Nuit du 4 août (bis)
Par Guillermo, le lundi 30 mai 2005 :: Politique
J’avais promis de ne plus en parler, mais j’ai lu ça :
C'est également le référendum qui enregistre le non le plus élevé de l'histoire de la Ve République : le précédent record appartenait au référendum du 27 avril 1969 sur la réforme du Sénat, où le non avait obtenu 52,4 % des suffrages avec les conséquences que l'on sait.
Et forcément ça me fait réagir ; je regrette juste que le type du Monde qui a écrit ce papier, dont je refuse par principe de lire la suite, ne soit pas allé plus loin dans sa démarche statistico-comparative (« le premier référendum où la proportion de femmes veuves de militaires mobilisées pour le « oui » dépasse le taux moyen d'abstention »), puisqu’à le lire, un « non » égale un non, le signe de la populace pas contente ; peuple idiot, apeuré, xénophobe, assassiné par les éditorialistes qui lui reconnaissent juste quelques circonstances atténuantes (« le niveau – insupportable – du chômage » dixit Colombani ; j'aime assez la petite précision entre tirets, histoire qu'il n'y ait pas d'ambiguité sur la capacité d'empathie du patron du Monde).
En tout cas, même si on a perdu, la soirée d’hier avait le charme des bonnes nuits électorales à la télé, qui laissent toujours espérer qu’un changement va enfin se produire ; on sentait même une certaine jubilation révolutionnaire, très nuit du 4 août, portée paradoxalement par un Philippe de Villiers aux anges.
Etait-ce le réglage défaillant de la télé de l’hôtel qui donnait aux perdants du oui, tous très France d’en haut dans leurs costards de corporate bankers, leur teint ultrabronzé ? Sur ce critère, le roi d’entre tous était bien notre Président, orange vif, les traits creusés-liftés et, en accord avec son débit de zombie, le reflet du prompteur dans la fenêtre donnant sur les jardins de l’Elysée. Seul Hollande avait l’air blafard et hirsute du mec qui s’est pris une vraie claque, lui qui était l’un des seuls à jouer sa peau dans ce scrutin.
Comme quoi, indéniablement, le désordre, ça a du charme.