A propos
radical chic

RG Blues

(Jacques) aimait le social, se rendre aux manifestations avec ses amis syndicalistes. La CGT passait par lui pour obtenir un rendez-vous en préfecture. "Moi, en dix ans de RG, je n'ai jamais fait une photo de manifestant, ce serait une hérésie, lâche-t-il. Mon outil, c'est le téléphone."

Pour lui, la disparition des RG, c'est la fin d'une époque. "Un métier va disparaître. On s'intéressait au malaise des classes moyennes, on recueillait les discussions de comptoir. On se demande si le pouvoir ne veut pas se débarrasser de quelque chose..."

Il est clair que le journaliste en rajoute sur cette coupure entre les RG de papa - les "trads" , qui se font à bouffer dans leur bureau, lisent les quotidiens régionaux et bavardent avec les syndicalistes, et les "opérationnels" qui planquent les 15 salafistes de Lot-et-Garonne. On a l'impression d'un traitement à la Bienvenue chez les chtis, tradition cassoulet et bonne bavette contre les nouveaux flics à la Robocop ; on pourrait directement pondre un film de Claude Berry Zidi rien qu'avec cet article, par ailleurs assez agréable à lire.

A part ça, malgré ce parfum de corporatisme, je veux bien croire la thèse de Jacques, le Yoda des RG : le pouvoir se fout du "renseignement de proximité". Du point de vue des libertés publiques, c'est pas plus mal ; un de mes amis avait réussi, en stage en préfecture, à voir les fiches des RG sur son village breton, et était étonné de tout y retrouver, rumeurs comprises. Mais du point de vue de l'appareil d'Etat, on peut argumenter que cette réforme reflète un certain mépris pour l'opinion des concitoyens, comme si les sondages et la presse suffisaient à connaître et à prévenir les mouvements d'humeur et les troubles.

Au fond, je n'arrive pas à savoir si les bonnes relations entre l'Etat et la CGT sont le signe d'un régime paternaliste et vaguement policier, ou si au contraire cela montre que les différents corps de la société peuvent dialoguer sans problème, au lieu d'une police en confrontation permanente avec ceux qu'elle doit surveiller.

Le moral des ménages

Curieux ce terme de "moral des ménages" pour résumer ce que l'Insee intitule "Enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages" ; on ne sait pas comment ces questions économiques - situation financière personnelle, épargne ou niveau de vie - destinées à prédire l'évolution de la consommation, se sont vues affublées de ce raccourci de "moral".

Il se trouve qu'on atteint des abîmes d'angoisse économique, l'indicateur étant au plus bas depuis 1987, rien que ça. La faute à qui ? Comme le dit l'ami Alexandre Delaigue, interviewé dans Libé, c'est politique : "Les croyants d’hier sont les déçus d’aujourd’hui. Le chef de l’Etat a tenu le discours religieux de la réforme, comme s’il était possible de faire des miracles en appliquant des réformes «nécessaires» avec «volonté». C’est devenu un culte du changement pour le changement, dans lequel on ne prend jamais la peine de se demander si ce qu’on fait sert à quelque chose". Soit.

Personnellement, le "moral des ménages" m'évoque surtout un bon livre d'Eric Reinhardt, la chronique d'une enfance pavillonnaire illustrée notamment de deux monologues remarquables, d'abord une charge contre la médiocrité de la classe moyenne puis - vingt ans après - une critique acerbe de l'intellectualisme éthéré, deux discours d'enfant à parent qui se répondent en miroir. Si le titre du livre fait référence au profil d'épargnante angoissée de la mère du narrateur, si la volonté d'arriver et la hantise du déclassement constituent les deux déterminants principaux des personnages de Reinhardt (qui s'en trouve assez bourdivin, sur ce coup là), il n'y a pas que les facteurs économiques qui fasse plonger le moral familial.

Pourtant, aujourd'hui, on ne parle que de ça, de l'économique, du pouvoir d'achat, du chômage ; l'époque est incapable d'analyser plus avant l'angoisse diffuse qu'elle fabrique pourtant, comme toutes les époques d'ailleurs. Tout l'espace du discours est empli d'une sorte de matérialisme mainstream qui ignore absolument la question première, savoir ce qu'on fout là et à quoi bon tout ça. Comme si l'économique, les questions de statut, de classement, les stratégies d'ascension ou l'angoisse de la marginalisation, et au niveau du pays un vague état d'esprit d'expansion ou de déclin, pouvait non pas tout résumer, mais constituer tout ce dont il est acceptable de parler. Le reste, c'est une affaire privée, rejetée dans les marges de la psychanalyse et de la religion, ou plus rarement de l'art ou de la philosophie.

