Kadhafi circus
Par Guillermo, le mardi 11 décembre 2007 :: Politique :: #729 :: rss
Il y a vraiment deux styles de dictature ; les dictatures arabes folkloriques, avec des titres ridicules ("Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste" - encore un article objectif signé wikipédia), des tenues façon super-héros démodé plus Ray-Ban Star wars et des déplacement en tente, bref tout un decorum kitsch qui ferait presque oublier comment sont traités les emmerdeurs qui critiquent la Grande Jamahiriya. Et de l'autre côté il y a les dictatures sérieuses, celles avec qui l'ont fait aussi des affaires, mais sans le folklore.
Dans le premier cas, la ministre des droits de l'homme peut se permettre de retrouver les accents de sa jeunesse de gauche et d'occuper magistralement le ministère du verbe - j'aime beaucoup cette histoire de paillasson ; dans le second cas, elle n'est pas du voyage et n'a pas le droit de l'ouvrir. On peut s'en prendre au cirque libyen, pas à nos amis chinois - qui il est vrai ne sont pas des (ex-)sponsors officiel du terrorisme. On peut laisser Kouchner dire que ça l'arrange bien de ne pas pouvoir assister à l'arrivée du dictateur, bref on peut faire un peu ce qu'on veut, tant qu'on ne touche pas à la pompe de la visite officielle qui leur permettra de faire de belles images pour la télé de chez eux.
Cet espèce de paternalisme confère à la visite de Kadhafi un caractère de farce assez réjouissant - parce qu'à ce niveau là, il vaut mieux en rire. On est bien loin de la diplomatie de principe promise pendant la campagne, et les arguments avancés pour justifier cette longue visite sont au mieux pitoyables : vendre ces putains de Rafale dont personne ne veut (à croire que ces avions sont merdiques, contrairement à ce que nous serine la presse en permanence), passer à un état qui ne sait pas quoi faire de ses réserves de pétrole la technologie nucléaire ou justifier a posteriori la diplomatie de la prise d'otage des infirmières bulgares. "Ah mais m'ame Chabot si on reçoit pas les méchants qui d'viennent gentils, kesqu'on va dire aux vrais méchants" ?
Ceux qui donnent Merkel en exemple n'ont rien compris. La vérité, c'est que Sarko s'arrange très bien des dictateurs, et qu'il se touche avec les droits de l'homme, une notion qui lui est parfaitement étrangère. Il faut se mettre à sa place : il ne fait pas mystère qu'il aime encore plus l'argent que la politique, et pourtant tout le monde le chamaille quand il s'octroie 172% d'augmentation ! Si seulement il pouvait se servir dans les caisses comme ses amis despotes, il pourrait enfin vivre avec le train royal qu'il désire.
Commentaires
1. Le mardi 11 décembre 2007, par flo
2. Le mardi 11 décembre 2007, par tille
3. Le mardi 11 décembre 2007, par re-flo
4. Le mardi 11 décembre 2007, par arbobo
5. Le mardi 11 décembre 2007, par Cratyle
6. Le mardi 11 décembre 2007, par vinz
7. Le mardi 11 décembre 2007, par David-David
8. Le mardi 11 décembre 2007, par Zo2o
9. Le mardi 11 décembre 2007, par Jacques Adam
10. Le mardi 11 décembre 2007, par stet
11. Le mercredi 12 décembre 2007, par Pepito
12. Le mercredi 12 décembre 2007, par Zo2o
13. Le mercredi 12 décembre 2007, par pas perdus
14. Le mercredi 12 décembre 2007, par Dr. Evil
15. Le mercredi 12 décembre 2007, par Guillermo
16. Le mercredi 12 décembre 2007, par samski
17. Le mercredi 12 décembre 2007, par Guillermo
18. Le mercredi 12 décembre 2007, par moi
19. Le mercredi 12 décembre 2007, par Zo2o
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.