Mariage annulé, gros cons et conséquences
Par Guillermo, le lundi 2 juin 2008 :: La vie moderne :: #808 :: rss
L'histoire est simple : un type fait de la virginité de sa promise une condition essentielle du mariage. Sa future femme ment de façon imprudente, sans aller au bout de la logique viciée de son futur mari qui aurait consisté à se faire restaurer l'hymen. Le mari s'en rend compte, considère que sa femme est soit une traînée, soit une menteuse, soit les deux, et la renvoie derechef chez son paternel.
Les maigres indices dont on dispose dans cette affaire convergent : le type est sans doute un gros con. Faire de la virginité une condition si essentielle qu'elle entraîne la fin d'une union qui devrait pourtant se fonder sur des critères amoureux, ou du moins d'entente, c'est absolument pathétique. A la réserve prêt du mensonge, car il n'est pas interdit de penser que c'est la trahison qui entraîne la rupture - même si l'honnêteté aurait rendu le mariage impossible : la jeune femme a sans doute pêché par excès de naïveté.
Il y a donc un probable gros con qui ne veut se marier qu'avec une vierge. Le reste n'est qu'une histoire de technique juridique, comme l'ont souligné nos amis juristes (Jules là et là et Eolas là, pour ceux que j'ai lu). Qu'aurait-on voulu, que le tribunal maintienne l'union de force ? Qu'il condamne le mari aux dépens (de quoi, d'ailleurs) pour lui faire abjurer son machisme ?
Ah mais attendez : le probable gros con est musulman. Et il y en a d'autres comme lui, qui donnent lieu à un petit commerce des hypocrisies, notamment chirurgicales ; et à tous les coups ces types exigent de leurs promises des conditions qu'ils ne jugent pas nécessaire de s'appliquer à eux-mêmes. A l'évidence, c'est une tradition misogyne, qui a d'ailleurs été la norme pendant fort longtemps ici même (quand les jeunes hommes se faisaient déniaiser par les bonnes ou dans les maisons closes), et, certes, la voir surnager aujourd'hui a quelque chose de révoltant.
Par contre, s'il avait été catholique et traditionaliste, comme il en existe encore quelques uns, notre potentiel gros con aurait sans doute déposé le même recours, obtenu le même jugement, mais personne n'en aurait parlé, ou si peu, et encore pour en rire, pensez donc ces tradis qui se privent de baiser avant le mariage, ils ne savent pas ce qu'ils ratent, ah ah ah ils feraient mieux de rester scouts toute leur vie, etc.
Mais les excentricités déplaisantes de quelques musulmans paraissent toujours susceptibles de contagion, comme si à chaque fois elles risquaient de constituer des règles concurrentes de nos lois, ou de nos habitudes ; cela justifie à l'avance l'intervention bienveillante de l'Etat et de ses satellites comme Mi Putes Mi Soumises (ah ah). C'est comme pour le foulard, si on ne fabrique pas un cordon sanitaire, les frères musulmans qui peuplent les banlieues auront vite fait de forcer les gentilles beurettes à se voiler la face.
Bien sûr que ces pressions existent, parfois. Et qu'elles peuvent aller jusqu'au crime d'honneur - fort rarement, mais dont on parle à chaque fois, puisque dans notre modèle apeuré, il préfigure la régression vers la barbarie tribale et communautariste. Alors il faut absolument intervenir, dénoncer les ayatollah et défendre au nom de l'intégration nos enfants d'immigrés pour être sûrr qu'ils ne soient pas victimes de la coutume.
Comme c'est louable, et comme souligner le machisme indiscutable de certains musulmans permet de nous rassurer à peu de frais sur notre progressisme de bon aloi, oubliant par exemple de souligner combien de femmes se font taper sur la gueule, vierges au mariage ou pas, par leurs chers conjoints, dans notre société tellement moderne : une sur dix, je crois ?
Donc, pour être clair sur ce sujet passionnel : un type qui veut que sa femme soit vierge pour en faire son épouse est un pauvre type ; que de telles exigences existent et que des familles les trouvent normales, c'est tout à fait choquant ; mais qu'on en fasse le prétexte pour protéger de façon paternaliste ces victimes toutes désignées de la libération sexuelle, c'est aller un peu loin.
Commentaires
1. Le lundi 2 juin 2008, par Kit
2. Le lundi 2 juin 2008, par Corto
3. Le lundi 2 juin 2008, par arbobo
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