Remède de cheval

Un article assez cruel du Monde raconte les banlieues de la Rochelle subissant l'essence chère. Le ton est quelque peu sarcastique, comme si l'auteur se réjouissait un rien de cette sortie par la force du "tout-bagnole". D'où un point de vue qui traduit la réelle détresse de professionnels acculés, comme cette infirmière payée 5 euros, déplacement compris, pour une piqure, tout en soulignant nos agréables habitudes - ces patients qui ne déplacent plus (des vieux ?) - dont il va bien falloir se passer.

C'est cruel, car le règne de l'essence chère signe la fin de notre confort bagnolisé, et qu'en attendant que l'aménagement du territoire suive, ce sont les plus pauvres qui ont le choix entre remplir leur réservoir ou bouffer. Evidemment l'affaire se termine par l'habituelle touche optimiste, "intermodalité", co-voiturage et renouveau du train, mais tout cela ne fait pas le poids.

Et pour cause. Ce dont rêvaient les écologistes depuis des lustres a fini par arriver ; mais ce n'est pas la taxe carbone, c'est la spéculation sur le brut qui l'emporte. Ce n'est pas de l'argent qu'on aurait pu investir pour préparer l'après-bagnole, c'est une subvention au bénéfice de l'Iran, de la Russie et de l'Arabie Saoudite, les riantes démocraties. Et là où la transition aurait pu se faire progressivement, la brutalité du marché va surement forcer l'Etat à indemniser les professionnels, ou à baisser la TIPP, signalant ainsi aux pétrocraties qu'elles peuvent laisser les tuyaux s'encrasser et aux compagnies pétrolières de ne pas se presser pour augmenter leur capacité de raffinage. Vous avez dit 200 dollars ?

Pourtant, il faut noter qu'on ne part pas de zéro, et que la TIPP a quand même forcé à la modération (et aidé le diesel qui pue, mais c'est une autre histoire). Sans elle, nous aurions assisté à la multiplication des "trucks" comme chez les ricains, puis à un ajustement autrement plus brutal que nos 50% d'inflation à la pompe. Bref, ce que les écologistes réclamaient, ce que Sarkozy a d'ailleurs promis au père Hulot, était absolument fondé, comme le prouve la correction des comportements. Seul le remède de cheval marche : pas de grands discours, pas de culpabilisation, pas de bobos-contre-les-vrais-français-qu'on-pas-l'choix, le portefeuille ou rien.

4,3 millions de propagande lourde

Tiens, 4,3 millions d'euros flambés pour des spots pourris vantant les dispositions du "paquet fiscal" de sinistre mémoire ; et pourquoi se gêner, hein ? Le gouvernement travaille pour les français mais ces gros cons ne comprennent pas, alors on leur fait de la pédagogie :

«Nous avons pris depuis un an beaucoup de mesures, certaines assez techniques et complexes, et toutes nécessitent d'être expliquées pour être comprises et intégrées par nos concitoyens», a justifié le Premier ministre en présentant l'opération au Service d'information du gouvernement (SIG).

et allez une cuillère de réduction des heures sup, et une autre sur le travail étudiant défiscalisé, et une bouchée d'emprunts immobiliers, et une de bouclier fiscal et de réduction de l'impôt sur les successions... ah non pardon les deux dernières n'y sont pas, sans doutes pas assez techniques et complexes ? Bref, c'est le deuxième round de la fameuse loi TEPA, coûtant 15 milliards en rythme annuel et dont il serait étonnant qu'un seul français, fusse-t-il le plus reclus, puisse en ignorer quoi que ce soit après l'infâme battage médiatique qui a pourri l'été dernier.

Ce qui est drôle également, c'est la tonalité martiale de l'affaire, "c'est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d'achat", sous entendant que le gouvernement souffre avec nous mais refuse des mesures rapides (style augmentation de la prime pour l'emploi - qui bénéficie à ceux qui ne travaillent pas d'après le comique Dassault...) pour mieux sentir le goût de la sueur des braves travailleurs mobilisés pour gagner plus. D'ailleurs quand on lit le texte du site web, "Vous êtes impatients d’augmenter votre pouvoir d’achat ? Vous souhaitez bénéficier davantage des résultats de votre travail ?..." on s'attend presque à ce que cette litanie se termine par un grand "NOUS AUSSI !", éventuellement assorti d'un Sarkozy tenant triomphalement sa nouvelle feuille de paye à +172%.

Bref, espérons que cette plaisante dépense puisse être renvoyée à la gueule du gouvernement, parce que rarement l'inadéquation entre les discours et les faits n'aura été si flagrante. Mais ce n'est pas gagné : tiens, est-ce que les télévisions vont préciser le coût du plan média, elles qui bénéficient directement de cet investissement publicitaire ?


