quelles que soient nos expériences avec leurs produits au dépouillement extrême, pas plus que d'une affaire de classe ("et alors, pourquoi pas défendre LP plutôt que les parfums Dior ?"). Il s'agit d'un problème de business : comment rester crédible sur la niche Coffe (bons produits frais achetés au marché) si on se retrouve enchaîné à LP ?

Vous allez me dire que vous vous en foutez de savoir à qui Coffe se vend, mais pas moi. Car l'essentiel, c'est qu'il se vende. A n'importe qui, probablement au plus offrant, alors qu'il n'a pas besoin d'argent. Ce type gagne des centaines de milliers d'euros par an, au bas mot, à force de cumuler cachetons et droits d'auteurs, et il lui faut encore plus ? Il doit du blé au fisc, il entretient une danseuse, il a un vice qui lui coute cher comme le jeu ? Peut-être, mais je ne le crois pas.

Ma théorie (donc) est qu'il continue à se vendre sans besoin, parce qu'il peut gagner plus sans faire d'effort supplémentaire (une photo en costume Coffe, c'est un coût marginal nul), parce que l'argent appelle l'argent, parce que la spirale enclenchée une première fois le conduit inexorablement à aller au bout de son capital d'image, de la même façon qu'on essayera toujours de faire suer le dernier euro d'un capital investi. Le tout au risque de tuer la poule aux oeufs d'or, puisqu'il menace son image, comme des actionnaires rapaces ou simplement suiveurs en demandent toujours plus sans trop se préoccuper de l'avenir des boites qu'ils ponctionnent.

Bref, Coffe est un révélateur. J'attends sa prochaine incarnation pour savoir jusqu'où le système ira.

Ignoble feuilleton

Il faudrait quand même se demander au nom de quel droit un drame peut être transformé en feuilleton à succès par les médias. Entre "l'avion ne répond plus", les "flammes" ou autres "tâches oranges" pour finir par les "débris d'avions repêchés", le tout pimenté d'une bonne dose de voyeurisme autour des "proches des victimes" puis nappé des commentaires de milliers de professeurs Tournesol qui spéculent sur la résistance d'un avion à la foudre, la coupe est franchement pleine.

Bien sûr, tout cela au nom de "l'information". Or d'information, il n'y en a pas, ou si peu : un avion est tombé, on ne sait pas pourquoi. Point. C'est un drame, c'est - forcément et affreusement - spectaculaire, mais comme on ne sait rien, ce n'est plus qu'un ignoble feuilleton complaisamment exploité en "heure par heure" par des médias maquereaux qui haranguent un peuple de voyeurs pervers.

Sans parler du pouvoir toujours prompt à ramener sa fraise devant les caméras, au nom d'une "compassion" bien putassière ; il serait même capable de pondre un projet de loi comme après chaque fait divers.