Toutes mes félicitations à Nadine Morano, égérie malgré elle d'un sarkozysme en décomposition accélérée. En accusant le PS de se ranger "clairement du côté des assassins" et d'oublier "toutes les victimes", elle atteint un niveau de démagogie encore inédit en France. Ca fait du bien d'ailleurs, ça commençait à devenir insupportable ces questions de principe dont tout le monde se fout alors que des pédophiles vont bientôt se balader en liberté sur les routes de France !

Avec Nadine Morano, voici venu le temps de la politique-vérité, avec ce petit parfum d'Amérique qui sied si bien à Sarkozy. Puisque maintenant tous les coups sont permis, qu'on traite de "sale pauvre con" les types qui vous font la gueule et qu'on compare les SMS pipole aux campagnes antisémites d'avant-guerre, le PS n'a plus de choix : il doit répondre à la politique de civilisation, qui consiste donc à rabattre le débat au niveau des chiottes.

L'UMP s'est longtemps vantée d'avoir "ramené" les électeurs du FN sans se compromettre pour autant. Avec la chute du patron dans les sondages, on voit bien que c'est faux, et ceux qui doutaient encore que l'UMP s'est lepénisée devront bien constater que cette dérive poujado n'est certainement pas qu'une passade. On en reparlera quand le PS sera du côté des flemmards et des tricheurs, du côté des arabes et des noirs, du côté des glandeurs de la fonction publique, du côté de tous ces emmerdeurs qui empêchent la France sarkozyste d'exister tranquillement.