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radical chic

Mon journal de la semaine

Chaque samedi depuis au moins dix ans Libé donne la parole à un écrivain, un artiste ou un intellectuel, invité à raconter la semaine écoulée en une pleine page, écrite comme un journal intime. J'en viens à penser que c'est la meilleure rubrique de libé : en sortant de la litanie des faits ou des éditoriaux en écriture automatique, il suffit d'un regard inspiré et quelque peu oblique pour faire ressortir ce qui compte vraiment.

Ce qui compte : la formule est sentencieuse, il ne s'agit pas toujours de grandes leçons. Tiens par exemple, le jogging de Sarkozy, vu par Patrice Lelorain :

Ces dernières années j'ai croisé quelque fois Sarkozy s'échinant à courir dans les allées du bois. Un morphotype inadapté bien sûr, peu d'amplitude donc, mais pas de rythme non plus, aucun dynamisme, fessiers à la traîne, paresse du genou, pied de plomb, en un mot rien ne va. Aussi, la mise en scène de ses footings présidentiels me pose-t-elle question. En s'exposant dans un domaine où il est franchement ridicule, Nicolas Sarkozy n'expie-t-il pas cette réussite qu'une part de son inconscient juge extravagante ?

Plutôt que la énième critique de la mise en scène de Sarko en joggueur, trois lignes qui vont au fond et, au moins pour moi, se superposeront à toutes les prochaines images de Rayban et t-shirt NYPD, avant même que les stratèges de l'Elysée ne décident qu'elle ne collent plus avec le nouveau style chiraquisé du mari de Carla.

Je vous recommanderais bien de lire la suite tant ce billet est bien amené, presque une leçon d'écriture pour diaristes et blogueurs ; j'aurais même parlé de Jérome Ferrari il y a deux semaines - "les publicitaires et les producteurs télé sont devenus nos directeurs de conscience", et d'autres encore (mais pas de Virginie Ovaldé la semaine dernière, trop cucul), mais il est impossible de retrouver ces textes sur le site. Quelle ironie, tout le journal surnage en ligne sauf ces billets, qu'on nous ressert seulement, refroidis et ramassés ensemble, bref rendus indigestes, une fois par an. Amis de libé, faites un geste, rendez-nous les journaux de la semaine !

Carla est vraiment trop classe

Carla Bruni est beeeeeeelle. Carla Sarkozy est claaaaaaasse. Rendez-vous compte, on l'attendait plus ou moins nue, comme dans le journal, et elle vient habillée !! Et décente, avec ça, les petites ballerines rondes, assise les genoux bien serrés avec un sac même pas ostentatoire. Quel choc ! Du coup, on n'a parlé que d'elle.

Il faut dire que côté pipole-politique, on a des leçons à recevoir des Anglais, qui ont choisi de ne voir dans une visite d'état que l'arrivée de la nouvelle Diana ou la future Jackie O. A côté, les couvertures de magazine avec Sarko en gros plan, le visage grimaçant, barré par "le doute", "au fond du trou" ou "bientôt la fin" en grosse lettres jaunes ressemblent presque à de l'analyse politique.

Courageuse Rama Yade !

Il en faut, du courage, pour se sacrifier ainsi ! Songez à Rama Yade, seule dans un sofitel à Pékin, coincée avec un plateau télé, réduite à suivre la cérémonie d'ouverture des JO comme un pékin moyen (ahah), à moins que de rage elle ne pioche dans le catalogue de films en pay per view ? A moins, hypothèse extrême, qu'elle ne fasse pas le déplacement du tout, éclipsée comme la dernière fois par Rachida Dati ! Elle était pourtant toute désignée, avec la charge des droits de l'homme, à vérifier que l'idéal olympique n'a pas été dévoyé - comme si c'était envisageable.

J'adore le balancement jésuite autour des jeux chinois, depuis que les Tibétains se sont invités dans l'actualité. Comme si la question du boycott se posait sérieusement. Mais bon, au cas où, on nous rappelle à l'ordre : "Le boycott des Jeux, rejeté par l’ensemble des ONG et par le dalaï-lama, n’est pas une solution. Il ne ferait qu’isoler encore plus un régime et pénaliser son peuple." Merci Libé pour ce courageux pragmatisme, car seuls des bonnes âmes bien ennuyeuses peuvent imaginer de priver les gentils sportifs et leurs concitoyens de la fiesta. Contentons nous de mettre un t-shirt RSF en regardant la cérémonie à la télé, comme Rama Yade.

