Chine nouvelle
Par Guillermo, le dimanche 27 février 2005 :: La vie moderne
Toutes les excuses sont bonnes (JO, vente d'airbus ou vague sujet économique) pour nous resservir les mêmes images sur la Chine : des filles élancées en tailleur, au téléphone, noyées dans le marbre rose des zones commerciales. Les précautions de jésuite du journaliste-commentateur, qui nous rappelle que les images qu'on nous montre ne sont qu'une façade, ne trompent personne ; cette concession de pure forme n'a pour but que d'opposer une fin de non-recevoir aux emmerdeurs critiques, aux empecheurs de jouir de cette autocélébration du capitalisme marchand. Une fois passé le moment du disclaimer, nous pouvons d'autant mieux nous gargariser de cet orient identique, où l'exotisme tient dans les limites rassurantes de la couleur de peau des mannequins ou de la sinisation des noms de marque.
Personne n'a envie de voir des images de paysans ou de mineurs pataugeant dans la boue des villes industrielles dégueulasses qui représentent certainement le quotidien de la plupart des chinois. Seule nous excite cette célébration paienne de la croissance (putain, 8% par an, on voit qu'ils ne sont pas aux 35 heures.) Rien de plus agréable que de voir a quel point les nouveaux chinois ressemblent à nos propres idoles, nous permettant de confirmer le choix collectif de la consommation de masse. Qu'on arrête donc de nous faire chier avec les droits de l'homme dont nous n'avons nous-même plus rien à foutre, juste des slogans creux pour gauchistes qui nous empechent de mettre des caméras partout pour surveiller nos 4x4.