J'en parle avec un certain retard mais je tiens à dire que MOI AUSSI je trouve ça pathétique, cette pauvre interview de Libé packagée avec "le regard de Carla sur..." et la critique de son disque. Tiens je m'en suis aperçu trop tard, sinon je suis tellement rebelle que je n'aurais pas acheté libé ce samedi, et j'aurais évité de payer pour 5 pages que je n'ai pas lues. Et puis comme ça faisait longtemps que j'avais pas eu l'occasion de dire du mal de libé, j'en profite : vous êtes des vendus, c'est dégueulasse, vous le faites exprès pour vendre plus de journaux, comme si c'était important. Reste que je ne sais pas à qui il faut s'en prendre, à ce vendeur de tapis de Joffrin qui serait prêt à mettre Sarko et sa poule en couverture tous les jours pour imprimer dix numéros de plus, ou à ces lecteurs qui ont envie d'acheter le journal parce qu'ils sont intrigués par ce portrait zombie-esque de la chanteuse ?

Le retour de la propagande light

A part l'essence, le pouvoir d'achat, Carla B.-S. et son impact sur la cote de qui on sait, il n'y a en plus que pour ça : cette injustice, ce martyr et l'irruption scandaleuse du pouvoir dans la sphère pourtant libre des médias, j'ai nommé la chute de PPD(A), dans chaque épisode depuis l'Annonciation de Roland-Garros jusqu'au couronnement de la reine cruelle est vu, revu, disséqué et commenté par la suite infinie des magazines télés et pipoles.

Au début je m'en foutais royal, mais c'était avant de voir les couvertures, l'autre jour à la gare. Deux des ingrédients les plus efficaces de la presse populaire en un seul endroit, le people et le programme télé, comme ça fait mal, quel spectacle que ces rangées d'images granuleuses et sur-colorées, homme chauve et femme blonde, l'une ou l'autre en médaillon selon que le rédac' chef a voulu faire pleurer ou donner envie.

Bon, comme tous les anti-sarkos fatigués, je n'ai même plus envie de savoir si notre parrain a réellement comploté pour dégager l'homme-tronc, ou s'il s'est - plus probablement - contenté d'apposer son imprimatur au recrutement de la petite nouvelle. Mais force est de constater que cette décision, anodine pour les acrimédiens qui continueront à dénoncer information spectacle et mainmise du capital, a quelque chose de vitale pour la France.

Avec PPDA, dont on lira le bon portrait par libé ici, c'était l'information sérieuse, la messe en latin, le bréviaire du pater familias : fausse interview mais pas de mélange des genres. Avec Ferrari, on vogue vers la propagande light, l'impertinence puis la légèreté et le rythme pour tout faire avaler. Alors je m'étonne qu'on fasse d'elle une journaliste objective, et je crois que Sarkozy a raison de compter sur cette apparence d'indépendance style "je pose les questions qui dérangent" pour mieux passer son message du jour, ton complice et regard sincère en sus.

Hadopi et immigration, mêmes logiques, mêmes échecs ?

Le débat sur le téléchargement est amusant ; il oppose le plus souvent deux visions caricaturales et inconciliables, ceux qui voudraient que la musique soit gratuite ou que l'accès à l'ensemble des oeuvres passe par un forfait réduisant considérablement les revenus de l'industrie du disque, et en face d'eux l'industrie et ses artistes proéminents qui refusent toute remise en cause d'un système moribond et qui continuent à associer téléchargement et vol, comme s'il s'agissait de biens physiques limités.

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas particulièrement affolé à l'idée qu'on puisse couper l'accès d'un internaute qui télécharge trop. Même, cette façon d'ériger une ligne Maginot pour défendre nos artistes du grand méchant web me fait rire, comme si le gros bouzin qui allait être mis en place allait produire autre chose qu'un vague effet dissuasif où certains pris au hasard payeront pour la majorité des "pirates".

En fait, cette politique de la digue incertaine, amusante au regard des enjeux, ressemble à s'y méprendre à la politique autrement plus tragique de lutte contre l'immigration clandestine. Dans les deux cas, une même vague de fond, produite par des enjeux qui dépassent très largement notre petit cadre national ; un "problème" qui n'en est un qu'à force du nombre, chaque comportement individuel comportant en lui même des effets bénéfiques (plus de culture, plus de main d'oeuvre), et finalement des réponses liberticides et lacunaires.

Bien sûr, pas de commune mesure entre la surveillance de millions d'IP et la machine policière qui traque les sans-papiers, qui hérisse des barrières électrifiées aux portes de l'Europe et qui voudrait s'autoriser (comme j'ai cru le comprendre via notre ami Morales) 18 mois de rétention administrative pour la seule infraction de séjour irrégulier. Mais ces politiques sont toutes deux vouées à l'échec, ce que le pouvoir n'avouera jamais, et ne servent au mieux qu'à réguler à la marge un phénomène qui dépasse les autorités. Comme je l'écrivais il y a un bout de temps à propos de l'immigration :

"Chose affreuse : le compromis actuel , qui ne dit pas son nom, tient presque debout : il consiste à pénaliser les passages, à faire vivre les clandestins dans la peur, et de facto à les accepter pour peu qu'ils aient tenu la distance. Alors faut-il régulariser ? Je ne vois pas d'autres possibilités."

