A propos
radical chic

Paris-Dakar

Quand j'étais môme, dans les années 80, le Paris Dakar était à la fois incontournable et, me semble-t-il, regardé avec bienveillance et souvent jusqu'à la passion. A ce moment là, le "Dakar" était une sorte de Rolland Garros de l'aventure, une course attendue qui marquait la fin des fêtes, et les télés étaient pleines des images ocres de dunes et de pistes traversées par des équipages impressionnants. Tout cela a culminé au moment de l'accident d'hélico qui a coûté la vie à Balavoine, drame dont le pays (enfin, ses médias) a parlé pendant une semaine entière.

A l'époque, pas la moindre critique n'était audible. Joli temps du début, des 4x4 machines exotiques qui n'avaient pas encore envahi les rues de Paris, de l'essence pas trop chère ni la terre trop chaude, des routes des sables qui disaient la liberté ; l'Afrique alors semblait une terre hospitalière, sinon vierge, dont on aimait à apaiser les famines. Et bien sûr cette "aventure humaine" se fondait totalement dans l'insouciance eighties, entre Véronique, Davina, Montand et Bernard Tapie.

Et puis un lent déclin, d'abord lié - dans mon expérience - à l'achat des droits par la Cinq, autant dire la disparition du Dakar des écrans normaux, personne de sensé ne pouvant regarder cette chaîne grotesque. Ensuite l'époque, moins sensible au cliquant, et la naissance de la conscience écologique ont fait le reste, et le "raid" est apparu dans toute sa laideur, un gaspillage vulgaire sur fond d'enfants écrasés.

Du coup je m'étonne chaque année de voir que cette course existe encore ; à l'heure où même les fans de 4x4 humanitaire (sic) préfèrent se consacrer au trafic de faux orphelins, qui peut encore la regarder ? Quels sont les sponsors, constructeurs auto à part, qui pensent tirer bénéfice d'une telle "image" ? Cette survie incompréhensible m'inquiète, car elle prélude d'un retour de flamme, par exemple quand le prêche écolo aura fini de lasser tout le monde. A moins que le refus des organisateurs de modifier le parcours, malgré la présence de pirates benladistes en Mauritanie, vise à opérer la rédemption de la caravane civilisatrice en en faisant le martyr du terrorisme islamique ?

Votre avis

Le silence a du bon, parfois.

Derniers cadavres du mitterrandisme décomposé

Est ce pathétique ou répugnant ? Je ne sais même plus quoi penser de la cohorte de raclures invitées au Ritz pour écouter les absurdités du Guide Kadhafi puis se faire dédicacer ses ouvrages. Il faut en tout cas saluer Roland Dumas, dont on se rend compte au passage qu'il est encore vivant ; avait-il mis ses Berlutti ce soir là pour accueillir le dictateur terroriste ?

Il faut quand même avoir une piètre estime de soi pour entendre sans réagir son "Excellence" saluer ses amis démocrates chinois (passe encore), brocarder les américains (passe encore), appeler à lever le ban sur les mines antipersonnel, et finir magnifiquement par "la croix que vous portez n'a aucun sens, comme vos prières n'ont aucun sens" qui me donne presque envie de revenir dans le giron de l'église.

Il parait que cette rencontre honteuse s'est terminée par une distribution de tapis de souris avec l'adresse du site du dictateur. Cette ringardise ultime et la moyenne d'âge des subclaquants venus applaudir un assassin me rassure quelque peu : tout cela passera bientôt dans la poubelle de l'histoire.

Menteurs

Hier, le seul contrat commercial ferme signé (en dehors des 21 Airbus qui de toute façon auraient été vendus) était à mettre à profit d’Areva pour du matériel de transmission et de distribution d’électricité, pour un montant de 300 millions d’euros. On est donc très loin des 10 milliards annoncés.

