Dérive pathétique de l'antisarkozysme
Par Guillermo, le mardi 1 juillet 2008 :: Politique :: #827 :: rss
On vous promet un "dérapage", un sarko qui "se lâche", un off saignant, avec des "menaces", le tout en pleine polémique sur l'indépendance des médias. C'est assurément très grave, alors on regarde... Et on se tape 6 minutes de réglage son sur France 3 pendant lesquelles le patron se plaint, à un moment, d'un technicien qui ne dit pas bonjour. Voila toute la transcription des propos terriblement off, puisque tenus devant plusieurs journalistes, une maquilleuse et un technicien :
«Quand on est invité, on a le droit que les gens vous disent bonjour quand même, ou on n’est pas dans le service public. On est chez les manifestants… C’est autre chose. C’est incroyable. Et grave.» (...) «Ça va changer...»
J'ai coupé le petit commentaire du journaliste, "le Président termine sa leçon, et se montre cette fois menaçant"... Parce que sans ça, que voit-on ? Un type qui ronchonne parce qu'on ne lui dit pas bonjour, et qui tient des propos de comptoir. Un peu de beauferie de droite, mêlant "mauvaise éducation" et "manifestants", une vague paranoïa qui sent la colère alimentée toute seule. Et à part ça, le sarkoshow habituel, les tics, le prétexte foireux ("elle est à l'heure, votre horloge" ?) pour jouer avec sa nouvelle montre ("la plus chère du magasin"). Bref, rien de neuf.
J'ai l'impression que la gauche, faute de pouvoir éveiller l'opinion, s'égare à chercher des preuves tangibles de la mainmise de Sarkozy sur l'audiovisuel ; alors une querelle idiote devient une menace, la promesse d'une mise au pas de la télé publique, et les habituels défenseurs de la liberté et autres soldats du web en font leurs choux gras. Polémique débile et surtout terriblement contre productive, puisqu'à tous les coups cette anecdote sera retournée pour montrer que, vraiment, on fait des mauvais procès à Sarkozy, qu'on s'acharne sur des paroles en l'air et qu'on diffuse des choses qui n'auraient pas du l'être.
Je veux bien que la situation soit frustrante, de voir l'écart entre l'impopularité flagrante du pouvoir - malgré tout le baume médiatique qu'on lui passe à profusion - et l'apathie face aux "réformes" ; mais en revenir toujours à l'homme, à ses travers plutôt qu'à sa politique qu'on est incapable d'analyser, c'est encore parler de lui et ça finit toujours par lui profiter.
Commentaires
1. Le mardi 1 juillet 2008, par Futur
2. Le mercredi 2 juillet 2008, par Guillermo
3. Le mercredi 2 juillet 2008, par Laukar
4. Le mercredi 2 juillet 2008, par Volodia Joukov
5. Le mercredi 2 juillet 2008, par Zo2o
6. Le mercredi 2 juillet 2008, par Paris
7. Le mercredi 2 juillet 2008, par authueil
8. Le mercredi 2 juillet 2008, par Rolling
9. Le mercredi 2 juillet 2008, par Alain
10. Le mercredi 2 juillet 2008, par Rébus
11. Le mercredi 2 juillet 2008, par Jilo
12. Le mercredi 2 juillet 2008, par Guillermo
13. Le mercredi 2 juillet 2008, par michèle
14. Le jeudi 3 juillet 2008, par Jilo
15. Le samedi 5 juillet 2008, par Merlin
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