En effet, dans les deux cas il n'y a pas d'autre solution que la régularisation, mais l'objectif est de rouler des mécaniques et surtout de gagner du temps.

Heureux référendum

On nous abreuve de commentaires sur Jouyet dans la mouise, Sarkozy et sa PFUE qui commence mal, et autre "comment sauver l'Europe" ou plus exactement "comment faire comme si de rien n'était vu qu'ils représentent 1% des habitants". Depuis 3 jours, narcissisme oblige, le "non" est traité comme un vulgaire fait divers, qui ne saurait affecter la course glorieuse de nos institutions.

Par contre, ne cherchez pas à comprendre les motivations des Irlandais, hein : ils ont rien compris au texte (ha ha l'argument de l'avortement, utilisé dans le sens contraire de celui de 1995, quels blaireaux), ils n'aiment plus l'Europe après s'être bien goinfrés (les égoïstes, pas comme nous avec la PAC tiens) et puis allez c'est le peuple (stupide mais plein de bon sens) contre les élites. Fermez le ban.

Bref, le traitement méprisant réservé aux citoyens irlandais, forcément pas instruits, n'ayant rien compris, etc. rappelle quelque chose. Je veux bien que ce texte soit difficilement compréhensible, et que ses enjeux soient caricaturés, mais cela ne justifiera jamais qu'on court-circuite le peuple lorsque cela engage la souveraineté nationale.

Idéalement, l'alternative n'était pas de réserver au parlement un texte par nature complexe, mais de faire un véritable traité simplifié qu'on puisse soumettre au scrutin populaire. Or ce n'était pas le cas, et il fallait encore se bouffer la reprise compilée de tous les traités précédents et des annexes ; il donc est naturel que les électeurs, à qui on présente un enjeu trop technique résumé à une question de confiance, se méfient.

Au fond, les irlandais ont très bien compris la question : faut-il continuer ainsi à déléguer à une technocratie efficace mais lointaine une Europe construite sur la règlementation de la taille standard des concombres, ou dire que ça suffit ? Bien sûr, on trouvera toujours des motivations peu glorieuses, des pulsions souverainistes ou droitières, mais en l'absence d'une valeur européenne positive il est naturel que ces pulsions aient libre court. On aura beau rappeler que l'Irlande en a bien profité, et que les aspects fondamentaux du projet européen, comme la paix entre les peuples sont des progrès extraordinaires à l'échelle de l'histoire, mais on ne peut ainsi se reposer sur un acquis que le vote négatif ne remet d'ailleurs nullement en cause.

Heureux référendum qui empêche donc les partisans du TCE de revenir par la fenêtre après la condamnation sans appel du double vote franco-néerlandais. Il aura fallu cet échec pour qu'on comprenne - pour que tous comprennent - que le traité simplifié n'était pas simplifié, et le principe de sa "simplification" même était discutable. Tant pis pour le fonctionnement actuel des institutions (d'ailleurs pas si défavorable à l'Irlande...), tellement décrié : refuser un texte n'impose pas, que je sache, de proposer une alternative. C'est le rôle de nos gouvernements et de la commission, qui feraient bien de s'associer un peu plus aux citoyens dans leurs travaux préparatoires.

Citation du samedi

Je trouve Pierre Marcelle très en forme ; c'est toujours un plaisir que de trouver le mot juste dans le bavardage ambiant, surtout concernant ce "silence" aussi prévu que calculé, et tellement rebattu :

Il se tait

A considérer les lieux où s’énonce l’information, c’est une étrange angoisse qui étreint de n’y plus trouver tout à fait toujours et partout la trace scintillante du président tout, ce fil rouge d’une constitution déglinguée. Avant la mise en œuvre de sa stratégie de «reconquête de l’opinion», il n’était pas de matin qu’on ne se levât bon pied, bonne plume à la perspective de l’entendre énoncer encore une menterie éhontée, une initiative échevelée, une saillie plaquée or, dans l’exhibition de son dantesque et dentu bras de fer avec le réel, qui résistait. Quand le «moi-je» de Nicolas Sarkozy structurait, son relatif silence désormais délègue. D’autres voix, dont - hormis celles de ce «G7» concassant Matignon - on perçoit mal ce qui les autorise, installent dans le paysage d’incertaines perspectives. Bertrand y orchestre la liquidation du code du travail tout comme Copé celle du service public audiovisuel. En ce brouillage, l’opposition (quelle opposition ?) politique et syndicale court comme un canard sans tête et déjà plumé. Elle ne «comprend pas» les modalités de démantèlement des 35 heures, et s’asphyxie à pleurnicher dans des bacs à sable.

Ainsi, abasourdi, la découvrit-on mardi partie en croisade contre l’éviction de Patrick Poivre de TF1…

A lire, évidemment.

vendredi 13

Je suis vraiment coupé des vraies gens ; la preuve, il ne m'est même pas venu à l'idée d'enrichir la Française des jeux (et l'Etat, indirectement) en investissant quelques euros perdus d'avant because vendredi 13.