Comme quoi, ce n'était même pas pas une histoire de gros sous ! Va falloir inventer autre chose. Et ne me dites pas "ah c'est normal ça prend du temps de signer, les socialos n'auraient pas mieux fait", car rien n'empêchait la présipauté de communiquer sur des "contrats potentiels".

Mêmes bobards sur les droits de l'homme : en a-t-il parlé ou pas au "brother leader" ? Sarko dit que oui, Kadhafi dit que non, ça doit être un problème de traduction ? C'est une farce, décidément.

Ca devient exaspérant cette mécanique de bourrage de crânes.

Kadhafi circus

Il y a vraiment deux styles de dictature ; les dictatures arabes folkloriques, avec des titres ridicules ("Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste" - encore un article objectif signé wikipédia), des tenues façon super-héros démodé plus Ray-Ban Star wars et des déplacement en tente, bref tout un decorum kitsch qui ferait presque oublier comment sont traités les emmerdeurs qui critiquent la Grande Jamahiriya. Et de l'autre côté il y a les dictatures sérieuses, celles avec qui l'ont fait aussi des affaires, mais sans le folklore.

Dans le premier cas, la ministre des droits de l'homme peut se permettre de retrouver les accents de sa jeunesse de gauche et d'occuper magistralement le ministère du verbe - j'aime beaucoup cette histoire de paillasson ; dans le second cas, elle n'est pas du voyage et n'a pas le droit de l'ouvrir. On peut s'en prendre au cirque libyen, pas à nos amis chinois - qui il est vrai ne sont pas des (ex-)sponsors officiel du terrorisme. On peut laisser Kouchner dire que ça l'arrange bien de ne pas pouvoir assister à l'arrivée du dictateur, bref on peut faire un peu ce qu'on veut, tant qu'on ne touche pas à la pompe de la visite officielle qui leur permettra de faire de belles images pour la télé de chez eux.

Cet espèce de paternalisme confère à la visite de Kadhafi un caractère de farce assez réjouissant - parce qu'à ce niveau là, il vaut mieux en rire. On est bien loin de la diplomatie de principe promise pendant la campagne, et les arguments avancés pour justifier cette longue visite sont au mieux pitoyables : vendre ces putains de Rafale dont personne ne veut (à croire que ces avions sont merdiques, contrairement à ce que nous serine la presse en permanence), passer à un état qui ne sait pas quoi faire de ses réserves de pétrole la technologie nucléaire ou justifier a posteriori la diplomatie de la prise d'otage des infirmières bulgares. "Ah mais m'ame Chabot si on reçoit pas les méchants qui d'viennent gentils, kesqu'on va dire aux vrais méchants" ?

Ceux qui donnent Merkel en exemple n'ont rien compris. La vérité, c'est que Sarko s'arrange très bien des dictateurs, et qu'il se touche avec les droits de l'homme, une notion qui lui est parfaitement étrangère. Il faut se mettre à sa place : il ne fait pas mystère qu'il aime encore plus l'argent que la politique, et pourtant tout le monde le chamaille quand il s'octroie 172% d'augmentation ! Si seulement il pouvait se servir dans les caisses comme ses amis despotes, il pourrait enfin vivre avec le train royal qu'il désire.

Spécial F---book

De par ma curiosité débordante et d'autres raisons encore plus mauvaises, je ne peux pas rester trop longtemps à l'écart de Facebook : il faut savoir suivre une mode.

Mais comme je pense comme a peu près tout le monde que ce truc est dangereux quand on tient à sa vie privée, et puisque l'idée de retrouver mes anciens camarades de classe me déprime, ma nature de social-traître a trouvé un bon compromis : faire un tour sur Facebook en tant que blogueur, et voir si la bête peut me permettre d'entrer un peu plus en relation avec d'autres camarades blogueurs et les lecteurs réguliers. Sans compter les magnifiques possibilités de politique moderne, comme le groupe "Neuilly 2.0" auquel je suis bien sûr inscrit (ce truc donne aux blagues de potache une dimension inédite).

