J'étais quand même surpris par la couverture plutôt positive de la grève générale en Guadeloupe. Pas de caricature, des portraits plutôt sympathique du leader Elie Domoté, une vision des enjeux proche de celle exprimée par le LKP - tout le monde était d'accord pour dénoncer la "pwofitayon", la "vie chère", les exploiteurs Békés, les monopoles. Mieux, au travers de la sociologie de bazar convoquée pour mieux comprendre les ressorts psychologique du peuple créole, on s'identifiait aux causes profondes du mal-être, et chacun allait de sa sentence, non c'est pas qu'un grève, c'est une histoire de fierté, c'est le racisme, les restes du colonialisme, tout ça.

Enfin, plus de souci. Depuis ce matin, sauf peut-être chez libé, on dénonce le "durcissement" du LKP. Pourtant rien n'a changé sur place, si ce n'est que Jégo est plus ou moins revenu sur ses premières promesses, et que la médiation molassone des autorités locales socialiste a été - comme chacun s'y attendait - rejetée. Et tout à coup, nos médias ont repris les rails qu'ils avaient étrangement quitté. Le LKP devient donc l'emblème du mouvement social maximaliste, jamais content, et en plus ils sont noirs, vous vous rendez compte, et peut-être qu'ils l'ont un peu cherché si c'est pas assez riche, non (bon je rajoute la fin, mais c'est un peu le sous-texte) ?

En tout cas le désordre est redevenu la chienlit, le blocage est à nouveau inacceptable, d'ailleurs les commerçants sont intimidés, et bientôt nous serons derrière les courageux gendarmes qui défendent les commerces qui refusent la règle mafieuse. Rien d'anormal d'ailleurs, l'étrangeté étant plutôt le courant de sympathie qui est passé quelques jours du côté de nos camarades guadeloupéens en lutte.