Quant aux fans des JO qui se désolent à l'avance que leur show soit menacé, on dirait vraiment des junkies. Ils savent que le sport est pourri par le dopage et par l'argent, que le CIO est une instance douteuse, mais malgré tout quel spectacle, alors n'y touchons pas ! Tout le monde sait que les jeux sont l'expression rêvée de l'idéologie du moment, parce que le sport et la performance constitent la meilleure métaphore de l'économie, cachée derrière la bienveillance olympique. Du coup, il n'est pas étonnant qu'on se retrouve à devoir fermer toute la ville d'Olympie, à fouiller tous les visiteurs et à quadriller la zone à coup de divisons policières pour éviter que la "cérémonie d'allumage de la flamme" ne soit détournée comme un vulgaire G8, et que la contradiction avec les idéaux du départ ne devienne trop visible.

Reste qu'à moins de croire encore à l'idéal olympique, le boycott des JO ne fait pas plus sens qu'un boycott de l'économie chinoise, proposition non envisageable depuis que la Chine est devenue l'atelier du monde et une bonne (?) cliente pour nos centrales nucléaires et autres avions. D'où la géopolitique de comptoir façon "l'ouverture au monde et la publicité font plus pour les droits de l'hommes que le boycott" et "si on fâche les Chinois, ça sera pire, le régime pourra surfer sur le nationalisme", qui évite surtout de trop se préoccuper de la dictature. Par contre, je ne vois pas pourquoi il faudrait en plus se coucher devant le régime de Pékin, à la façon de Sarko : on croit que les lois du commerce nous forcent à ravaler nos valeurs, mais comme le disait Churchill après Munich, "ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre".

Enfin cette discussion n'aurait pas lieu d'être si la notion même de droits de l'homme n'était pas devenue une idée vaine, une expression réflexe qui dispense surtout de réfléchir. Quand j'entends Chine, je sors les droits de l'homme... et puis plus rien. A chaque visite c'est le même cirque, trouver le petit morceau de discours où l'on prononcera les mots fatidiques plus deux ou trois noms de dissidents, le plus vite possible, souligner quand même qu'il y a aussi des progrès, et reparler de commerce.

Qu'importe, puisque pour la majorité de nos concitoyens (moi le premier, souvent) s'imaginent - quand ils y pensent - que seuls quelques dissidents sont emmerdés, car ils ont bien voulu l'ouvrir, et que les élections ne servent pas à grand chose, mais bon chez nous en fait, hein, quand on y pense ? La corruption généralisée de la société, l'inégalité criante devant la justice et la toute puissance de l'économie, toute cette injustice aussi ordinaire que violente n'est pas rendue par l'expression "droits de l'homme". Alors, pourquoi y penser trop, si c'est pour nous gâcher la fête, en plus ?

Au delà du SMS

Curieusement, l'affaire du vrai-faux SMS de Sarkozy à Cécilia refait surface ces jours-ci. Est-ce l'abandon de la plainte pour "faux et usage de faux" contre une lettre d'excuse ? Ou alors cette merveilleuse chronique de Carla qui cite dans la même respiration "Gad Elmaleh dans La vérité si je mens" et Beaumarchais (peut-être à contre-sens ?) L'affaire était pourtant entendue, le journaliste en question ayant avoué n'avoir pas vu l'objet du scandale.

A l'époque, un peu comme tout le monde, ça m'avait fait rire, et même, avouons-le, cela me paraissait crédible, vu la propension du personnage principal à user du portable comme un ado en période de socialisation. D'autant qu'il l'a un peu cherché, à jouer le pompier pyromane, toujours en train de se plaindre d'être harcelé par la presse sans jamais cesser de la nourrir de ses provocations.