« Moi, si je deviens millionnaire, j'arrête de bosser, enchaîne Jocelyne sa copine, je m'offre un tour du monde, je fais une orgie de vêtements et j'investis dans la pierre. »

Moi, je me dis que si je devais jouer, j'éviterais le jour où tout le monde s'y met, histoire de ne pas voir mes gains improbables certainement divisés par le grand nombre de joueurs. Pire, je ne cherche même plus à faire style "oh j'sais bien qu'j'ai aucune chance mais on peut rêver quand même". J'y crois plus.

Comme tout le monde je me suis demandé ce que je ferais si j'étais riche, d'ailleurs pas besoin de jouer pour ça, mais au bout de quelques temps ça m'a plus déprimé qu'autre chose, de sentir ces perspectives de glande infinie et d'hôtels de luxe si concrètes et pourtant hors d'atteinte.

Curieux comme le "rêve" d'une vie plus facile ne dégoûte pas plus de celle-ci ; ceux qui ce soir auront perdus ne se plaindront pas, ils diront "bah ça fait du bien de rêver", et ils accepteront leur sort, notre sort, avec philosophie. A moins que pour se venger de cette injustice, ils se décident à voter non ?

Irlande et nonisme

Alors comme ça les Irlandais, qui sont les rois de la concurrence fiscale et des délocalisations de services, qui ont profité de l'Europe comme personne, pourraient refuser de signer le "mini-traité" ? Malgré une campagne de qualité qui argumente intelligemment et fait appel à la responsabilité citoyenne ? Mais quels enfants gâtés ! C'est vraiment un scandale.

Bref. J'en suis arrivé à un point de désintérêt terrible pour ces questions, malgré la pfuuuh (PFUE, pardon), mais cela n'empêche pas d'être attristé quand je vois l'Europe réduite à des réflexes clientélistes pour se vendre, sans le moindre idéal, sans la moindre dimension autre que des débats à la cons sur les quotas de pêche ; cela rappelle l'assez minable marchandage polonais, auquel ont cédé les 15 de l'époque pour on ne sait quelle raison.

Conséquence sans doute logique de la dégradation des enjeux, même le clientélisme ne paye plus face à la défiance envers la bureaucratie bruxelloise. Que ce soit une inquiétude sur le libéralisme structurel de l'Union ou la volonté plus ou moins avouée de tirer la couverture à soi, la logique de l'intérêt particulier, tant pour mon pays, tant pour mes pêcheurs, etc. finit par se retourner contre elle-même, puisque l'Europe ne donne jamais assez.

Enfin, ces processus de ratification sont absolument pathétiques. On n'a même pas la force de faire voter le même traité par tout le monde en même temps, ce qui aurait une autre gueule et permettrait d'échapper aux calculs locaux qui se planquent derrière les souverainetés nationale et les différentes constitutions. D'un pays à l'autre, on fait un référendum ou pas, chacun dans son coin ; si le référendum échoue on nous repackage la bête et on fait adopter ça discrètement par le parlement, sous des prétextes techniques à peine acceptables (rien de pire que le traité de Nice, merci Jospin et Chirac), parce qu'on n'ose plus aborder de front le manque de légitimité de l'UE.

Comme par hasard, rien d'autre n'est possible, ni une Europe plus équilibrée dans la défense des droits sociaux, ni la relance d'un projet politique proprement dit qui ne se heurte pas à une harmonisation technique qui oublie les citoyens.

Obama (suite)

Comme le dit Smith en commentaire, si Obama n'était pas Noir (ou métis, mais comme le dit un autre commentateur, en ce cas là c'est toujours la même couleur qui prime...), il aurait sans doute beaucoup, beaucoup plus d'avance dans les sondages. Pour alimenter ce contrepoint, un extrait que je n'avais pas vraiment lu dans The Fall of Conservatism, un article décidément passionnant, et bien utile vu que j'ai pas le temps d'écrire ces jours-ci :

“Obama is considered an élitist.” He added, “There’s a racial component, obviously, to it. Thousands of people won’t publicly say it, but they won’t vote for a black man—on both sides, Democrat and Republican. It won’t show up in the polls, because they won’t admit it. The elephant’s in the room, but nobody will say it. Sad to say it, but it’s true.”

Later, I spoke with half a dozen men eating lunch at the Pigeon Roost Dairy Bar outside town, and none of them had any trouble saying it. They announced their refusal to vote for a black man, without hesitation or apology. “He’s a Muslim, isn’t he?” an aging mine electrician asked. “I won’t vote for a colored man. He’ll put too many coloreds in jobs. Colored are O.K.—they’ve done well, good for them, look where they came from. But radical coloreds, no—like that Farrakhan, or that senator from New York, Rangel. There’d be riots in the streets, like the sixties.”