Du coup, si vous faites parti de la chose et que j'ai la chance de vous (re)connaître, n'hésitez pas à me faire signe via "Guillermo RadicalChic", et si je ne vous connais pas dites moi juste qui vous êtes ou sous quel pseudo vous postez vos commentaires... (ouais ça doit rester un club un peu privé, non ?)

Enfin pour les soldats de l'inutile, j'ai également un compte Twitter que je vais m'empresser de plugger dans Fuckbook : http://twitter.com/radicalchic.

A bon entendeur...

Une bonne purge

On aurait presque envie de les croire, nos amis socialos, quand ils se flagellent collectivement à propos de la défaite de mai :

"Nous n'avons pas défini l'économie sociale de marché qui nous sert de référence. Cette ambiguïté majeure nous empêche de prendre en compte le réel et les problèmes des Français, notamment des milieux populaires." (Rebsamen)
"Nous n'avons pas suffisamment analysé les impacts de la mondialisation avec ses effets positifs, mais aussi ses effets dévastateurs qui, notamment, brisent l'Etat-providence sur lequel la gauche s'est construite depuis un siècle." (Valls)
"Il faut prendre au sérieux le travail de rénovation et de reconstruction." (Weber)
'L'autre catastrophe (...) c'est l'absence de la gauche aujourd'hui et le fait qu'elle soit inaudible. La gauche n'arrive plus globalement à parler aux jeunes." (Julliard)

On sent que la critique est sérieuse, que des réflexions sont en cours. Même la grande perdante, qui ne renonce pas au "premier rang" n'accuse pas seulement le parti ("manque de discipline" et "synthèses un peu artificielles") mais "ne disconvient pas" (joli formule, elle reste en forme Royal) qu'elle n'avait "pas toutes les réponses". Décidemment tout cela sent la grande rénovation idéologique et un rapprochement d'avec les classes pops un rien délaissées par les bureaucrates.

Evidemment, je n'en crois pas un mot. Quand je vois cette prétendue "nouvelle génération" style Rebsamen et Valls parler de rénovation, je me dis que la droite va encore gagner les élections. La première des rénovations consisterait à ne pas parachuter des apparatchiks comme Julliard directement de l'Unef (après avoir contribué à légitimer Ma'me Pécresse par souci de "réalisme", bravo) à la tête du parti ; la première des rénovations consisterait à virer cette direction incompétente, profitant du fait que la moitié s'est plus ou moins ralliée à Sarkozy et que l'autre se perd en manœuvres minables à but de survie personnelle. Ensuite on pourra sereinement se demander ce qui ne va pas.

Quand je découvre dans Libé ce que dit Larrouturou de la machine programmatique du PS :

Je pensais que le choc du 21 avril serait suffisant pour déclencher des débats de fond. François Hollande m’avait demandé de rejoindre la commission économie du PS, où j’espérais que nous allions vraiment travailler. Hélas, cette commission ne s’est pas réunie une seule fois pendant deux ans. Ne soyez pas étonnés si le PS n’a pas grand-chose à dire sur la fiscalité, les retraites ou encore le chômage.

je me dis que la vraie solution se trouve une fois encore du côté de l'extrême gauche : une bonne purge.

Il fallait faire quelque chose

Pas le temps de bloguer, ces derniers jours, mais en attendant voila la perle du jour : c'est Francis Gasquet, le père de Richard, qui raconte pourquoi son fils s'est inscrit dans l'espèce de prépa mise au point par l'ami Descoing (vraiment un roi de la comm celui là) pour les sportifs badgés Lagardère :

J'avais décelé un vide, chez Richard, qui avait arrêté ses études. Un jour, je l'ai entendu écouter un morceau de rap, alors on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose.

C'est là. C'est quand même beau. Mieux que "Le sport est la meilleure école. Lorsque je choisis un collaborateur, je ne regarde jamais son diplôme, mais qui il est" dixit Monsieur stock options, ce qui explique peut-être pourquoi l'empire Lagardère part à vau-l'eau.