A propos
radical chic

Positive attitude

Comment parler de Raffarin ? Les journaux n'ont meme plus la force de se moquer du communiquant aux paroles creuses, les raffarinades et autres petites phrases ne les amusent plus, ils se demandent seulement combien de temps chirac va le laisser faire joujou avant de le congédier. Tout le monde sait qu'il n'est qu'un pantin, et arrive ce moment ou on ne se sent plus de tirer sur l'ambulance, où la lassitude et la familiarité l'emportent, où finalement le ministre idiot devient presque sympathique, une sorte de sancho pansa politique.

Du coup, Raffarin se sent conforté et en rajoute une derniere louche dans la démagogie, peut-être attiré à l'idée de tester les limites de la tolérance du bon peuple. Citer Lorie et la "positive attitude", se vautrer dans le newspeak du consumérisme décomplexé (au moment des soldes, ce qui n'est pas anodin) et transformer sa fonction de gouvernement en agence de comm' permet surtout de s'abriter derrière l'alibi incontestable de la culture populaire. Comment aller dire à Raff qu'il parle comme un singe et qu'il pue la démagogie ? Il répondra qu'il faut respecter le gout des gens d'en bas, que l'on peut apprendre de tout et autres conneries. C'est déprimant.

Le Tsar est bon

Chirac encore populaire, malgré tout.

Pendant ce temps, en Russie, Poutine met en place une réforme cynique qui consiste a priver les retraités misérables des derniers avantages ayant survécu au système soviétique, comme l'accès gratuit à l'énergie et à la santé. Pourtant, intérrogée par Libé, une vieille fait ce commentaire : "Poutine me plait beaucoup comme Président, il prend les bonnes décisions, c'est son gouvernement et notre administration qui font ensuite des erreurs". Le bon tsar et le ministre corrompu, un mythe permanent en Russie qui est ici exprimé de façon transparente.

Il n'y a pas que le fond d'obscurantisme vieux-russe qui accepte ce genre de contradiction flagrante. Chirac en joue avec Raffarin, éternellement impopulaire, alors qu'on a fini par s'habituer a la figure indolente et pas antipathique de notre petit tsar. Chirac s'enfonce chaque jour plus avant dans le vide et le consensuel, et tout le monde lui donne crédit de sa bonne volonté ; c'est parce qu'il est entouré d'imbéciles ou de méchants libéraux, ou qu'il n'a pas de marge de manoeuvre, que sa bonté initiale ne peut se manifester par de bonnes lois. L'ambitieux, la girouette, tout cela est oublié, parce qu'à force de le voir on ne peut s'empecher d'être indulgent, parce qu'il fait partie de notre folklore.

Obscène, exactement

Un article assez chic - et très radical - remet brutalement les pendules à l'heure dans libé, et il faudrait remercier Jean-Jacques Delfour, un prof de philo certainement moins connu que finkelcon et al., pour cette mise au point brillante...

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