No speech, on race or élitism or anything else, would move them. Here was one part of the white working class—maybe not representative, but at least significant—and in an Obama-McCain race they would never be the swing vote. It is a brutal fact, and Obama probably shouldn’t even mention it.

Il n'empêche que ceux qui s'expriment ainsi étaient de toute façon acquis aux républicains, faisant partie de ces "southern democrats" perdus par le parti, sauf lors de la réélection de Clinton et lors d'élections locales. Obama pourra-t-il gagner sans eux ? Sans doute, s'ils s'abstiennent plutôt que de voter McCain. C'est pas gagné.

Et en même temps, il y aurait quelque chose de la prophétie autoréalisatrice ; si progressivement les médias donnent la voix à des types qui expriment tranquillement leur racisme, ou leur défiance, ils vont fabriquer puis justifier cette défiance, et la communiquer. Partir du principe qu'un Noir a perdu d'avance, c'est rendre actif le stéréotype. C'est ça qui me dérange dans cette version un peu cynique de la politique - et même si l'extrait cité plus haut représente sans aucun doute ce qui se passe sur le terrain. Le positionnement un peu mystique d'Obama est à ce prix, puisqu'au fond il joue également sur une autre dimension du racisme, style "j'aime pas les noirs mais lui c'est pas pareil" ou "j'ai aussi des amis noirs..."

Trois raisons pour Obama

Premières discussions ce week-end à propos de la campagne présidentielle américaine, et premiers pronostics Obama / McCain. J'ai l'impression qu'en réponse à l'excitation médiatique façon "Obama mania" beaucoup se crispent, prennent le contre pied et refusent de croire à la victoire d'Obama. Les arguments échangés vont dans tous les sens; ceux de McCain sont excellents, comme on le voit dans cette présentation (merci Versac) mais histoire de plaider pour le changement, je vois trois points encourageants :

1/ la capacité à incarner une histoire, voire carrément le sens de l'histoire. Alors que McCain est trop vieux et piètre orateur, Obama fait rêver ; c'est la base de la politique, surtout dans un pays inspiré de culture pastorale et d'un certain messianisme. Je me demande même si la base évangélique ne va pas incliner favorablement vers Obama, quitte à choisir entre deux candidats qui ne lui conviennent pas. C'est bien mieux que de simplement jouer les pères protecteurs comme le propose Mc Cain, ce qui le limite dans une position défensive et risque d'en faire l'héritier malgré lui du bushisme - alors qu'il n'a rien à voir avec Bush, y compris sur la guerre en Irak.

2/ La question raciale n'est peut-être pas si importante. Ceux qui ne croient pas en Obama rappellent comme une mantra qu'un Noir ne peut pas gagner ; c'était le message très clair de Clinton, qui a en effet conquis les petits blancs et les latinos, ceux dont chacun convient qu'ils seront les plus durs à mobiliser pour Obama. Cependant c'est oublier que ceux là - classes pops et surtout latinos sont ceux qui votent le moins, que les petits blancs sont de toute façon déjà acquis aux conservateurs, comme dans le sud, et que ces électeurs vont également se prononcer sur les questions économiques - et notamment l'assurance santé - ainsi que sur l'Irak. Cette vision fait aussi oublier la capacité de réconciliation, voire de dépassement des contradictions, d'Obama, ce qui peut répondre finement au subconscient raciste américain plutôt que de la braquer par du politiquement correct mal placé.

3/ La fin du conservatisme ? une thèse voit dans l'affaissement de Bush la fin d'un cycle populiste engagé par Nixon en 1966, "en utilisant la colère, les peurs et le ressentiment engendrés par le chaos culturel des années 60". Ce cycle serait terminé, parce que la culture du ressentiment anti - 60's (ça ne rappelle personne ?) tourne à vide et surtout parce que les enjeux les plus récents - stagnation salariale, santé, réchauffement climatique - ne peuvent s'y inscrire. Certes, McCain lui-même n'appartient pas à cette clique, mais le GOP s'appuie encore beaucoup sur elle.

Voila au moins trois raisons, et pas des moindres, pour croire aux chances d'Obama. Il reste des millions de choses à prendre en compte, évidememnt : va-t-il être crédible en "commander in chief" pour sortir en douceur de l'impérialisme de Bush ? Va-t-il être plus précis sur les questions quotidiennes comme l'essence et le chômage ? Quid de sa machine électorale, parfaite pour les primaires mais peut-être trop "activiste" pour les élections générales ? De quoi nous occuper et profiter du show, comme tous les quatre ans.

Storytelling

Il parait que Sarko remonte dans les sondages : comme l'histoire de sa chute a fini par lasser, il fallait bien raconter autre chose, par exemple parler de sa nouvelle femme qui est tellement bien, et d'ailleurs elle écrit un bouquin, et... etc. La "remontée" n'a pas grand chose à voir avec des anticipations moroses (pouvoir d'achat / essence) qui font d'ailleurs oublier d'autres indicateurs plus favorables (croissance pas si nulle ou baisse du chômage), mais tient à peu près uniquement en la mise en scène choisie par le pouvoir, achetée par les médias, et jusqu'au moment où elle s'auto-alimentera, la vague de "remontée" devenant sa propre histoire et inaugurant un momentum favorable.

