Au spectacle de la campagne US
Par Guillermo, le lundi 1 septembre 2008 :: Politique :: #843 :: rss
Décidément la campagne américaine tient toutes ses promesses - jusqu'au retour diabolique de Katrina qui vient à point rappeler l'incurie bushienne. Heureusement que nos "entertainers" savent nous distraire de la triste actualité politique française : qui s'intéresse encore à l'université d'été de la Rochelle et au discours pavlovien de l'unité ?
D'abord, la convention démocrate : on nous prédisait une scission de l'aile Clinton, voire pour les plus excités un vote surprise contre Obama, et en tout cas le parti devait en sortir en lambeaux. Au contraire, la concession claire et nette des Clinton tout comme la qualité des discours ont donné l'image d'un parti démocrate enfin prêt pour le grand jour. On regardera avec profit le discours d'Hillary, celui de Bill Clinton (quel orateur !), ou encore la sortie surprise du gouverneur "farmer" du Montana.
Ensuite, que n'a-t-on pas entendu pendant la préparation du discours d'Obama ? Qu'il avait fait présomptueusement déplacer la convention dans un stade, risquant après coup d'alimenter le moulin républicain qui le moque en "célébrité" ; qu'il fallait qu'il arrête avec les grands principes et précise son projet de façon concrète, et surtout, que c'était le moment où les électeurs attendaient de le connaître "vraiment", et que jamais il n'y avait eu tant d'enjeux dans un seul discours. Et Obama a été à la hauteur, une fois encore. A chaque fois que ce type est au centre des attentions, qu'il est dans une passe délicate, il parvient à sortir par le haut ; et ce speech, suivi par 38 millions de spectateurs, a été salué par presque tous les commentateurs.
Là dessus, tandis qu'on s'attendait tranquillement à surveiller les sondages pour mesurer le "post-convention bounce", McCain déniche une femme, quasi inconnue qui plus est, exotique à sa manière puisqu'elle vient d'Alaska. C'est un pari délirant, qui montre bien que MCCain ne pouvait pas s'en sortir avec un choix traditionnel, et c'est un coup de maître pour l'instant (voir ce sondage !) puisqu'il lui permet de reprendre la main sur l'agenda (du moins, avant l'attaque de Gustav), tandis que les médias, totalement pris de court, se précipitent pour faire le portrait de Sarah Palin, son passé de miss Bled, son histoire de mère de famille qui a gardé un enfant trisomique et sa brève expérience de gouverneur d'Alaska.
Il faut voir comment elle va résister à la pression, mais McCain a déjà réussi à réveiller la base chrétienne réac qui constitue le socle du parti républicain, celle dont le taux de participation aux scrutins est le plus élevé. Reste à voir ce que penseront les indépendants et notamment les femmes, et si les démocrates arriveront à "définir" Palin, en rappelant le risque concernant l'avortement et en semant le doute sur sa capacité à remplacer au pied levé le vieux McCain s'il venait à défaillir.
Bref, une campagne passionnante, quelque peu flippante, mais c'est la condition du spectacle.
Commentaires
1. Le lundi 1 septembre 2008, par Garçon
2. Le lundi 1 septembre 2008, par Monsieur Poireau
3. Le lundi 1 septembre 2008, par Francois Groland
4. Le lundi 1 septembre 2008, par Guillermo
5. Le lundi 1 septembre 2008, par Corto
6. Le lundi 1 septembre 2008, par Garçon
7. Le mardi 2 septembre 2008, par cafeducommerce
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9. Le mardi 2 septembre 2008, par Zo2o
10. Le mercredi 3 septembre 2008, par Guillermo
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