Et à l'époque donc j'avais pris avec un certain sérieux le débat post-SMS. Je n'ai plus beaucoup de respect pour le Nouvel Obs, qui a trop tiré sur les marronniers et les fesses de Beauvoir pour pouvoir aborder le débat en toute innocence, mais j'avais été choqué par la réponse juridique du prince : non pas la diffamation, mais accuser le journaliste de faussaire. Et le débat ronronnait tranquillement, avec les anti sarkos hystériques (comme moi) prêt à défendre ce petit journaliste de la presse en ligne, parente forcément pauvre de la vraie presse poussiéreuse.

Mal m'en a pris, et à lire aujourd'hui le pédigrée d'Airy Routier j'en ai des sueurs froides. Ce mec écrit un livre d'entretien avec Bongo et on ne le précise pas ? Ce mec a empilé les enquêtes style "de l'intérieur" avec les capitaines d'industrie, recueillant dans une ambiance de fin de déjeuner d'affaire les confidences lâchés pour attaquer l'autre (Arnault vs. Pinault, en l'occurrence), et on n'en dit rien ? Pas un petit entrefilet de contexte ? L'article de Bakchich est éclairant, la page Amazon du sieur Routier également - et enfin, ce dernier bouquin "j'ai perdu tous mes points et c'est vraiment pas juste" conclue le tableau du journalisme de bazar.

Mais au moment du débat, personne pour souligner la personnalité pour le moins douteuse d'Airy Routier ? Ce type qui a déja été instrumentalisé - et de son plein gré - dans les guéguerres d'images du CAC 40 serait le courageux défenseur d'une presse que le méchant pouvoir voudrait museler ? N'importe quoi. Il y a assez de cas de pression sur la presse - à commencer du côté de chez Lagardère - pour qu'on ne s'encombre pas d'une icône si discutable de la liberté d'expression.

Quant à moi, la prochaine fois, je me fendrais d'une recherche google avant de prendre parti !

Misère du sondage et gloire de la Réforme

Bravo France 2 et Ipsos, ça va être dur de trouver un sondage plus con : concernant le rythme des Réformes voulues par Nicolas Sarkozy, êtes-vous pour accélérer, garder le même rythme ou ralentir ? Lang et Dray, sur le plateau, ont eu raison de hurler, parce qu'à ce niveau de foutage de gueule il n'y a plus grand chose à faire. En effet, LES réformes, mais quelles réformes ? Celles qui cognent sur le voisin, j'imagine. Evidemment, ces imbécillités sont du pain béni pour les bureaucrates de l'UMP qui répètent le brief du soir, "les français trouvent qu'on ne va pas assez vite".

Ce raisonnement est magnifique : si les électeurs de droite ne se sont pas déplacés pour défendre leurs maires sortants, ce n'est pas parce qu'ils sont déçus par un pouvoir qui ne tient pas vraiment ses promesses ou par un président qui pense plus à sa rolex qu'à l'état du pays, c'est parce qu'ils trouvent que les réformes ne vont pas assez vite et qu'il n'y a pas de résultats concrets ! Entendons nous, ce sont des scrutins locaux et des enjeux locaux, et d'ailleurs la droite n'a pas perdu, c'est un "rééquilibrage" par rapport à 2001. S'il n'y a plus qu'une seule grande ville à droite - Marseille - c'est bien sûr parce que, localement, tous les maires sortants de droite n'étaient pas si bons que ça. Mais s'il faut retenir une leçon nationale de ces enjeux tellement locaux et de cette participation tellement faiblarde, c'est le rythme défaillant des réformes. Il faut accélérer LES réformes.

Ainsi, plus les résultats sont mauvais, plus il faut continuer dans le mur ! Elémentaire ! Le gouvernement légifère dans tous les sens, à toute vitesse, sans écouter personne, sans jamais aller en profondeur, et il faudrait aller encore plus vite ? Mais comment ? Faut-il, comme le raconte Médiapart, supprimer l'ISF ? Voila qui va faire du bien pour le pouvoir d'achat, un peu comme les franchises médicales. Voila le "résultat" que les français attendent ! Comme le service minimum dont personne (heureusement) n'a vu la couleur, comme la réforme de la fac lâchement baclée pendant l'été, et qui finalement ne conférera qu'un peu plus de pouvoir et de moyens aux présidents des universités les plus riches, ou alors comme le paquet fiscal et les heures sup que personne n'a vu. Il va y avoir du spectacle.


