Bravo France 2 et Ipsos, ça va être dur de trouver un sondage plus con : concernant le rythme des Réformes voulues par Nicolas Sarkozy, êtes-vous pour accélérer, garder le même rythme ou ralentir ? Lang et Dray, sur le plateau, ont eu raison de hurler, parce qu'à ce niveau de foutage de gueule il n'y a plus grand chose à faire. En effet, LES réformes, mais quelles réformes ? Celles qui cognent sur le voisin, j'imagine. Evidemment, ces imbécillités sont du pain béni pour les bureaucrates de l'UMP qui répètent le brief du soir, "les français trouvent qu'on ne va pas assez vite".

Ce raisonnement est magnifique : si les électeurs de droite ne se sont pas déplacés pour défendre leurs maires sortants, ce n'est pas parce qu'ils sont déçus par un pouvoir qui ne tient pas vraiment ses promesses ou par un président qui pense plus à sa rolex qu'à l'état du pays, c'est parce qu'ils trouvent que les réformes ne vont pas assez vite et qu'il n'y a pas de résultats concrets ! Entendons nous, ce sont des scrutins locaux et des enjeux locaux, et d'ailleurs la droite n'a pas perdu, c'est un "rééquilibrage" par rapport à 2001. S'il n'y a plus qu'une seule grande ville à droite - Marseille - c'est bien sûr parce que, localement, tous les maires sortants de droite n'étaient pas si bons que ça. Mais s'il faut retenir une leçon nationale de ces enjeux tellement locaux et de cette participation tellement faiblarde, c'est le rythme défaillant des réformes. Il faut accélérer LES réformes.

Ainsi, plus les résultats sont mauvais, plus il faut continuer dans le mur ! Elémentaire ! Le gouvernement légifère dans tous les sens, à toute vitesse, sans écouter personne, sans jamais aller en profondeur, et il faudrait aller encore plus vite ? Mais comment ? Faut-il, comme le raconte Médiapart, supprimer l'ISF ? Voila qui va faire du bien pour le pouvoir d'achat, un peu comme les franchises médicales. Voila le "résultat" que les français attendent ! Comme le service minimum dont personne (heureusement) n'a vu la couleur, comme la réforme de la fac lâchement baclée pendant l'été, et qui finalement ne conférera qu'un peu plus de pouvoir et de moyens aux présidents des universités les plus riches, ou alors comme le paquet fiscal et les heures sup que personne n'a vu. Il va y avoir du spectacle.


Ces gros cons d'instituts de sondage, tellement préoccupés de fabriquer leurs enquêtes stériles sur le bon rythme des Réformes, ont annoncé trop tôt la défaite de Tibéri dans le Vème, avant de revenir à un équilibre de façade pour cacher leurs errements. Sale fausse joie, mais une consolation, cette victoire ne va pas dans le sens de l'accélération des réformes...