J'ai vraiment le sentiment qu'on fait tout à l'envers. Quoi de plus urgent en effet que de baisser les prix du restaurant ? Il fallait faire quelque chose pour le pauvre restaurateur qui, pris en tenaille entre les charges sociales et la TVA, n'avait pas tellement d'autre choix que de faire le plus de black possible. Heureusement c'est fini, et en plus tout cela ne coûte qu'un milliard d'euros : pourquoi s'emmerder ? Au train où file le déficit, on est vraiment plus à ça près.

Bref, on navigue une fois encore en plein foutage de gueule. Que cette vieille promesse démago de Chirac, reprise par l'homme du Fouquet's, puisse finalement trouver satisfaction à Bruxelles en dit long sur la dérive bureaucrato-populiste de l'Union européenne, qui dans le même temps n'a pas jugé utile - enfin, n'a pas trouvé d'accord - pour faire baisser la TVA sur les "produits verts". Ca sert à rien, ça ne va pas faire baisser les prix à la consommation, ni créer de l'emploi ? Alors c'est bon coco, vazy baisse la TVA, faut calmer les français, dix ans qu'ils nous emmerdent avec ce truc, et y'a qu'eux qui seront assez cons pour perdre des recettes sans contrepartie.

Parce que pas question que nos amis restaurateurs encaissent la marge sans rien dire, on va leur faire signer des accords sur l'emploi et les prix. Attention, hein, ils vont s'engager, et demain y'aura plus personne au noir dans nos cuisines ! Et on va enfin tout déclarer, promis ! Sans compter cette baisse de prix incroyable qui va faire revenir tous ces clients, c'est sûr.

Au fond, les gros bénéficiaires de l'affaire, outre les restaurants en difficulté qu'on pourrait très bien aider autrement (avec des réduction de TVA plafonnées, par exemple), vont être les concessionnaires audi ou mercedes : ça va être la fête aux intérieurs cuirs et aux options bling bling.