Ces gros cons d'instituts de sondage, tellement préoccupés de fabriquer leurs enquêtes stériles sur le bon rythme des Réformes, ont annoncé trop tôt la défaite de Tibéri dans le Vème, avant de revenir à un équilibre de façade pour cacher leurs errements. Sale fausse joie, mais une consolation, cette victoire ne va pas dans le sens de l'accélération des réformes...

Misère du commentaire (suite)

Et comme si cela ne suffisait pas, on me fait savoir que la nouvelle version de Petites Phrases, le site-égouttoir de la pensée politique française, est en ligne aujourd'hui :

Pour fêter le second tour des municipales 2008, Petites-phrases a décidé d’appliquer à son site la méthode sarkozyste : des images qui clignotent, des photos tapageuses, des couleurs parfois criardes.

C'est le second lancement d'envergure de la journée, et cela marche mieux que Médiapart, complètement 404. Tout un symbole, la victoire du crachat sur l'analyse, à l'heure où la vérité de la politique française se trouve plus en page 2 du Canard Enchaîné que dans la rubrique des petits vieux écrasés par des socialo-communistes du 13h de Pernaut. Les premiers déchets sont en ligne, et on peut même participer en rajoutant PP2008 à ses twitt (démagogie du 2.0).

Gloire de la comm, misere du commentaire

L'impression d'uniformité ressentie lors de la soirée de dimanche dernier s'explique très bien : le Canard Enchaîné de mercredi a publié le brief des ministres invités à la télé. Ces "messages clés et éléments de langage", qui ont été plutôt bien suivis, comportaient deux temps. Avant les résultats, insister sur la médiocre participation et partant la légitimité discutable de ces élections, et commencer le cadrage sur le caractère local pour "contrer l'argument du test national et du vote sanction dès le début de la soirée". Ensuite, rappeler qu'il y a deux tours et que l'élection n'est pas jouée, "ne pas apparaître comme soulagés si quelques résultats étaient bons" (ça c'était un peu trop dur apparemment) et enfin sortir le couplet sur le Modem, dont "personne n'est propriétaire des voix".

Ce formatage est un exemple basique mais performant de spin doctoring. Qu'importe le résultat, ce qui compte c'est de s'en tenir à une seule ligne et de répéter à l'infini les mêmes antiennes, jusqu'à participer à la définition des enjeux. Moi-même je me suis surpris à expliquer que "personne n'est propriétaire des voix du Modem", sans compter le tautologique "caractère local". Face à une opposition éclatée en petits courants et grosses rivalités, avec Royal appelant dans son coin à l'union avec le Modem et les autres allant chacun de leur avis ou soulignant leur particularité locale, l'uniformité et la répétition ont vraiment permis de limiter les dégats. In fine, on croirait presque que la droite a gagné, ou du moins n'a pas perdu ces élections.

Cette communication assez maîtrisée pose deux sérieux problèmes. Premièrement, comment y répondre, c'est à dire trouver une autre définition de la réalité ? Alors que la majorité insiste sur les quelques bons scores de certains ministres, ne fallait-il pas trouver un décompte plus objectif ? Quel score national ? Combien de mairies de grandes villes à gauche ou prêtes à basculer, etc.

Second problème, le plus grave : à force de répéter les mêmes évidences, il n'y a plus le moindre intérêt à suivre les soirées électorales, ou à lire les compte rendus le lendemain dans la presse, surtout gratuite : non seulement l'analyse se réduit au "qui c'est qu'a gagné" des pages sports, mais elle occupe tout l'espace du discours. Du coup, les questions sérieuses disparaissent. Quid de la fiscalité locale, de la loi SRU, des transferts de compétences entre l'état et les collectivités ? Est ce que ces questions peuvent se distribuer selon une ligne politique, comme je le crois ? En disparaissant, ces questions retirent jusqu'à l'intérêt de voter, mais jamais les lamentations hypocrites sur l'abstention semblent prendre en compte cette absence d'enjeu.