C'est bien ce qu'on a vu aux USA : dans le camp démocrate, une baston sans merci, remportée par le challenger et constellée de récits, notamment du "come back" : Obama gagne en Iowa mais Clinton revient en force, etc ; les enjeux de fond comme l'assurance santé pour tous ne servant que de prétextes à l'affrontement entre l'homme et la femme, le métis et la WASP, le chouchou des classes moyennes "liberal" versus la championne de la working class, et bien sûr, le changement contre l'expérience. A chaque moment clé de la bataille, la question était celle du momentum : est ce que l'histoire du pasteur fanatisé d'Obama allait le plomber, et ouvrir un cycle de doutes ? Est ce que les victoires surprises de l'une ou de l'autre allaient signifier un retournement de tendance ?

Ce n'est donc pas tant la réduction de la politique à des personnalités que la réduction à la capacité de raconter une histoire, et de transformer les éléments en narration. Cette thèse du storytelling n'est pas nouvelle, mais elle n'a jamais été aussi forte.

En face d'Obama, Mc Cain a eu sa propre histoire de revenant, de remontée surprise, du type auquel on ne croyait plus et qui faisait campagne seul dans son coin, jusqu'à ce qu'il profite bien, finalement, de la nullité des autres ou de leur trop forte segmentation (Huckabee le créationniste fou, par exemple). A un moment on ne parlait que de lui, au moins aux USA, et certains cyniques de la blogosphère prévoyaient déjà son élection - c'est tellement agréable d'avoir raison en pleine obama-mania.

Pour moi, et pour en rajouter aux analyses savantes de Versac, tout va se jouer deux - trois semaines avant, au moment où - probablement - les courbes narratives de chacun se croiseront une dernière fois. Si Obama est donné gagnant tout du long et que Mc Cain fait un come back miraculeux, il peut gagner. Si les stratèges du parti républicain arrivent à persuader la base conservatrice / évangélique que, bien que Mc Cain n'est pas des leurs, Obama est carrément l'incarnation du diable, ils ont gagné. C'est assez flippant - et je crains une histoire identique en France en 2012, où après 4 ans de yoyo et deux ou trois "j'ai changé" le sarko ne referait le coup du retour de flamme.

Dernière précision, j'ai été un peu rapide et injuste en comparant Obama à Royal ; si comme elle il mobilise les foules sur sa personne et sur la mise en scène de ses histoires plus que sur son projet, il aussi bon orateur qu'elle ne l'était pas, et surtout, face à des difficultés d'une autre ampleur que les chatouilles médiatiques anti Royal, il a su faire front superbement, avec un discours impressionnant sur "les races" comme ils disent là bas. Ne pas céder sous la pression et sortir par le haut de cette façon (et même si on peut spéculer à l'infini sur l'impact de ce disours sur la working class, par ex), c'est de la grande politique.

Saturés de pub, jusqu'où ?

Fin de la pub sur les chaînes publiques, et double dose dans le privé. Pourquoi pas, après tout ? Il y a dans cette évolution le charme des logiques poussées à bout. Allez y, enfournez, grattez 3 minutes de plus par heure, changez les modes de calcul pour mieux cogner aux heures stratégiques, rajoutez une autre coupure pour laisser les gens retourner pisser...

Jusqu'où ira-t-on ? Pourquoi pas des coupures de pub pendant les infos, ou toutes les dix minutes comme aux Etats-Unis, quatre, cinq ou six fois par film ? Et perdu pour perdu, autant aller à fond, et en finir une fois pour toute avec l'encadrement. Bien sûr, les chaînes publiques vont se retrouver sous financées, bien sûr il y aura des conséquences sur les autres secteurs qui verront leurs annonceurs se détourner pour mieux arroser la télé, mais l'enjeu est sans doute plus large.

Il y a d'abord cette obsession de casser toutes les régulations, à l'instar de la multiplication des hypers et des hard-discount qui, avant de briser les cartels sur les prix, vont surtout pourrir des entrées de villes déjà inaccessibles à cause du prix de l'essence. A croire que la multiplication de la merde vaut bénéfice.

Puis il y a la question du public : jusqu'à quel point les gens vont accepter d'être serviles et de rester avachis devant des programmes toujours plus nuls et toujours plus en plus morcelés, pour se retaper quatre fois dans la soirée la même pub ? Surtout si on peut se balader tranquillement sur des chaînes sans pub.

Enfin, l'un des aspects intéressant de l'expérience, c'est qu'elle viendra peut-être contrarier cette impression fallacieuse de gratuité : si je bouffe 10 minutes de conneries sponsorisées par heure (calendaire), c'est peut-être que je paye cher ma dose de Julien Courbet ?

