Ainsi en quelques heures on est passé de la surprise au pardon, et du pardon à l'accusation. Sans toujours savoir ce qui a bien pu se dire entre les deux joueurs, on a décidé que le méchant c'était l'autre, le rital dont la réputation de mauvais tacleur n'arrange pas les choses.

Pour l'instant l'affaire a ce caractère de pantalonade qui sied bien à la saison, et permet opportunément d'oublier la défaite. Tant que le suspens tiendra, et que le Zid ne se sera pas exprimé (ce soir 20h ?), on pourra continuer à en bavasser tranquillement et oublier la réalité moins drôle des explusions de gamins ou des attentats en Inde.

Si ce n'est pas le moment de donner des leçons de morale comme l'ont fait les crétins de l'Equipe, qui ont convoqué les mômes de la star pour mieux dire combien c'était méchant ce coup de tête, et si on peut largement "pardonner" puisque après tout la faute a été sanctionnée à sa juste mesure, je suis curieux de voir jusqu'où ira l'opération de lynchage anti Materazzi, pour l'instant plutôt bon enfant ; et la victime, qui l'a sans doute bien cherché, ne peut pas non plus devenir le seul coupable...

Bref, on risque de se lasser, d'autant qu'une opinion obligatoire est en train de se former ; comme les Français comprennent Zidane, et lui pardonnent, et comme certains en profitent pour y voir le triomphe de la loi de la rue sur les règles du sport, il n'est plus possible de penser autrement. Entendre ce matin Delanoë sur Inter, qui s'y connait en matière de défaites en finale, parler dix minutes de l'affaire et reprendre la pensée unique du moment, ça commence à me soûler.