Spécial Guy Drut & Jean-Louis Debré
Par Guillermo, le mercredi 31 mai 2006 :: Politique
Allez, celle-là est trop bonne :
Le Monde, 26 mai :
Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, a estimé que Jacques Chirac avait eu "raison" d'amnistier Guy Drut, un geste dans "l'intérêt de la France"."Il est important que la France soit représentée au Comité olympique", a-t-il ajouté.
Le Monde, 30 mai :
Cette "décision n'est pas comprise", et son effet "ravageur" dans l'opinion est "plus dramatique que le CPE ou Clearstream pour le monde politique", a lâché le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré. "Cela donne une image détestable d'auto-lessiveuse", a ajouté M. Debré, en saluant néanmoins le "courage" de Jacques Chirac.
Idem :
Mardi matin, sur RTL, Jean-Louis Debré concède qu'il ne partageait pas le choix du président de la République : "Jacques Chirac savait ce qu'il faisait. Je lui ai dit que j'étais fondamentalement contre", lâche le président de l'Assemblée, avant d'ajouter : "Cette décision, je n'aurais pas eu le courage de la prendre. Jacques Chirac l'assume."
Bon, le retournement de veste n'est pas complet, ce vieux grognard de Debré ne pouvait pas désavouer totalement son président chéri, mais avouez que la ballade du week end en circonscription semble avoir du bon ! Tout à coup, représenter la France dans l'instance du népotisme international devient moins crucial, alors qu'apparaît en pleine lumière l'image déplorable de ce coup de pouce à un vieux pote.
On peut juste se demander pourquoi Debré, avec toute son expérience, n'a pas senti le scandale arriver, bien qu'il essaye maladroitement de le faire croire aujourd'hui. Et on peut aussi regretter qu'il n'y ait que le scandale qui l'intéresse, le scandale et l'image de son clan, tandis que la question morale soulevée par l'affaire ne semble pas se poser. C'est un travers de la politique contemporaine que de croire à un problème de communication quand le fond est totalement incommunicable...
Enfin, faire mieux que Clearstream, juste après, ce n'était pas à la portée de tout le monde. Bravo Chirac ! Toujours le mot pour rire.