Le prix écologique, ou l'idée à la con
Par Guillermo, le mardi 25 septembre 2007 :: La vie moderne
Borloo va mieux, parait-il, le pauvre était "au plus bas" après sa bourde sur la TVA sociale (heureusement qu'il n'a pas parlé de "faillite"). J'aime que le Monde nous parle du moral des ministres, bon chien chien le Monde, merci, va. Et pour alimenter cette "page 3" triviale comme un JT d'été, on apprend que Borloo se bat désormais pour "le prix écologique".
Autre piste, au cours des dernières semaines, M. Borloo a amorcé la tournée des patrons de la grande distribution pour les convaincre de faire de la France le premier pays du monde à pratiquer le "double affichage" : "Un prix économique en euros, et un prix écologique qui mesure le coût, l'empreinte environnementale du produit acheté."
Pauvre Borloo, il me fait pitié. L'expérience du "double affichage" des prix des fruits et légumes ne lui a pas suffit ? Il y a condensé dans cette idée idiote tout ce qui m'énerve dans l'approche écologique cache-sexe de la droite, tout pour en faire une mesure inutile, coûteuse et même contre productive.
Coûteuse, évidemment, pour mettre en place un système de calcul lourdingue et in fine payé par les consommateurs. Inutile : qu'est ce qu'on s'en fout de savoir que la merde fabriquée en Chine ne coûte rien bien qu'elle ait sucé (encore) des dizaines de litres de gazole lors de son transport en container ? Et contre-productive, parce qu'à force d'emmerder les gens en n'abordant les problématiques écologiques qu'à coup de culpabilisation, on fabrique la haine de l'écologie.
Plus fondamentalement, ce qui me rend malade c'est que ce genre d'initiative imbécile pue la bonne volonté libérale style "ne contraignons pas les gens" et "faisons confiance aux individus responsables." Plutôt que d'avoir de la suite dans les idées et de mettre en place une fiscalité écologique, à commencer par la taxe carbone, ce à quoi d'ailleurs notre Président s'est engagé en signant la pauvre charte de Hulot (bravo, beau résultat), on préfère lâchement botter en touche pour ne pas faire peur aux industriels ou risquer de brusquer les consommateurs.
Bien entendu, une telle révolution fiscale doit être menée avec prudence, mais il faut bien commencer, et ce n'est pas en rajoutant des petites étiquettes vertes (comme on avait à une époque, merci les socialos, envoyé des vignettes "voiture propre" qui n'ont jamais servi à rien) qu'on avancera vers la réduction des émissions de CO2 - bien au contraire.