C'est assez facile d'être éditorialiste en ce moment, il suffit de déplorer la "catastrophe" et le "spectacle édifiant" du vote de vendredi au PS. Quand même Michèle Alliot Marie, entre deux conférences dédiées à la promotion de la mouvance "anarcho autonome" qu'elle a créé d'elle-même, se permet de donner des leçons d'organisation et de démocratie en prenant l'UMP comme exemple sans que personne ne lui rappelle comment elle s'est fait "démocratiquement" purger, on peut se consoler en disant que ça ne pourra pas s'aggraver.

Hélas, le bourrage des urnes est consubstantiel à toute opération électorale, n'est-ce-pas Jean Tibéri, mais cela ne se voit que quand les chiffres sont serrés. Ce qui énerve le clan Royal et toute la mafia socialiste du Sud aux ordres de Guerini et de Frèche, c'est d'avoir perdu à ce petit jeu qu'ils maîtrisent habituellement, et d'en être responsables puisqu'ils ont annoncé leur victoire trop tôt, déclenchant les opérations de dernière minute des baronnies fabiuso-aubristes.

Demander un nouveau vote sans avoir le commencement des moyens d'assurer la transparence, cela revient à espérer que la triche, forcément plus discrète, sera cette fois-ci favorable à Royal. Et imputer ce statu-quo floridien au "tout sauf Ségolène", c'est vraiment faire étalage de la pire mauvaise foi.

Le vrai problème n'est pas d'avoir quelques centaines de bulletins foireux, c'est de laisser les militants choisir entre la peste et le choléra, entre le reniement d'eux-mêmes au profit d'une "modernité" fantasque et floue, fonction des intuitions risquées de Royal, et la poursuite du même sous forme d'une nouvelle synthèse de la carpe et du lapin. Personne ne pouvait gagner, alors peu importe le résultat de ces élections-là.