Je n'ai rien contre le foot, bien au contraire, et en bon patriote consensuel je ne suis pas mécontent de la victoire, peu glorieuse d'ailleurs, de notre équipe chérie. Très bien, faisons la fête. Sauf que - sauf qu'il y a une conception un peu pathétique de la fête en jeu, puisque vu de chez moi, pas loin de l'avenue de Clichy, la fête se résume toujours, deux heures après, par des coups de klaxon et des beuglements dans la rue. Ca doit être la route des Champs-Elysées.

A force, je suis attristé de constater que la seule façon d'exprimer sa joie finisse en bagnole à hurler et à klaxoner, bref à faire le plus de bruit possible, en espérant que les autres autour se rejoignent dans le bruit qu'ils contribuent aussi à faire. C'est sympa cinq minutes, mais je sens la lassitude poindre. Bien sûr, à cette heure-ci, il faut une bagnole pour aller sur les Champs, comme TF1 l'a vivement conseillé. Mais à quoi ressemblera la fête là-bas ? Des défilés de bagnoles en klaxon ? Il y a bien du "collectif", comme on dit, cependant plus j'y pense et plus j'ai du mal à parler de fête. Il n'y a que vers Belleville, tout à l'heure, que j'ai vu des gens danser dans un bar, et là il se passait quelque chose, au contraire des séance du cruising un peu vides de sens.

Du coup, ce bruit trop facile et cette joie exprimée platement, ajoutée à un match décevant et une dernière demi-heure passée à craindre l'effondrement d'une équipe repliée sur sa base, font qu'il ne restera pas grand chose de cette demi-finale. C'est dommage, mais c'est la limite du foot : à vaincre sans péril... (ou plutôt sans gloire).