Valeur travail (II)

Pour expliquer sa concentration retrouvée, Monfils a ajouté gravement : "J'évolue dans ma vie d'homme." Exemple ? "Au lieu de jouer à la PlayStation 5 heures d'affilée, je n'y joue plus que 4 h 30, dit-il. La concentration vient avec le travail. Avant, au bout d'un quart d'heure, je n'écoutais plus ce que me disait Thierry (Champion, son entraîneur). Là, j'arrive à tenir 20 minutes, et sur le terrain (en match) ça m'aide."

A ce compte-là, on peut gager que sa marge de progression est encore considérable.

Soit Gaël Monfils se fout "grave" de la gueule de la journaliste du Monde, soit il aurait bien besoin de s'inscrire au master Lagardère de Descoing. En tous les cas, la conclusion vaut.

Mariage annulé, gros cons et conséquences

L'histoire est simple : un type fait de la virginité de sa promise une condition essentielle du mariage. Sa future femme ment de façon imprudente, sans aller au bout de la logique viciée de son futur mari qui aurait consisté à se faire restaurer l'hymen. Le mari s'en rend compte, considère que sa femme est soit une traînée, soit une menteuse, soit les deux, et la renvoie derechef chez son paternel.

Les maigres indices dont on dispose dans cette affaire convergent : le type est sans doute un gros con. Faire de la virginité une condition si essentielle qu'elle entraîne la fin d'une union qui devrait pourtant se fonder sur des critères amoureux, ou du moins d'entente, c'est absolument pathétique. A la réserve prêt du mensonge, car il n'est pas interdit de penser que c'est la trahison qui entraîne la rupture - même si l'honnêteté aurait rendu le mariage impossible : la jeune femme a sans doute pêché par excès de naïveté.

Il y a donc un probable gros con qui ne veut se marier qu'avec une vierge. Le reste n'est qu'une histoire de technique juridique, comme l'ont souligné nos amis juristes (Jules et et Eolas là, pour ceux que j'ai lu). Qu'aurait-on voulu, que le tribunal maintienne l'union de force ? Qu'il condamne le mari aux dépens (de quoi, d'ailleurs) pour lui faire abjurer son machisme ?

Ah mais attendez : le probable gros con est musulman. Et il y en a d'autres comme lui, qui donnent lieu à un petit commerce des hypocrisies, notamment chirurgicales ; et à tous les coups ces types exigent de leurs promises des conditions qu'ils ne jugent pas nécessaire de s'appliquer à eux-mêmes. A l'évidence, c'est une tradition misogyne, qui a d'ailleurs été la norme pendant fort longtemps ici même (quand les jeunes hommes se faisaient déniaiser par les bonnes ou dans les maisons closes), et, certes, la voir surnager aujourd'hui a quelque chose de révoltant.

Par contre, s'il avait été catholique et traditionaliste, comme il en existe encore quelques uns, notre potentiel gros con aurait sans doute déposé le même recours, obtenu le même jugement, mais personne n'en aurait parlé, ou si peu, et encore pour en rire, pensez donc ces tradis qui se privent de baiser avant le mariage, ils ne savent pas ce qu'ils ratent, ah ah ah ils feraient mieux de rester scouts toute leur vie, etc.

Mais les excentricités déplaisantes de quelques musulmans paraissent toujours susceptibles de contagion, comme si à chaque fois elles risquaient de constituer des règles concurrentes de nos lois, ou de nos habitudes ; cela justifie à l'avance l'intervention bienveillante de l'Etat et de ses satellites comme Mi Putes Mi Soumises (ah ah). C'est comme pour le foulard, si on ne fabrique pas un cordon sanitaire, les frères musulmans qui peuplent les banlieues auront vite fait de forcer les gentilles beurettes à se voiler la face.

Bien sûr que ces pressions existent, parfois. Et qu'elles peuvent aller jusqu'au crime d'honneur - fort rarement, mais dont on parle à chaque fois, puisque dans notre modèle apeuré, il préfigure la régression vers la barbarie tribale et communautariste. Alors il faut absolument intervenir, dénoncer les ayatollah et défendre au nom de l'intégration nos enfants d'immigrés pour être sûrr qu'ils ne soient pas victimes de la coutume.

Comme c'est louable, et comme souligner le machisme indiscutable de certains musulmans permet de nous rassurer à peu de frais sur notre progressisme de bon aloi, oubliant par exemple de souligner combien de femmes se font taper sur la gueule, vierges au mariage ou pas, par leurs chers conjoints, dans notre société tellement moderne : une sur dix, je crois ?

Donc, pour être clair sur ce sujet passionnel : un type qui veut que sa femme soit vierge pour en faire son épouse est un pauvre type ; que de telles exigences existent et que des familles les trouvent normales, c'est tout à fait choquant ; mais qu'on en fasse le prétexte pour protéger de façon paternaliste ces victimes toutes désignées de la libération sexuelle, c'est aller un peu loin.