Bliiip

...enjeux local ... pas de triomphalisme... sans arrogance... tout de même Alain Juppé... bliiiiip. Electroencéphalogramme plat. Pensée politique nullissime, réduite à paraphraser les chiffres, parfois agrégés quand on a de la chance. Bien sûr, c'est encore plus frappant à droite puisque la branlée est moins verte que prévu, ce qui permet presque d'afficher des airs de victoires. Ainsi de l'insupportable Woerth à Chantilly, ministre du déficit élus chez les bourges et qui s'autorise des leçons de bonnes gestion, sans compter hier matin Gloasguen qui attribue le score minable de l'UMP à Paris, repliée sur sa base arrière ultramontaine de l'ouest, à l'abstention des électeurs de droite... Ils étaient au ski ?

N'en déplaise au PS, je ne crois pas tellement à l'enjeu national. Si c'était vraiment le cas, la droite aurait pris une claque massive, et pas juste un petit coup de pied au cul. L'enjeu de ces élections, c'est plutôt l'état des féodalités locales : sont-elles anciennes et prospères, comme chez Juppé à Bordeaux que ses électeurs voulaient garder rien que pour eux ? Ou alors en pleine croissance, comme à Lyon et Paris ? Ou enfin sentent-elles le sapin, comme à Toulouse ou Marseille, sans qu'on sache bien si le coup de grâce est pour maintenant ou dans 6 ans ?

L'autre phénomène marquant, c'est de voir des petits ministres d'un gouvernement impopulaire prendre d'assaut des sous-préfectures, comme s'il existait par endroit une prime au parachutage. C'est le destin des campagnes françaises que de devoir se jeter dans les bras d'un sauveur - qui parlait de pétainisme transcendantal ? - qui pourra les faire exister à la capitale. Heureux Wauquiez, fan d'Amel Bent et démagogue new wave, petit marquis de Haute-Loire.

Tout colle parfaitement à des sondés qui accordent 20 points de confiance supplémentaire au premier ministre par rapport à son président, deux hommes liés par la même politique et la même vision du monde, simplement opposés dans leur façon d'être comme un duo de flics américains à Hollywood. Tout cela correspond aussi à un PS qui se cantonne aux alternances, infoutu de développer une vision du monde concurrente de celle de l'UMP.

Alors que le coup de barre à droite arrive - à défaut de baisser les prix, autant taper sur les immigrés - le PS ne peut pas se contenter de crier au scandale de l'inflation. Soit on décide que la politique est ce qu'elle est et qu'il faut un leader (et pas une baudruche qui appelle à coller au Modem), soit on essaye encore de changer les choses, et les pauvres "forums thématiques" sont bien loin du compte.

Misc (II)

En attendant des temps plus cléments pour le blogging (ou un coup de main de Dan) je vous balance quelques liens, histoire de :

- Un excellent article de la Croix (oui, la Croix) sur la malédiction locale du PS :

"Ces bons résultats vont encore renforcer le poids des élus au sein du parti. Au point que certains socialistes eux-mêmes évoquent le spectre d’un retour aux temps de la SFIO, l’ancêtre du PS : un parti dominé par des barons locaux, jaloux de leur liberté, privilégiant la préservation de leur bastion sur la conquête du pouvoir national."

Il est vrai que cette suite de victoires locales dans ce qui ressemble à des "midterms elections" a quelque chose de frustrant. Cela n'explique sans doute pas la médiocrité idéologique du PS, mais sûrement sa dérive vers les classes moyennes.

- Obama, c'est Royal : en effet, les similitudes sont frappantes et cela n'annonce rien de bon. Seul espoir pour Obama (s'il l'emporte) : c'est un bon orateur, un peu fruste à mon goût mais semble-t-il efficace.

- Un essai intéressant de "déconnexion" ou de "shabbat électronique" (en anglais) : une journée entière sans écran ni téléphone... Utile pour contrer "l'intensification des flux sensoriels et informationnels des médias omniprésents" cité dans la dernière chronique de Dumay. Certes, une forte impression de déjà-lu, tout comme la conclusion "Pris dans un mouvement constant, nous tendrions, selon la sociologue, à n'éprouver que des impressions diffuses et volatiles, noyées dans une sensation de changement incessant", mais il ne manque peut-être que la voie de sortie ?

- Un billet vraiment hilarant :

"Mercredi, c’est le jour des sorties ciné. La sortie de la semaine, c’est le troublant “Si tu reviens, j’annule tout”, avec Kad Merrad, Marion Cotillard, Bob l’Eponge et François Berléand".