L'usage des vancances
Par Guillermo, le jeudi 27 juillet 2006 :: La vie moderne
La critique du tourisme est le sport le mieux partagé ; chacun espère ne pas en être, chacun en est à sa façon, un peu comme les petits bourgeois ou les bobos, ce qui donne lieu d'ailleurs aux mêmes stratégie de dénégation ou de reconnaissance cynique. Certains disent qu'ils voyagent autrement, d'autres sourient et font exprès de comparer le prix des putes dans les pays asiatiques, et il est difficile d'y voir autre chose que les deux faces d'une même médaille.
La consommation de l'exotisme, proche comme mes futurs amis croates, ou a priori plus marquant comme en Asie, suppose toujours les mêmes conditions impossibles ; on ne peut être le premier, car dans notre immense majorité nous ne sommes pas de vrais voyageurs, et nous ne saurions prendre le risque de l'aventure et compter sur l'hospitalité de villages reculés ; mais nous ne voulons jamais arriver après tous les autres, et voir les stigmates de nos comportements individuels matérialisés en hideux hôtels de béton - d'ailleurs il n'y a rien de plus drôle, ou de plus inconséquent, que les appels du guide du routard à la préservation écologique des côtes dont ils participent en toute bonne foi à la destruction.
Finalement, quiconque a déja fait l'expérience de la sortie des sentiers balisés du guide connait l'espèce de sentiment de vide qui prend devant un paysage qui n'a pas d'intérêt, et sans les infrastuctures minimum permettant de voyager. Sans bus ni hôtel et rien à voir ni à faire, ce ne sont plus des vacances.
Justement, diront certains, c'est là que commence le voyage. Sans doute, mais l'une des prétention insupportable du bobo parisien est justement de prétendre voyager en quinze jours ou un mois, quand il ne fait qu'être en vacances. Il n'y a pas de mal à vouloir se détendre, et je suis le premier à le désirer, mais à part quelques essais amusants d'apprendre la langue locale et de baragouiner trois mots, les contacts seront limités, et les paysages défileront toujours assez vite pour nous préserver de l'ennui de l'installation.
Ce n'est qu'en ayant la chance - ou pas - de poser ses valises quelque part assez longtemps que commence le vrai voyage, quand il n'est plus question d'essayer de meubler le vide, quand la langue devient nécessaire et n'est plus un gadget. Mais tout le monde n'a pas cette chance, justement, et c'est pour cela que la comparaison doit s'arrêter là.
Donc : blog en vancances, allez donc voir la blogroll, les archives ou chez Brice. Je bloque les commentaires pour pas me faire spammer, désolé si ça coupe nos débats passionnants... De retour, donc ouvert à nouveau...